Le Livre de Poche

  • Qui est cet inconnu capable d´en remontrer au grand Czentovic, champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu´antipathique ? Peut-on le croire, quand il affirme qu´il n´a pas joué depuis plus de vingt ans ? Les circonstances dans lesquelles l´homme a acquis cette science sont terribles. Elles nous renvoient aux expérimentations nazies sur les effets de l´isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges. Une fable inquiétante, fantastique, qui, comme le dit un personnage avec une ironie douloureuse, « pourrait servir d´illustration à la charmante époque où nous vivons ».Traduction, préface et commentaires par Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent.

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    Si vous le lisez avec l´espoir de trouver dans J´irai cracher sur vos tombes quelque chose capable de mettre vos sens en feu, vous allez drôlement être déçu.
    Si vous le lisez pour y retrouver la petite musique de Vian, vous l´y trouverez. Il n´y a pas beaucoup d´écrits de Vian dont il ne suffise de lire trois lignes anonymes pour dire tout de suite : «Tiens, c´est du Vian !» Ils ne sont pas nombreux, les écrivains dont on puisse en dire autant. Ce sont généralement ces écrivains-là qui ont les lecteurs les plus fidèles, les plus passionnés, parce que, en les lisant, on les entend parler. Lire Vian, lire Léautaud, lire la correspondance de Flaubert, c´est vraiment être avec eux. Ils ne truquent pas, ils ne se déguisent pas. Ils sont tout entiers dans ce qu´ils écrivent. Ça ne se pardonne pas, ça. Vian a été condamné. Flaubert a été condamné... Delfeil de Ton.

  • Phileas Fogg, gentleman anglais, parie avec les membres de son club qu'il fera le tour de la terre en 80 jours. Et, aussitôt, le voilà parti, accompagné de son domestique Jean, un Parisien, dit Passepartout. Il devra être revenu à Londres, pour gagner, le samedi 21 décembre 1872 à 20 heures 45 minutes !
    Soupçonné d'être l'audacieux voleur de la Banque d'Angleterre, Phileas Fogg va être filé tout au long de ses pérégrinations par le détective Fix qui ne peut cependant pas l'arrêter, le mandat d'amener arrivant toujours trop tard...
    Les pays traversés, les multiples aventures, les stratagèmes employés pour contourner les nombreux obstacles, l'activité débordante de Phileas Fogg pour lutter contre le temps en ne se départant jamais de son flegme tout britannique, les personnalités de Passepartout et de l'obstiné Fix, font du Tour du monde en 80 jours un merveilleux roman, l'un des meilleurs de Jules Verne, dont le succès considérable ne s'est jamais démenti depuis sa parution, en 1873.

  • Un monstre marin, « une chose énorme », ayant été signalé par plusieurs navires à travers le monde, une expédition est organisée sur l'Abraham Lincoln, frégate américaine, pour purger les mers de ce monstre inquiétant. A bord se trouvent le Français Pierre Aronnax, professeur au Muséum de Paris, et Conseil, son fidèle domestique.
    Une fois parvenus en vue du monstre, deux immenses trombes d'eau s'abattent sur le pont de la frégate, précipitant Aronnax, Conseil et le harponneur canadien Ned Land sur le dos du monstre... qui se révèle être un fabuleux sous-marin, le Nautilus, conçu et commandé par un étrange personnage, le capitaine Nemo, qui paraît farouchement hostile à toute l'humanité !
    Condamnés à ne plus jamais revoir leur patrie, leurs parents, leurs amis, la plus extraordinaire aventure commence pourtant pour les trois hommes...
    La mer était une passion pour Jules Verne ; c'est elle l'héroïne de Vingt mille lieues sous les mers, l'un de ses meilleurs et plus célèbres romans.

    Illustrations de l'édition originale Hetzel.
    Préface de Christian Chelebourg 

  • Edition enrichie (Introduction, notes, commentaires, chronologie et bibliographie)Avec Les Fleurs du Mal commence la poésie moderne : le lyrisme subjectif s'efface devant cette « impersonnalité volontaire » que Baudelaire a lui-même postulée ; la nature et ses retours cycliques cèdent la place au décor urbain et à ses changements marqués par l'Histoire, et il arrive que le poète accède au beau par l'expérience de la laideur. Quant au mal affiché dès le titre du recueil, s'il nous apporte la preuve que l'art ici se dénoue de la morale, il n'en préserve pas moins la profonde spiritualité des poèmes.
    D'où la stupeur que Baudelaire put ressentir quand le Tribunal de la Seine condamna la première édition de 1857 pour « outrage à la morale publique et aux bonnes moeurs » et l'obligea à retrancher six pièces du volume - donc à remettre en cause la structure du recueil qu'il avait si précisément concertée. En 1861, la seconde édition fut augmentée de trente-cinq pièces, puis Baudelaire continua d'écrire pour son livre d'autres poèmes encore. Mais après la censure, c'est la mort qui vint l'empêcher de donner aux Fleurs du Mal la forme définitive qu'il souhaitait - et que nous ne connaîtrons jamais.

  • Scandale dans une pension de famille « comme il faut », sur la Côte d´Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d´un des clients, s´est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n´avait passé là qu´une journée... Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l´aide inattendue d´une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez elle. Ce récit d´une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l´auteur d´Amok et du Joueur d´échecs, est une de ses plus incontestables réussites.

  • Élisabeth Bennet a quatre soeurs et une mère qui ne songe qu´à les marier. Quand parvient la nouvelle de l´installation à Netherfield, le domaine voisin, de Mr Bingley, célibataire et beau parti, toutes les dames des alentours sont en émoi, d´autant plus qu´il est accompagné de son ami Mr Darcy, un jeune et riche aristocrate. Les préparatifs du prochain bal occupent tous les esprits... Jane Austen peint avec ce qu´il faut d´ironie les turbulences du coeur des jeunes filles et, aujourd´hui comme hier, on s´indigne avec l´orgueilleuse Élisabeth, puis on ouvre les yeux sur les voies détournées qu´emprunte l´amour...Traduction, introduction, notes et dossier de Sophie Chiari.

  • L'OEUVRE INTÉGRALE ANNOTÉE :À la prison de Bicêtre, un homme est condamné à la peine de mort.
    Durant ses dernières heures, il note dans un cahier ce qu'il ressent : l'enfermement, ses angoisses et l'adieu tragique à sa fille. Il témoigne aussi de ce qu'il aperçoit au-dehors - le départ des forçats pour le bagne, le comportement complice du peuple, l'arrivée de son bourreau. Qui est ce narrateur, et son crime justifie-t-il la guillotine ?
    DOSSIER THÉMATIQUE :
    L'HOMME FACE À LA SOCIÉTÉ  PA R AURÉLIA DAL ZOTTO
    - Biographie de l'auteur, histoire de l'oeuvre
    -  La critique d'une société cruelle
    -  Résister pour rester homme
    -  Persuader, convaincre, faire évoluer les mentalités
    PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES :
    -  Histoire des arts
    /> -  Éducation aux médias et à l'information
    - Cinéma
    Vocabulaire, exercices écrits et oraux, groupements de textes et lecture d'images autour de l'oeuvre
    LE + POUR L'ORAL :
    Des extraits de l'oeuvre lus par des comédiens et accessibles grâce à des flashcodes.

  • Edition enrichie (Préface, notes, notes complémentaires, chronologie et bibliographie)Les Fables occupent une place singulière dans notre mémoire : par le souvenir que nous gardons de ces poèmes devant lesquels nous sommes restés enfants, mais aussi par la grâce de tant de vers devenus proverbiaux  et que notre parole quotidienne fait renaître. Et tout  se passe comme si une correspondance secrète se maintenait de siècle en siècle entre ces Fables et l'identité de notre pays comme de notre langue.
    Le premier recueil paraît en 1668, et le second dix ans plus tard. Le succès est immense et les poèmes, alors, appartiennent pleinement à leur temps : la France du règne de Louis XIV. Mais le mystère de leur pouvoir est de s'émanciper très vite de cet environnement immédiat, d'éclairer nos réalités successives, d'allier de manière toujours éclatante le particulier et l'universel. Dans cette «comédie à cent actes divers, / Et dont la scène est  l'Univers», le texte se dérobe à toute signification définitive. Mais La Fontaine, à chaque page, nous convainc que la poésie, à ses yeux, demeure instrument de connaissance : il existe une beauté du savoir - et nous ne cessons pas de la retrouver en lui.


    Edition de Jean-Charles Darmon et Sabine Gruffat. 

  • On connaît l´intérêt passionné du romancier stefan Zweig pour les zones inexplorées et obscures de l´esprit humain. on connaît aussi l´indéfectible et révérencieuse amitié qu´il voua toute sa vie au père de la psychanalyse - Zweig prononça l´éloge funèbre de Freud en 1939. résolument conçu comme une apologie, cet essai, publié en France pour la première fois en 1932 dans le recueil La Guérison par l´esprit, était destiné à prouver aux yeux du monde la valeur et la portée de l´oeuvre de Freud. tout en donnant au lecteur contemporain les clés essentielles sur l´homme et sa théorie, il se double aussi d´une réflexion fondamentale sur les pouvoirs de la pensée et restitue admirablement l´esprit d´une époque, ses réticences, ses doutes et ses espoirs. Ce volume contient l´oraison funèbre « Sur le cercueil de Sigmund Freud ».

  • Le nez de Cyrano s'est mis en travers de son coeur. La belle Roxane aime ailleurs, en l'espèce un cadet sans esprit mais de belle apparence, Christian de Neuvillette. La pièce de Rostand met en scène la tragique complicité entre deux moitiés d'homme, et s'achève sur une évidence en forme d'espérance : sous les traits de Christian, ce n'était pas moins que l'âme de Cyrano qu'aimait Roxane. Avec ce drame en cinq actes, au travers des reprises ou des adaptations cinématographiques, Rostand a connu et connaît un succès ininterrompu et planétaire. Pourquoi ? A cause des qualités d'écriture, des vertus dramatiques ou de la réussite du personnage principal de la pièce ? Sans doute, pour une part. Mais la raison profonde tient à son art de caresser l'un de nos plus anciens mythes : il n'est pas de justice ici-bas, ni d'amour heureux. Presque pas. Et tout est dans cette manière de nous camper sur cette frontière, entre rêve et réalité, entre lune et terre.Introduction, commentaires et notes de Pierre Citti. 

  • À la fin du xixe siècle, par un froid dimanche de novembre, un garçon de quinze ans, François Seurel, qui habite auprès de ses parents instituteurs une longue maison rouge -l´école du village-, attend la venue d´Augustin que sa mère a décidé de mettre ici en pension pour qu´il suive le cours supérieur: l´arrivée du grand Meaulnes à Sainte-Agathe va bouleverser l´enfance finissante de François...
    Lorsqu´en 1913 paraît le roman d´AlainFournier, bien des thèmes qu´il met en scène -saltimbanques, fêtes enfantines, domaines mystérieux- appartiennent à la littérature passée, et le lecteur songe à Nerval et à Sylvie. Mais en dépassant le réalisme du xixe siècle pour s´établir, entre aventure et nostalgie, aux frontières du merveilleux, il ouvre à un monde d´une sensibilité toujours frémissante, et qui n´a pas vieilli.

  • ... À quarante ou cinquante mètres de cette arche imposante qu'on appelle la Porte d'Aval et qui s'élance du haut de la falaise, ainsi que la branche colossale d'un arbre, pour prendre racine dans les rocs sous-marins, s'érige un cône calcaire démesuré, et ce cône n'est qu'un bonnet d'écorce pointu posé sur du vide !

    Révélation prodigieuse ! Après Lupin, voilà que Beautrelet découvrait le mot de la grande énigme, qui a plané sur plus de vingt siècles ! Mot d'une importance suprême pour celui qui le possédait jadis, aux lointaines époques où des hordes de barbares parcouraient le vieux monde ! Mot magique qui ouvre l'antre cyclopéen à des tribus entières fuyant devant l'ennemi ! Mot mystérieux qui garde la porte de l'asile le plus inviolable ! Mot prestigieux qui donne le pouvoir et assure la prépondérance !

  • Ce livre est un livre de charité, c´est-à-dire un livre fait pour exciter, pour provoquer l´esprit de charité, c´est un livre d´une nature terrible et navrante, disant à la conscience du lecteur : « Eh bien ? Qu´en pensez-vous ? Que concluez-vous ? » Les Misérables sont un étourdissant rappel à l´ordre d´une société trop amoureuse d´elle-même et trop peu soucieuse de l´immortelle loi de fraternité, un plaidoyer pour les Misérables (ceux qui souffrent de la misère et que la misère déshonore), proféré par la bouche la plus éloquente de ce temps.
    Le nouveau livre de Victor Hugo doit être le Bienvenu (comme l´évêque dont il raconte la victorieuse charité), le livre à applaudir, le livre à remercier. N´est-il pas utile que de temps à autre le poète, le philosophe prennent un peu le Bonheur égoïste aux cheveux, et lui disent, en lui secouant le muße dans le sang et l´ordure : « Vois ton oeuvre et bois ton oeuvre » ?
    Charles Baudelaire.

    Présentation et notes de Guy Rosa.
    Commentaires de Nicole Savy.

  • Au soir de sa vie, un vieux professeur se souvient de l´aventure qui, plus que les honneurs et la réussite de sa carrière, a marqué sa vie. A dix-neuf ans, il a été fasciné par la personnalité d´un de ses professeurs ; l´admiration et la recherche inconsciente d´un Père font alors naître en lui un sentiment mêlé d´idolâtrie, de soumission et d´un amour presque morbide.
    Freud a salué la finesse et la vérité avec lesquelles l´auteur d´Amok et du Joueur d´échecs restituait le trouble d´une passion et le malaise qu´elle engendre chez celui qui en est l´objet.
    Paru en 1927, ce récit bref et profond connut un succès fulgurant, en raison de la nouveauté audacieuse du sujet. Il demeure assurément l´un des chefs-d´oeuvre du grand écrivain autrichien.

  • Trente écueils menaçants cernent l´île de Sarek en Bretagne. Les habitants superstitieux l´appellent «l´île aux trente cercueils». Une légende les hante : trente victimes doivent mourir en croix dont quatre femmes. Véronique d´Hergemont, venue chercher son fils après quatorze ans d´absence, a la désagréable surprise de voir ses initiales sur les bornes, sur les portes des chapelles et son visage sur un dessin de femme crucifiée ! L´étrange atmosphère des légendes celtes, cette «Pierre-Dieu qui donne mort ou vie», la prédiction sanglante, le monstrueux comte Vorski, voilà de quoi frissonner d´angoisse et de terreur. Arsène Lupin, heureusement, et un petit chien nommé Tout Va Bien, sont là pour affronter la malédiction ! Dans ce roman fantastique, le sens du suspense et de la mise en scène de Maurice Leblanc fait ressortir l´humour du dénouement. 

  • Edition enrichie (Préface, notes, dossiers sur l'oeuvre, variantes, chapitres supplémentaires, annexes, croquis, chronologie et bibliographie)Cadet de grande famille fasciné par Napoléon qu'il rêve d'aller rejoindre, Fabrice del Dongo arrive à Waterloo quand commence la bataille. Mais il ne suivra pas la carrière des armes à quoi il aspirait, et consentira à devenir prélat. Avec assez de détachement, cependant, pour que l'essentiel reste bien pour lui la chasse au bonheur - c'est-à-dire l'amour.
    Quand Stendhal publie La Chartreuse de Parme en 1839, le propre du roman demeure toujours à ses yeux le romanesque où rien ne compte que le récit qui se moque du sérieux, l'allègement de la vie et l'héroïsme des grandes actions comme des grandes passions. Et le paradoxe de ce livre moderne, qui est aussi une satire du pouvoir et de la cour de Parme, de ce livre où les Italiens retrouvent leur culture, c'est qu'il demeure apparenté au vieux fonds sans âge des romans où l'aventure s'accompagne d'un climat de bonheur et de gaieté.Edition de Michel Crouzet.

  • Tant qu´il existera, par le fait des lois et des moeurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d´une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l´homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l´atrophie de l´enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans de certaines régions, l´asphyxie sociale sera possible ; en d´autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu´il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles.
    Hauteville-House, 1er janvier 1862.
    Victor Hugo.

    Présentation et notes de Guy Rosa.
    Commentaires de Nicole Savy. 

  • Edition enrichie (Introduction, notes, dossier sur l'oeuvre et bibliographie)«Au centre de la pièce, fixé à un chevalet droit, se dressait le portrait en pied d'un jeune homme d'une extraordinaire beauté physique, devant lequel, à peu de distance, se tenait assis le peintre lui-même, Basil Hallward, celui dont, il y a quelques années, la disparition soudaine a, sur le moment, tant ému le public et donné lieu à d'étranges conjectures.» Or Dorian Gray, jeune dandy séducteur et mondain, a fait ce voeu insensé : garder toujours l'éclat de sa beauté, tandis que le visage peint sur la toile assumerait le fardeau de ses passions et de ses péchés. Et de fait, seul vieillit le portrait où se peint l'âme noire de Dorian qui, bien plus tard, dira au peintre : «Chacun de nous porte en soi le ciel et l'enfer.» Et ce livre lui-même est double : il nous conduit dans un Londres lugubre et louche, noyé dans le brouillard et les vapeurs d'opium, mais nous ouvre également la comédie de salon des beaux quartiers. Lorsqu'il parut, en 1890, il fut considéré comme immoral. Mais sa singularité, bien plutôt, est d'être un roman réaliste, tout ensemble, et un roman d'esthète - fascinants, l'un et l'autre, d'une étrangeté qui touche au fantastique. 

  • Le misanthrope

    Molière

    Edition enrichie (Introduction, notes, dossier et commentaires sur l'oeuvre, notices, chronologie et bibliographie)« Trahi de toutes parts, accablé d'injustices, Je vais sortir d'un gouffre où triomphent les vices ; Et chercher sur la terre un endroit écarté Où d'être homme d'honneur, on ait la liberté. » Au moment où il quitte la scène, Alceste quitte également le monde auquel il s'est heurté, et le vrai sujet de la comédie est bien la confrontation du misanthrope et de ce milieu mondain qu'il récuse : par philosophie, certainement, mais également par cet esprit chagrin d'atrabilaire qui en fait l'ennemi de toute sociabilité, comme le montre la manière incongrue et bourrue dont il témoigne à Célimène un amour qui prend à rebours les règles de la galanterie.
    Cet extravagant est donc certainement ridicule. Mais comment lui reprocher, néanmoins, l'intransigeante pratique des vertus de sincérité, de justice et de droiture ? Parce que Alceste dénonce le monde, c'est bien lui qui permet à Molière, en 1666, de nous en donner une image véritable - jusque dans ses contradictions.
    Edition de Claude Bourqui. 

  • Le Tartuffe

    Molière

    Edition enrichie (Préface, notes, commentaires sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Un faux dévot s´installe dans la famille d´Orgon dont il fait sa dupe, y vit grassement et manifeste une assez vive sensualité pour courtiser la maîtresse de maison - avant d´être finalement démasqué. Le sujet de sa pièce, Molière dut longuement batailler pour finalement l´imposer en 1669, car, à sa première représentation à Versailles, la comédie avait été jugée dangereuse : s´il décriait les apparences de la vertu, Molière ne rendait-il pas également suspects les dévots authentiques ?
    Car tel est bien l´enjeu sérieux de la pièce : percer à jour l´hypocrisie tout en nous incitant à méditer sur le déguisement et la métamorphose. Mais Le Tartuffe est aussi une comédie de moeurs et de caractères où la farce peu à peu s´inßéchit vers le drame et cependant s´harmonise parfaitement avec lui. Molière fait preuve ici d´un métier admirable pour faire passer le spectateur du rire franc à la plus délicate émotion, de la gaieté la plus vive à la réflexion la plus grave, et parfois la plus sombre.

    Edition de Jean-Pierre Collinet. 

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    Jane Eyre

    Charlotte Brontë

    Edition enrichie (Préface, notes, commentaires sur l'oeuvre, biographie et bibliographie) Jane Eyre est pauvre, orpheline, pas très jolie. Pourtant, grâce à sa seule force de caractère, et sans faillir à ses principes, elle parviendra à faire sa place dans la société rigide de l´Angleterre victorienne et à trouver l´amour... Une héroïne qui surmonte les épreuves sans perdre foi en son avenir, une intrigue où se succèdent mystères et coups de théâtre, une passion amoureuse qui défie tous les obstacles : le plaisir de lire Jane Eyre est toujours aussi vif. Comme elle, on veut croire que rien n´est écrit d´avance et que la vie réserve des bonheurs imprévus.

  • Phèdre

    Jean Racine

    Edition enrichie (Préface, notes, dossier, lexique, glossaire, chronologie et bibliographie)PhèdreTu vas ouïr le comble des horreurs.
    J´aime... A ce nom fatal, je tremble, je frissonne. J´aime...

    OEnone Qui ?

    Phèdre Tu connais ce fils de l´Amazone, Ce prince si longtemps par moi-même opprimé.

    OEnone Hippolyte ? Grands dieux !

    Phèdre C´est toi qui l´as nommé !

    La légende de cet amour interdit, puisque Hippolyte est le fils de Thésée à qui Phèdre est mariée, Racine l´emprunte à Euripide et à Sénèque. Mais alors que la tradition théâtrale plaçait Hippolyte au devant de la scène, en 1677, Racine l´en écarte au profit de Phèdre, pour écrire la tragédie d´une femme torturée, sans doute coupable mais également frappée par la fatalité, qui lutte de toutes ses forces pour combattre une passion qui la submerge et finit par porter la mort autour d´elle - et sur elle.
    Edition d´Alain Viala. 

  • Edition enrichie (Introduction, notes, documents, chronologie et bibliographie)suivi de L'Histoire des voyages de Scarmentado et de Poème sur le désastre de Lisbonne Candide nous conte les mésaventures d'un voyageur philosophe qui affronte les horreurs de la guerre et les sanglants caprices de la Nature ; qui connaît les désillusions de l'amour et découvre les turpitudes de ses semblables, faisant à l'occasion l'expérience de leurs dangereuses fantaisies. Pourtant si l'homme est un bien méchant animal et si l'existence n'est qu'une cascade de catastrophes, est-ce une raison pour que le héros perde sa sérénité et le récit son allégresse ? Sous la forme d'une ironique fiction, Candide propose une réflexion souriante sur l'omniprésence de la déraison qui puise sa force aux sources vives d'une expérience humaine, celle de l'auteur. Candide, on l'a dit, ce sont les « Confessions » de Voltaire, et c'est en cela qu'il nous émeut.
    Mais ce « roman d'apprentissage » est aussi - et peut-être surtout - un festival merveilleusement ordonné de drôlerie et de fantaisie sarcastique, ruisselant d'un immense savoir maîtrisé qui ne dédaigne jamais de porter le rire jusqu'au sublime. C'est en cela qu'il nous éblouit et qu'il nous charme.

    Edition de Sylviane Léoni. 

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