Andrée Lafon

  • La personnalité de l'artiste est une curieuse rencontre de forces et de faiblesses extrêmes. En lui se déchaînent plus qu'en tout autre les pulsions de vie et de mort. Comme l'oeuvre d'art, l'écriture exprime l'inconscient de son auteur. L'auteur porte son étude sur une centaine d'écritures, à travers trois étapes de la créativité : la naissance de la vocation à travers chacun des stades freudiens (oral, anal, phallique), le phénomène de la sublimation et la constitution du moi ; l'élaboration de l'oeuvre à partir de la réalité extérieure, selon les fonctions jungiennes (sensation, sentiment, intuition) ; la restitution de l'oeuvre au monde, qui fait de l'artiste un être à la fois différent des autres et interprète de tous.

  • Que va chercher Louise à Rodez après une si longue absence ? Revoir la rue où le peintre Soulages a passé son enfance ? Toucher du doigt les traces de la première amitié, la première solitude ? Louise rôde à Rodez. A chaque coin de rue les pierres lui parlent sur tous les tons. Elle se fait archéologue à la recherche des émotions anciennes. Mais quelque chose l'effraie dans ces retrouvailles, le risque de mettre à jour une part d'elle-même restée secrète.

  • L'élève Gilles

    André Lafon

    L'Elève Gilles est un roman de l'enfance, de la solitude et de la souffrance, de l'angoisse des nuits d'internat, des petits et grands plaisirs des vacances dans la propriété d'une tante qui le recueille, de la découverte de la nature, de la dureté des rapports entre gamins, des premières amitiés exaltées, des premières trahisons, des premières lâchetés. Et puis, il y a ces parents trop lointains, ce père musicien dont on ne sait trop de quel mal il souffre et que Gilles cherche à contenter de mille manières sans jamais y parvenir, cette mère aimante mais qui se consacre tout entière aux caprices de son mari, jusqu'au drame final.
    L'écriture, qui n'a pas pris une ride, est superbe. On pense à Musil et aux Désarrois de l'élève Törless, on pense à L'Institut Benjamenta de Robert Walser. L'Elève Gilles soutient la comparaison.

  • Au coeur de ce numéro, tout d'abord un grand dossier préparé sous la direction de Nicholas Dion et s'interrogeant sur les livres anciens en sol québécois. Ces écrits du Moyen-Âge, de la Renaissance et des quelques siècles suivants constituent notre patrimoine lettré. Leur importance est capitale : « De fait, au-delà de leur contenu ou de leur valeur intrinsèque, ces imprimés anciens permettent de mieux comprendre la dynamique des transferts des savoirs entre l'Ancien et le Nouveau Monde, de manière à retracer la formation, au Québec, d'une culture à la fois littéraire et philosophique ». Quels sont-ils, et où sont-ils aujourd'hui conservés? Principalement dans les différentes institutions d'enseignement, bien entendu. Études littéraires nous dresse donc plusieurs portraits de joyaux du patrimoine livresque : bibliothèques universitaires (McGill, Sherbrooke), religieuses (Séminaire de Québec), manuscrits d'époque reculées (XVe et XVIe siècles... La revue propose également des analyses littéraires ainsi qu'une section débats où dialoguent Maxime Decout et Jean-Paul Sermain.

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