Éditions de la Maison des sciences de l'homme

  • Les temps qui se croisent dans cet ouvrage se situent a plusieurs niveaux : ceux des histoires européenne et chinoise, de l'histoire ancienne et de la modernité la plus contemporaine, ceux aussi de l'histoire et de la littérature - notamment en Chine, ou les deux sont difficilement séparables. Ce livre reprend certaines des réflexions produites dans le cadre de l'« Université d'automne», un programme de formation, d'échanges et de recherche associant enseignants, chercheurs et étudiants, européens et chinois, qui se tient depuis plus de cinq ans a Shanghai. Les représentations du temps constituent l'axe privilégie de l'ouvrage, qui met notamment au jour la difficulté a parler le même langage, a s'entendre sur les mots mêmes : le passe est a comprendre entre histoire, mémoire et patrimoine ; l'avenir est fait de peurs et d'espérances, de régimes d'historicité aussi. L'histoire au musée, l'histoire dans la ville, l'histoire dans la littérature, le jeu des mémoires et des projections dans le futur, le rapport au progrès et ses remises en cause, tout cela en forme la trame. Que nous apprennent les maux de l'histoire, que nous disent les mots de la littérature ? Ce recueil tente de répondre a ces questions en un exercice a la fois inhabituel et peu conventionnel. Comme l'Université d'automne, il témoigne du dialogue intellectuel qui se développe entre chercheurs des deux mondes, européen et chinois.

  • La Chine, qui a terminé sa révolution et a jeté les bases d'une gigantesque métamorphose, défie les catégories habituelles de la politique. L'énigme chinoise est ici mise en lumière à travers une histoire sociale des villes au xxe siècles, à la veille du basculement qui va faire d'un très ancien pays agraire une société dominée par l'urbain. Cette phase moderne de l'histoire en longue durée des sociétés urbaines chinoises, dans les contextes successifs des « traités inégaux » et des « concessions », de la dictature du Guomindang et de l'occupation japonaise, de la révolution et du régime maoïstes puis des réformes post-maoïstes, a fait l'objet des travaux de Marie-Claire Bergère à qui ce recueil d'essais rend hommage. Venus de Chine, d'Amérique et d'Europe, les auteurs écrivent moins l'histoire d'une démocratie absente, selon les formes institutionnelles prescrites, que celle d'un social travaillant sur lui-même en présence des pouvoirs qui se partagent le pays, à Shanghai, à Canton, à Tianjin et à Xi'an. Leur plongée au-dessous de la surface événementielle éclaire l'épaisseur historique des transformations, des mobilisations, des impasses et des paradoxes de la société chinoise au xxe siècle. C'est dire que cette histoire sociale revendique pleinement la grande tradition qui cherche dans l'enquête historique sur les sociétés les clés de l'intelligence du politique. Ce livre est en ce sens une grammaire historique du mouvement social et politique chinois actuel qui ne doit pas être réduit à un débat abstrait sur les droits de l'Homme

  • Phénoménologiquement, l'horreur est une émotion aussi fondamentale que l'angoisse ou la joie dans notre rapport au monde. Pourtant, en dehors de quelques notations précieuses de Sartre, elle n'a jamais fait l'objet d'une recherche phénoménologique approfondie. Ce livre veut donc combler une importante lacune. Mais il entend aussi montrer que, au-delà de ses caractères invariants, l'horreur étant par essence une émotion au sein d'une histoire individuelle ou collective, elle a fait en Europe l'objet d'expériences psychiques, politiques et esthétiques successives, relatives à des « formes culturelles » (Cassirer) et à des « métaphores absolues » (Blumenberg) chaque fois différentes. Leur analyse peut nous mener à la compréhension des horreurs du monde présent, ainsi qu'à la perspective problématique de leur dépassement, en fonction de diverses hypothèses théoriques tant métaphysiques que juridiques ou esthétiques, analysées et évaluées au fil de la question : « Passée l'horreur, l'aurore ? »

  • Alors qu'elle s'interroge, se regarde et se raconte depuis des siècles, l'Europe demeure perplexe au miroir de ses inépuisables productions. Elle est à l'étroit dans les paragraphes étriqués des documents juridiques, elle tend à se soustraire aux appropriations idéologiques de toutes obédiences, dépasse toujours les images d'elle-même qu'elle crée sans relâche, échappe à sa propre histoire comme à ses historiens, à ses géographes et à tous ceux qui s'efforcent de la définir. Mais elle offre à l'expérience et à l'imagination des hommes la richesse infiniment diversifiée de son patrimoine. S'il est encore et toujours difficile de dire l'Europe, du moins peut-on la percevoir et la toucher, surtout en ces lieux singuliers mais innombrables où se livre au regard et à l'esprit un surcroît de sens. Frontières, carrefours, passages, noeuds urbains, vastes plaines, lieux de commémoration ou de mémoire : ce sont quelques-uns d'entre eux qui ont inspiré les auteurs de cet ouvrage. Dire l'Europe, sous leurs plumes croisées, c'est la redire sans cesse dans la multiplicité de ses manifestations particulières.

  • Si le système sportif, qui est né en Angleterre au xixe siècle, a constitué une rupture radicale avec les pratiques athlétiques antérieures, sa diffusion aux quatre coins de la planète par l'intermédiaire de l'impérialisme anglo-saxon a fortement contribué à façonner le monde dans lequel nous vivons. Quelle est cette chose dont l'impérialisme anglo-saxon faisait tant de cas ? De quelles valeurs de « civilisation », de quels codes moraux était-elle porteuse ? Quel accueil a-t-elle reçu dans les pays qui subissaient la présence coloniale ? C'est à cet examen essentiel que nous invite le présent ouvrage pour apprécier les raisons des éventuels rejets, des réappropriations plus ou moins radicales, et plus généralement des engouements extraordinaires auxquels a donné lieu l'apparition du phénomène sportif dans des milieux culturels très différents de celui d'origine. Dans cette perspective, les apports respectifs de l'histoire événementielle et de l'anthropologie sont confrontés et discutés.

  • La fête est souvent pensée en termes d'ordre et de désordre, de surcroît d'énergie à dépenser, voire d'attirance pour l'excès, la transgression - jusqu'aux limites de l'effacement de soi et de la mort. Ce livre, consacré à une grande célébration religieuse népalaise dédiée en partie au dieu Indra ne rejette aucun de ces éclairages. Il tente cependant d'imposer une autre approche, en prenant pour fil directeur la fonction spectaculaire inhérente à ce type d'événement festif, foncièrement collectif. La fête, en réalité, suscite toutes sortes d'échanges de regards, entre acteurs et spectateurs, dieux et célébrants, prêtres, icônes divines et dévots. Elle est théâtre, travestissement, métamorphose, mise en scène d'un récit narratif entre fiction et réalité. Elle échappe au rite pour devenir du jeu. La fête-spectacle devient alors un objet esthétique à part entière, un univers de qualités sensibles difficiles à traduire en mots. Elle produit un monde foisonnant d'images au pouvoir émotionnel puissant.

  • Temps croisés II reprend certaines des réflexions produites dans le cadre de l'« Université d'automne », programme de formation, d'échanges et de recherche qui se tient depuis plus de cinq ans à Shanghai et qui associe enseignants, chercheurs et étudiants européens et chinois. Les représentations du temps constituaient l'axe privilégié du premier volume. Celui-ci s'attache à l'une des grandes questions internationales actuelles : la tendance, plus ou moins contrariée, à l'intégration régionale, ses réussites et ses difficultés. Historiens français et européens (Russie, Italie, Allemagne, Royaume-Uni) mêlent leurs analyses à celles des historiens chinois, sur l'Europe comme sur l'Asie. L'aventure de la construction européenne est à penser sur la durée et dans ses limites géopolitiques, externes et internes. Mais la construction européenne est surtout une volonté, celle de ses acteurs, un rythme, ponctué pat quelques grands moments comme l'unification allemande en 1990, et pat de grands enjeux à considérer à l'échelle planétaire. L'Asie est-elle dans le même état d'esprit ? Malgré l'existence de l'ASEAN et son implication dans un espace asiatique plus large, l'expérience européenne y est diversement appréciée. Il est vrai que la Chine, qu'il faut sans doute redéfinit à l'heure des réformes, est beaucoup plus vaste et plus peuplée que l'Europe elle-même. L'expérience européenne bute sur les réalités asiatiques. Comme l'Université d'automne, dont provient l'essentiel de ces textes, cet ouvrage témoigne sur ce sujet du dialogue intellectuel qui se développe entre chercheurs des deux mondes, européen et chinois

  • Réunis périodiquement à l'initiative du Laboratoire d'anthropologie et de préhistoire des pays de la Méditerranée occidentale et du Laboratoire d'anthropologie sociale, les anthropologues spécialistes du monde touareg ont été confrontés à la question incontournable et pleine d'écueils de la nature et du fonctionnement des systèmes de parenté et d'alliance. Depuis la table ronde organisée en 1980 à Gif-sur-Yvette sous l'égide du Centre national de la recherche scientifique, des données nouvelles ont été recueillies sur le terrain. Les hypothèses présentées ici pour en rendre compte ont permis de renouveler le débat et de présenter un premier bilan. Il s'agit donc d'un véritable état de la question qui expose les points acquis et souligne les enjeux des discussions engagées. Pourquoi recueille-t-on des terminologies de parenté différentes d'une société à l'autre? Comment expliquer les particularités - petit nombre d'interdits, mariages pratiqués entre tous les consanguins collatéraux, préférence exprimée pour le mariage avec la cousine croisée matrilatérale - des choix matrimoniaux? Peut-on parler de lignages? L'approfondissement des études révèle le caractère complexe des structures de parenté et d'alliance. Dépassant les limites du monde touareg, ces recherches amènent à un réexamen critique des théories actuelles de la parenté.

  • La musique «élevée» prend son essor en Chine dès avant notre ère, se répand dans tout l'Extrême-Orient et se développe pendant plusieurs siècles. Étroitement liée au confucianisme et à son entreprise de régulation politique et sociale, l'élaboration de cette musique est rendue possible par le progrès de la pensée scientifique chinoise aux Ve-IIIe siècles avant notre ère. Dans les siècles qui suivent la Chine s'ouvre largement aux musiques venues des « Contrées occidentales » (Asie centrale, Inde, monde gréco-romain). En même temps son influence s'étend vers le nord-est du continent asiatique, et jusqu'au Japon. La musique gagaku qui se développe dans ce pays à partir des VIe-VIIe siècles est une musique empruntée. Grâce au modèle chinois, le Japon échappe à la longue période d'élaboration de la théorie musicale qu'a connue la Chine, et à travers ce modèle il absorbe de nombreux éléments venus des « Contrées occidentales ». L'analyse des structures musicales du gagaku aide à identifier ces diverses strates. Cette étude comparative nous invite donc à réfléchir sur la nature de transferts «culturels» générés par des impératifs politiques ainsi que sur les modalités de ces transferts entre pays au développement inégal, en même temps qu'elle éclaire l'évolution de l'art musical : une évolution procédant par étapes et ruptures, étroitement liée au progrès de la connaissance scientifique et de l'appréhension rationnelle du monde.

  • L'hospitalité n'est pas seulement une valeur traditionnelle. Elle est aussi, dans le contexte municipal, un ensemble de pratiques plus ou moins codifiées, destinées à encadrer l'arrivée et le séjour de l'étranger, réglant ainsi les frontières de l'intégration. Ces pratiques, à la fois politiques, juridiques et sociales, s'adressent elles-mêmes non seulement aux étrangers stricto sensu (l'étranger national), mais à tout groupe, famille ou individu considéré comme « autre » en vertu de sa provenance, sa mobilité, sa culture ou sa religion. Où commence cette altérité ? En vertu de quelle légitimité est-elle ainsi définie ? Quel régime lui applique-t-on ? Quelles sont les contradictions et les conséquences de la division entre « ressortissants » et « non ressortissants », consubstantielle à la pensée d'État ? C'est en convoquant des approches disciplinaires diversifiées - en particulier historiques, sociologiques et juridiques - que le présent ouvrage entend clarifier ces questions pour percevoir, sous les logiques affichées, les ressorts normatifs de l'accueil des « étrangers » qui incombent aux municipalités, responsables de fait de la cohésion sociale.

  • Serie de coups de projecteur sur les vicissitudes de la traduction du chinois dans les langues européennes depuis trois siècles, sur la diversité des idiomes et des personnages impliques. Variation aussi, de la proximité du traducteur au texte d'origine, de son empreinte propre, de son époque, du genre choisi et, bien sur, de la langue cible - ou des langues intermediaires. Ce parcours a travers un choix de textes littéraires, philosophiques et scientifiques illustre les enjeux réels et fantasmatiques de la relation de la Chine et de l'Europe. Il ne s'agit pas de confrontation, mais bien plutôt, a travers le processus de traduction, d'approfondissement mutuel - ce qui s'observe par exemple quand plusieurs interprétations traditionnelles du texte de départ sont prises en compte.

  • Dernière des grandes puissances occidentales a pénétrer en Chine a la fin du XIXe siècle, l'Allemagne parvient, en un laps de temps relativement court, a s'y attribuer un rôle culturel non négligeable. Consciente de la limite de ses possibilités matérielles, financières et politiques, face a un impérialisme anglo-saxon omniprésent, l'Allemagne mise sur les établissements d'enseignement secondaire et supérieur avec l'espoir d'exercer ultérieurement une influence sur une partie de l'élite de la société chinoise. Pari tenu, puisqu'après plusieurs décennies d'indifférence mutuelle, il a suffi de l'établissement de relations diplomatiques entre la République Populaire de Chine et la République Fédérale d'Allemagne, pour que la tradition culturelle allemande ait de nouveau droit de cite en Chine.

  • La France, comme d'autres pays d'Europe, porte encore dans son paysage et sa mémoire les blessures des nombreux conflits armés du xxe siècle. La Seconde Guerre mondiale, en particulier, y a engendré de nombreux « lieux de mémoire » : villages-martyrs, lieux de massacre par les nazis, camps d'internement vichystes, lieux de combats de la Résistance... Ces traces ont suscité la création de musées et de mémoriaux dont l'existence, en tant qu'institutions, ne laisse pas d'être problématique quant aux choix des thèmes et aux modes d'exposition des événements concernés. Dans ses thèses relatives à la muséologie, Georges-Henri Rivière parle ainsi d'une « ponctuation de l'espace adéquate à l'organisation idéologique du message à transmettre ». Que transmettre ? La guerre et la politique peuvent-elles devenir un patrimoine ? Telle sont les questions centrales posées par ces musées qui participent de stratégies mémorielles de groupes, de collectivités territoriales ou d'État, questions que reprennent à leur compte les auteurs du présent ouvrage pour engager une réflexion critique et stimulante sur les politiques de transmission de la mémoire.

  • Adam et l'astragale, deux faces d'une même question : celle de l'homme et de son humanité. Un homme, dans la tradition occidentale, c'est d'évidence un fils d'Adam, qui fut créé de toutes pièces et d'un coup par Dieu à son image. L'homme y est animé de raison, pour se distinguer de l'animal : celui-ci d'emblée et sa nature le sépare radicalement de son environnement. L'astragale, c'est ce petit os du pied présent chez tous les primates et chez l'homme. C'est parce que l'astragale humain forme un angle presque droit que l'homme peut se déplacer debout longtemps, libérer ses mains, développer son cerveau. Cet os minuscule, comme tant d'autre critère, incarne une vision plus continuiste de l'origine de l'homme : l'homme est ici animal parmi d'autres. Ce n'est que par l'apprentissage d'une culture spécifique, par l'acquisition de certains comportements et valeurs, qu'il devient un humain. Face à une vision simpliste de l'histoire de l'idée d'humanité, qui expliquerait en termes de progrès unilatéral le passage d'Adam à l'astragale, d'une vision religieuse à une vision matérialiste, ce livre révèle l'imbrication voire les tensions des deux modèles à travers les époques. Au lieu de définir l'être d e l'humain en s'appuyant sur les seules références philosophiques ou dogmatiques, il interroge les discours et les pratiques qui ont déterminé et déterminent les limites de l'humain. Un tel questionnement demande une approche transversale, multidisciplinaire. L'humanité mise à l'épreuve, en tant que valeur communautaire, principe d'exclusion, modèle normatif de comportement, tel est le fil conducteur de ces essais d'histoire, de philosophie d'anthropologie et d'éthologie. L'Occident médiéval est ici leur centre de gravité. Car c'est là qu'Adam, le chrétien, l'image de Dieu, qui nous semble si étranger, évidement triomphe. Mai c'est aussi à cette époque que sont clairement posés un certain nombre de problèmes qui rendront possible la pensée de l'astragale. Adam et l'astragale, deux faces d'une même question : celle de l'homme et de son humanité. Un homme, dans la tradition occidentale, c'est d'évidence un fils d'Adam, qui fut créé de toutes pièces et d'un coup par Dieu à son image. L'homme y est animé de raison, pour se distinguer de l'animal : celui-ci d'emblée et sa nature le sépare radicalement de son environnement. L'astragale, c'est ce petit os du pied présent chez tous les primates et chez l'homme. C'est parce que l'astragale humain forme un angle presque droit que l'homme peut se déplacer debout longtemps, libérer ses mains, développer son cerveau. Cet os minuscule, comme tant d'autre critère, incarne une vision plus continuiste de l'origine de l'homme : l'homme est ici animal parmi d'autres. Ce n'est que par l'apprentissage d'une culture spécifique, par l'acquisition de certains comportements et valeurs, qu'il devient un humain. Face à une vision simpliste de l'histoire de l'idée d'humanité, qui expliquerait en termes de progrès unilatéral le passage d'Adam à l'astragale, d'une vision religieuse à une vision matérialiste, ce livre révèle l'imbrication voire les tensions des deux modèles à travers les époques. Au lieu de définir l'être d e l'humain en s'appuyant sur les seules références philosophiques ou dogmatiques, il interroge les discours et les pratiques qui ont déterminé et déterminent les limites de l'humain. Un tel questionnement demande une approche transversale, multidisciplinaire. L'humanité mise à l'épreuve, en tant que valeur communautaire, principe d'exclusion, modèle normatif de comportement, tel est le fil conducteur de ces essais d'histoire, de philosophie d'anthropologie et d'éthologie. L'Occident médiéval est ici leur centre de gravité. Car c'est là qu'Adam, le chrétien, l'image de Dieu, qui nous semble si étranger, évidement triomphe. Mai c'est aussi à cette époque que sont clairement posés un certain nombre de problèmes qui rendront possible la pensée de l'astragale.

  • Qu'ont en commun la Chanson de Roland, le Roman de Renart, le rôle revendiqué par le comte Spencer auprès de ses neveux lors des obsèques de sa soeur, la princesse Diana, ou la place de saint Joseph dans les tables des saints siciliennes ? Cette apparente devinette pour initiés, qui ressemble à un inventaire a la Prevert, a pour solution une intéressante situation anthropologique révélée par Salvatore D'Onofrio sous l'intitulé : inceste du troisième type, ajoutant ainsi une extension nouvelle a la définition de l'inceste. C'est, pour le situer dans sa forme centrale, le rapport sexuel possible entre un « compère » et une « commère », c'est-à-dire entre le parrain d'un enfant et la mère de celui-ci. Ce type de relation spirituelle, équivalente a la relation frère-soeur dans ses effets, s'inscrit dans un nouvel atome de parente où le parrain prend la place structurellement occupée par l'oncle maternel.

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