Éditions de la Maison des sciences de l'homme

  • Depuis quelques années, tant au niveau national que transnational, la biométrie s'impose comme une technologie privilégiée d'identification des personnes. En effet, elle fait l'objet d'un essor considérable dans la sphère domestique, dans les établissements scolaires, dans les entreprises, dans le champ de la sécurité, etc. Ce phénomène soulève une profusion de nouveaux enjeux. De quelle manière appréhender la biométrie au regard de l'histoire longue des procédures visant à déterminer et fixer la singularité de chacun ? Comment les dispositifs biométriques fonctionnent-ils ? Quelles populations prennent-ils prioritairement pour cible ? Comment la biométrie affecte-t-elle la notion d'identité individuelle et le statut conféré au corps humain ? Constitue-t-elle une menace pour la vie privée et les droits fondamentaux ? À quels enjeux économiques renvoie-t-elle ? Dans quelle mesure son utilisation transforme-t-elle les logiques à l'oeuvre dans l'univers policier ? Pourquoi certains l'acceptent-ils sans rechigner tandis que d'autres s'y opposent avec virulence en pointant les graves dangers dont elle serait porteuse ? Ce sont quelques-unes des questions passionnantes auxquelles s'intéressent les nombreuses contributions ici rassemblées. Croisant les regards de chercheurs issus de pays et de disciplines différentes (histoire, droit, science poli­tique, anthropologie, philosophie, etc.) et ceux d'acteurs en prise directe avec certains aspects de la biométrie du fait des fonctions qu'ils exercent, cet ouvrage collectif s'impose comme incontournable pour tous ceux qui sont désireux de mieux comprendre la complexité d'un sujet au coeur de l'actualité n'ayant pourtant jusqu'alors été que très peu étudié.

  • En quelques années, l'idée philosophique et politique d'autonomie s'est imposée dans le monde du travail et de la formation. De mode de rapport au monde ou de gouvernement de la cité, elle est devenue simple item dans les référentiels de compétences professionnelles, critère de gestion des ressources humaines et condition d'accès à l'emploi. Cet ouvrage présente l'analyse d'une expérience d'autoformation à l'université qui a placé l'autonomie au centre de son projet sans la réduire à une prescription normative ni à un outil de management. Exceptionnel par son ampleur et sa durée, le dispositif des Centres de ressources en langues mis en place à Strasbourg, est le seul jusqu'ici à avoir proposé aux étudiants, pendant quinze ans et à grande échelle, d'apprendre des langues par une démarche individualisée d'autonomisation. Huit chercheurs ont analysé la genèse du dispositif, sa structure, son fonctionnement, ses usages par les acteurs et son évolution dans le temps. Les résultats dépassent largement le propos initial. Ils ne décrivent pas seulement les voies, exigences et conditions de réussite d'une formation à l'étude autonome. Ils montrent le rôle déterminant des dimensions personnelles (cognitives, socio-affectives, motivationnelles) dans les réponses individuelles et collectives aux sollicitations des technologies et des dispositifs. Ce travail révèle les enjeux et dilemmes qu'implique la mise en oeuvre du principe d'autonomie dans des institutions organisées selon d'autres valeurs. Il apporte aussi une explication au malaise et aux tensions sociales suscitées par la prescription d'autonomie quand, prenant la forme pathogène d'injonctions paradoxales, elle interdit aux individus toute possibilité de l'exercer.

  • Ce livre s'inscrit dans la dynamique d'un projet de construction d'une instrumentation en sciences humaines et sociales dans le domaine de l'éducation. Il est né de la réflexion menée dans le cadre du projet Vidéos de situations d'enseignement et d'apprentissage, qui a pour objectif de développer un réseau de recherche autour d'une base de données d'enregistrements vidéographiques en lien étroit avec la vie de la communauté scientifique. Ce projet a rapidement soulevé des questions théoriques et méthodologiques très importantes comme la nature des données vidéo et leur lien avec les textes, la diversité des courants théoriques, leurs spécificités et leur complémentarité, le développement de méthodologies de constitution et d'analyse de corpus. Les premiers chapitres du présent ouvrage présentent trois courants de recherche relatifs à la manière dont chacun articule un point de vue théorique et des choix méthodologiques d'analyse des enregistrements vidéo. Puis viennent deux chapitres qui traitent des méthodologies de constitution et d'analyse de corpus vidéo. Un chapitre est dédié à l'instrument ViSA, les étapes de sa création, les principaux choix techniques et organisationnels. Enfin, le dernier chapitre dévoile l'important travail réflexif engagé par la communauté de chercheurs sur ses propres pratiques de recherche, dans une perspective interdisciplinaire. Cet ouvrage ouvre des perspectives épistémologique, méthodologique, réflexive sur l'instrumentation et l'analyse de corpus.

  • L' « internet des objets » est une dimension majeure de l'internet du futur. Mais tout le monde ne s'accorde pas encore sur sa définition, ni sur la mesure de son importance économique ou des risques qu'il induit. L'étude de nombreux rapports prospectifs et l'observation des innovations d'ores et déjà engagées a permis de mettre en relief les incertitudes techniques, économiques et socio-politiques qui pèsent sur cette véritable mutation programmée de l'internet et de proposer une approche européenne qui articule une recherche appliquée d'excellence et de fermes principes de politique publique.

  • Cet ouvrage porte sur les usages des TIC de jeunes issus de milieu populaire. Conduite au sein de l'Espace Culture Multimédia (ECM) de la Friche la Belle de Mai à Marseille, l'enquête ethnographique a consisté à suivre, sur une période de cinq ans, les modalités par lesquelles les jeunes du quartier se sont approprié l'espace physique de l'ECM, mais aussi les trajectoires d'usage leur permettant, progressivement, de maîtriser les technologies numériques qui y sont mises à disposition. Internet se pratique ici « en public », ce qui favorise des apprentissages réciproques entre pairs et l'émergence d'une « autodidaxie collective ». L'auteur retrace alors les montées en compétences à la fois techniques, esthétiques et multimédia grâce auxquelles ces adolescents en échec scolaire vont progressivement collaborer avec des artistes de la Friche. L'ouvrage se clôt sur la difficulté de reconvertir les compétences acquises, et sur la nécessité d'imaginer des structure-relais dédiées à la professionnalisation des publics par la pratique du numérique.

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