Sciences humaines & sociales

  • Que se passe-t-il du côté des mères et des enfants ? Que se passe-t-il, dans une société qui n'a pas lésiné sur les mesures destinées à leur protection conjointe, allant jusqu'à créer une institution spécifique qui ne masque pas ses ambitions : la Protection maternelle et infantile ?
    Est-ce la fin des difficultés ?
    Chacun le souhaite. Mais il n'en est rien ! Du moins si l'on croit ce qui se passe dans les cabinets médicaux : les mères de mille façons, ne cessent de dire leur désarroi, et les enfants d'exprimer une souffrance aux manifestations multiformes, défiant les exploits d'une technologie qui devient tous les jours, pourtant, un peu plus surdouée. Pourquoi ce malaise croissant ?
    Serait-ce que la jonction mère-enfant est encore insuffisante ?
    Non, bien au contraire ! Car elle apparaît, précisément, au travers de l'observation clinique directe, comme dangereuse et destructrice quand, profitant de tout ce qui la favorise, elle tombe dans l'excès – ce dont témoignent les récits nombreux et émouvants qui émaillent cet ouvrage. Parce qu'elle s'accompagne, alors, d'une carence. Celle de la fonction paternelle nécessaire à chaque enfant et à sa mère au point de paraître, en la situation, leur être due. Une carence qui, si elle n'est pas réparée, impose à la génération suivante le soin de pallier ses effets. Ce qui ne sera pas pour elle une mince affaire. Car la prorogation de cette forme de dette qui se constitue de la sorte, d'une génération à la suivante, ne peut qu'augmenter les difficultés de son règlement.
    Comment cela peut-il se produire, peut-il s'être produit ? Ce ne sont pas des réponses qui se trouvent fournies dans ce livre de pédiatre, bouleversant et généreux, mais une reformulation essentielle de nouvelles questions dont chacun pourra faire son propre usage.

  • C'est tellement facile, aujourd'hui, de plaider l'innocence et de mettre ce qui nous arrive au compte du hasard, de la malchance ou d'une conjonction de facteurs qui échappent à notre emprise.
    Comme si en voyant les choses autrement nous craignions de rencontrer notre culpabilité !
    Alors, qu'un enfant aille mal, que sa famille éclate, que des couples se défassent, que la violence se généralise ou que la natalité s'effrite, nous l'enregistrons, le déplorons et le subissons sans même entrevoir ce que nous pourrions y faire. La dérive de nos sociétés nous sidère et semble nous condamner à devoir nous adapter ou nous démettre.
    Or, il s'avère que l'enfant, lui, demeure obstinément rétif à ce nivellement et s'évertue à égrener ses exigences, en refusant la fatalité à laquelle notre passivité voudrait le soumettre.
    A le suivre et à entendre ce qu'il ne cesse pas de dire, autant par son corps que par ses comportements, nous découvrons que notre responsabilité n'est pas un vain mot et que nous continuons d'avoir, à notre portée, autant les moyens de comprendre que ceux d'agir...
    Jusqu'à parvenir à définir le véritable statut de cet enfant et à prendre acte de ce que la fonction dévolue au couple de ses parents à une portée insoupçonnée et considérable.
    Un parcours vif, sinueux, alerte et inattendu. Un parcours captivant et généreux aussi...

  • Comment se déroule un acte médical ? Qu'est-ce donc qu'une psychanalyse, par-delà l'idée qu'on croit pouvoir s'en faire ? D'où vient le malaise de la relation soignant-soigné ? Comment l'aborder, le circonscrire ou le comprendre ?
    Au fil des cas exposé, les solutions imaginées ou les réponses proposées semblent devoir céder le pas à ce qu'enseigne l'observation de la relation du parent et de son enfant.
    L'enfant est porté dans ses bras qui le secourent et le limitent, lui font promesse et obstacle ; des bras où la sollicitude côtoie la maladresse, comme l'ambition voisine l'échec. Chaque humain gardera de cette étape, enfouie au fin fond de sa mémoire, une trace indélébile. Trace qu'on retrouvera subrepticement à l'œuvre dans les conduites les plus diverses : elle permettra de comprendre le pathétique de l'appel du parent aussi bien que la tentation du soignant, la fonction pédagogique tout autant que la recherche du pouvoir.

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