Anna de Noailles

  • Edition enrichie (Introduction, notes)Fille d´un prince roumain, héroïne du Paris aristocratique du début du siècle, Anna de Brancovan, comtesse de Noailles, est l´auteur de neuf recueils de vers, de trois romans et de poèmes en prose dont on trouvera ici le meilleur. Sa poésie, très autobiographique, est d´une sensibilité universelle. Elle nous permet de partager son amour de la nature, mais aussi les élans et les tourments d´une femme passionnée, aux enthousiasmes communicatifs. Par la magie d´une langue musicale et racée, Anna de Noailles nous touche au coeur. Son oeuvre, éblouissante, est une partie de notre mémoire, de notre vie.

  • La Comtesse Anna de Noailles (1876-1933) a été l'une des figures les plus marquantes du monde littéraire du début du XXème siècle. A la fois aristocrate séduisante et femme de lettres incontournable, elle fascinait ses pairs par son génie poétique, incarnant une sorte d'icône féminine. Sa mort l'a pourtant plongée dans l'oubli. Nous la redécouvrons aujourd'hui avec cette première édition de Passions et Vanités, recueil de trois chroniques parues dans la revue Vogue en 1926 et de deux textes lyriques datant de 1912 et 1913.

  • La domination

    Anna de Noailles

    Antoine Arnault est sûr de lui, séducteur, dominateur. Mais, en ce début du xxe  siècle, ses succès littéraires et politiques cachent un solitaire sans illusions, un amant subtilement sadique, un homme perdu qui sur le tard découvre les ravages de la passion. Alors, celui qui se croyait maître de lui-même succombe à la fascination de l'amour impossible. De Bruges à Venise, Anna de Noailles met en scène avec autant d'acuité que de lyrisme une vie qui devient destin. Proust ne s'y était pas trompé, qui lui écrit  : «  Je suis encore tout ébloui de cette Domination...  »
     
    Présentation et notes par François Raviez.

  • Ce livre raconte l´histoire d´une jeune aristocrate qui, au début du XXe siècle, ne vit que de l´espérance d´être aimée. Elle rêve, cherche, et se laisse emporter par la passion, avant que minuit ne sonne le glas de ses illusions. Roman sentimental, mais aussi roman des contradictions de la condition féminine, La Nouvelle Espérance esquisse la peinture d´une société parisienne que Proust décrira bientôt, et met en scène une héroïne affamée d´amour à qui Anna de Noailles prête sa propre sensibilité, dans une langue subtile qui épouse avec élégance le bonheur et le chaos.Présenté par François Raviez.

  • Dans ce beau roman d´amour psychologique, l´héroïne, Sabine de Fontenay rayonne d´une lumière singulière et tire de l´ombre les figures d´hommes qui l´entourent : son mari, Henri de Fontenay, homme bon, honnête, mais médiocre et qui, préoccupé surtout par son avenir politique, vit à côté de sa femme à laquelle il n´accorde que peu d´attention ; son cousin et ami Jérôme, qu´elle a aimé (ou cru aimer?) un temps et qui la plonge dans le désespoir en épousant sa belle-soeur ; et enfin Philippe Forbier, qui devient son amant et pour lequel elle éprouve un amour singulier. Sensuelle, rêveuse, Sabine se livrera tellement à l´homme qu´elle aime qu´elle finira par dépérir et décidera de se tuer, déçue par la vie et l´amour. Sa dernière lettre à son amant est terrible et émouvante : « Je suis née ivre et j´ai toujours vécu de véhémence et de douleur ».

  • « Elle était plus intelligente, plus malicieuse que personne. Ce poète avait la sagacité psychologique d'un Marcel Proust, l'âpreté d'un Mirbeau, la cruelle netteté d'un Jules Renard », écrit Jean Rostand dans sa préface à Choix de poésies d´Anna de Noailles, en 1960.
    Femme du monde et de lettres à l´esprit vif et à la verve débordante, Anna ne laisse pas indifférent ses contemporains, et parmi eux André Gide qui dit d´elle : « Impossible de rien noter de la conversation. Mme de Noailles parle avec une volubilité prodigieuse ; les phrases se pressent sur ses lèvres, s'y écrasent, s'y confondent ; elle en dit trois, quatre à la fois. Cela fait une très savoureuse compote d'idées, de sensations, d'images, un tutti-frutti accompagné de gestes de mains et de bras, d'yeux surtout qu'elle lance au ciel dans une pâmoison pas trop feinte, mais plutôt trop encouragée. (...) Il faudrait beaucoup se raidir pour ne pas tomber sous le charme de cette extraordinaire poétesse au cerveau bouillant et au sang-froid » ( Albane de Maigret in Chronique du Bottin Mondain) Edition intégrale des oeuvres poétiques d´ Anna de Noailles Contenant :
    I VIE - JOIE - LUMIÈRE : Eblouissement, Soir d´Espagne, Ivresse au Printemps, Danseuse persane, Venise, Matin, Le Voyage sentimental, Adoration, Midi paisible, Eros, Bondissement, Constantinople, Danse, Les Saveurs de l´Air, Les Eaux de Damas etc.
    II BEAUTÉ DE LA FRANCE : Le Poème de l´Île de France, Versailles, Les bords de la Seine, Soir d´été dans le Parc de Saint-Cloud, Soir basque, Bayonne, La Savoie etc.
    III LES JARDINS : Le calme des Jardins, Le Fruitier de Septembre, Jardin près de la Mer, Promenade en été, Enchantement, Incendie de l´été, Jardin persan etc.
    IV LA DOULEUR ET LA MORT : Offrande, Soir romantique, Les Violons dans le soir, Désespoir, Un oiseau dans le soir, La Musique passionée, Invocation, etc.


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  • Le matin était sec et craquant de froid. L'air glacé et contracté semblait souffrir, comme portant en soi de l'oppression, une fêlure. Le silence occupait les allées, s'y tenait mystérieusement ; il n'était pas l'absence de bruit, il était quelque chose lui-même. Par instants le vent salubre et triste de la campagne d'hiver balayait ce coin de la Muette et de Passy, cette entrée provinciale du Bois de Boulogne. Dans le beau décharnement du chemin, près d'une haie de buissons nus, deux femmes passaient, allaient et revenaient, parcourant et reprenant la même route, se plaisant là.

  • EUPHORION. - Je ne veux pas plus longtemps tenir à terre ; laissez mes mains, laissez mes boucles, laissez donc mes vêtements, ils sont à moi...HÉLÈNE ET FAUST. - O pétulance ! Ô délire ! On dirait un cor qui sonne sur la vallée et sur le bois. A peine un jour serein donné tu tends à t'élancer, du point où le vertige t'a pris, dans un espace plein de douleurs...GOETHE.Tu vis, je bois l'azur qu'épanche ton visage,
    Ton rire me nourrit comme d'un blé plus fin,
    Je ne sais pas le jour, où, moins sûr et moins sage,
    Tu me feras mourir de faim.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Ma France, quand on a nourri son coeur latin
    Du lait de votre Gaule,
    Quand on a pris sa vie en vous comme le thym
    La fougère et le saule,Quand on a bien aimé vos forêts et vos eaux,
    L'odeur de vos feuillages,
    La couleur de vos jours, le chant de vos oiseaux,
    Dès l'aube de son âge.Quand amoureux du goût de vos bonnes saisons
    Chaudes comme la laine,
    On a fixé son âme et bâti sa maison
    Au bord de votre Seine,Quand on n a jamais vu se lever le soleil
    Ni la lune renaître
    Ailleurs que sur vos champs, que sur vos blés vermeils,
    Vos chênes et vos hêtres,Quand jaloux de goûter le vin de vos pressoirs,
    Vos fruits et vos châtaignes,
    On a bien médité dans la paix de vos soirs
    Les livres de Montaigne,Quand pendant vos étés luisants, où les lézards
    Sont verts comme des fèves
    On a senti fleurir les chansons de Ronsard
    Au jardin de son rêve,Quand on a respiré les automnes sereins
    Où coulent vos résines,
    Quand on a senti vivre et pleurer dans son sein
    Le coeur de Jean Racine,Quand votre nom, miroir de toute vérité,
    Émeut comme un visage,
    Alors on a conclu avec votre beauté
    Un si fort mariageQue l'on ne sait plus bien, quand l'azur de votre oeil
    Sur le monde flamboie,
    Si c'est dans sa tendresse ou bien dans son orgueil
    Qu'on a le plus de joie.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Quelquefois, dans la nuit, on s'éveille en sursaut,
    Et, comme un choc qui brise et qui perce les os,
    On songe au temps qui fuit, aux plus jeunes années,
    A l'aurore enflammant les vitres fortunées,
    Aux fougueux papillons, qui, sur la paix des blés,
    Se poursuivaient pareils à des jasmins ailés.
    Les odorantes fleurs étaient des puits, des jattes.
    Les abeilles dansaient autour des aromates,
    Et leur vol chaud semblait aux plantes retenu
    Par un fil lumineux, élastique et ténu.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Pourtant tu t'en iras un jour de moi, Jeunesse,
    Tu t'en iras, tenant l'Amour entre tes bras,
    Je souffrirai, je pleurerai, tu t'en iras,
    Jusqu'à ce que plus rien de toi ne m'apparaisse.La bouche pleine d'ombre et les yeux pleins de cris,
    Je te rappellerai d'une clameur si forte
    Que, pour ne plus m'entendre appeler de la sorte,
    La Mort entre ses mains prendra mon coeur meurtri.Pauvre Amour, triste et beau, serait-ce bien possible
    Que vous ayant aimé d'un si profond souci,
    On pût encore marcher sur le chemin durci
    Où l'ombre de vos pieds ne sera plus visible ?Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Choix de poésies

    Anna de Noailles

    • Grasset
    • 1 Septembre 1976

    « Elle était plus intelligente, plus malicieuse que personne. Ce poète avait la sagacité psychologique d'un Marcel Proust, l'âpreté d'un Mirbeau, la cruelle netteté d'un Jules Renard » Jean Rostand

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