Editions des Régionalismes

  • Après le Grand Dictionnaire, Lou Tresor dóu Felibrige de l'illustre Frédéric Mistral, qui s'est montré en cette oeuvre le Littré de la langue provençale, on demandait et de tous côtés on réclamait Lou Pichot Trésor du Félibrige. Eh bien ! le voici. Prenez-le et parcourez-le à loisir. C'est là notre préface. Nous pourrions, sans doute, expliquer combien nous ont été utiles, dans la composition de cet ouvrage, nos fréquentations familières et assidues avec le peuple, et, d'autre part, quel précieux secours nous ont apporté les dictionnaires de Mistral, d'Honorat, de Doujat, d'Avril, de Piat et du niçard Pellegrini, ainsi que les autres lexiques ou vocabulaires de la Langue d'Oc, languedociens, gascons, limousins, dauphinois, etc. Nous pourrions aussi faire ressortir le côté pratique de notre petit dictionnaire : d'abord au point de vue linguistique qui nous a fait grouper ensemble, et par paragraphes distincts, les mots de même famille, autant, bien entendu, que l'ordre alphabétique le comportait - ; ensuite au point de vue historique et ethnographique... (extrait de la Préface, édition originale de 1902).
    Constamment « reprinté » (à l'identique de l'édition de 1902) depuis plus d'un siècle, aucun éditeur n'avait osé s'attaquer à la recomposition complète de l'ouvrage en deux tomes (français-provençal et provençal-français). C'est désormais chose faite. Voici le nouveau Pichot Tresor !
    Xavier de Fourvières (1853-1912), né à Robion (Vaucluse), chanoine de l'ordre des prémontrés. Il s'exila en Angleterre de 1903 à 1912, après la loi sur les Congrégations et devint supérieur du prieuré de Storrington dans le Sussex. Auteur de nombreux ouvrages en provençal (dont le plus célèbre reste son Pichot Tresor), il fut majoral du Felibrige.

  • Il nous a semblé qu'une étude sur Le Mariage et la Famille en Gascogne, d'après les Proverbes et les Chansons, mettrait en lumière la personnalité originale de notre Province. Nous avons surtout utilisé les Proverbes, qui [...] sont à la fois la sagesse et la psychologie d'une race ou d'une nation. Ces formules proverbiales deviennent comme un moule social auquel personne n'échappe. Beaucoup sont piquants, pittoresques, originaux, particuliers à la langue gasconne soit par l'image évoquée, soit par l'expression qui sent le terroir. Notre seul mérite aura été de les grouper par ordre d'idées, et, pour ainsi dire, de les codifier.
    Le lecteur nous pardonnera certaines expressions... très expressives : nous en avons limité le nombre. Mais le Gascon n'aime pas les voies détournées pour exprimer la vérité proverbiale. Sa finesse vit d'images réelles et non d'abstractions plus ou moins savantes ou délicates. Tout ce que pourront dire les délicats et les raffinés, c'est que nos ancêtres avaient un rude bon sens et un bon sens un peu rude... » (Préface de l'édition de 1916). - Tout en respectant le texte et l'orthographe de l'auteur pour ce qui est du gascon, cette nouvelle édition, entièrement recomposée, donne également une transcription en graphie classique des textes gascons.
    Le chanoine Césaire Daugé, né à Aire-sur-l'Adour (1858-1945), vice-président de la société de Borda, ardent artisan de la renaissance d'oc, reste un des plus importants écrivains en langue gasconne du XXe siècle : sa Grammaire, ses pièces de théâtre et son imposante étude sur le mariage et la famille en Gascogne (en 3 tomes) sont là pour en témoigner.

  • La « Grammaire Gasconne » de l'abbé Daugé fut publié en 1905, c'est-à-dire à une époque où la langue gasconne était encore pleinement vivante. Le parti de Césaire Daugé était de mettre l'accent sur le génie propre du gascon et en particulier sur ses idiomatismes qui font que la langue gasconne se différencie de ses voisines française, occitane ou espagnole bien qu'issue comme elles du même moule latin. Il y réussit pleinement et nous offre à la fois une grammaire simple d'abord mais emplie de joyaux de langage, évocateurs, nerveux, bien typiques du Gascon, et que ces successeurs ont trop souvent méprisés ou méconnus.
    A l'heure actuelle où la langue orale se perd, nous avons cru bon de maintenir la prononciation phonétique donnée par l'auteur à côté de l'orthographe classique du gascon.
    La « Gramatica Gascona » de l'abat Daugé qu'estó publicada en 1905, valent a díser en ua tempsada que la lenga gascona i èra encoèra viva viva. Lo prètz-hèit de Cesari Daugé qu'èra de har vàler l'engenh pròpi deu gascon e mei que mei los idiomatismes qui hèn la lenga gascona tan desparièra de las soas vesias francesa, occitana o espanhòla per estar totas gessidas deu medix latin. Que s'i escad de plan e'ns auhereix a l'encòp ua gramatica de bon manejar mès tota plenhada de jòias de lengatge, chucosas, nerviosas, plan menadas deu Gascon, e que los sons successors an tròp sovendetas mespresadas o mauconeixudas.
    Au jorn de oei que la lenga orau e's pèrd, qu'am credut de qu'èra bon de mantiéner la prononciacion fonetica balhada per l'autor au pròixe de l'ortografia classica deu gascon.

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