Les Éditions XYZ

  • Elle se nomme Hélène, mais se fait appeler Joe parce qu'elle veut vivre en garçon comme Lady Oscar, son héroïne de dessins animés préférés, le capitaine de la garde rapprochée de Marie-Antoinette. Comme elle, elle aimerait vivre à une autre époque et réaliser de grands exploits, car elle a un imaginaire avide de drames. Mais elle doit se contenter de passer les journaux, puis de travailler dans une salle de bingo. Après tout, au début du roman, elle n'a que huit ans, même si elle prétend en avoir dix. Hélène a trois soeurs, un père très occupé à être malheureux et une mère compréhensive mais stricte qui ponctue ses phrases d'un «C'é toute» sans réplique. Elle vit à Limoilou, dans un quartier sillonné par de nombreux désinstitutionnalisés de Saint-Michel Archange et peuplé de gens colorés dont le plus attachant est sans nul doute Monsieur Roger, un vieil homme qui rêve de mourir. Il passe ses journées à boire de la bière, assis sur une chaise en faux cuir fleuri, mais il accourt dès qu'on a besoin de lui. Hélène et lui développent une amitié indéfectible. Le roman est traversé par une grande tendresse et rendu avec une grande vivacité. Hélène peut se rassurer: elle fait preuve d'autant d'héroïsme que Lady Oscar et sa vie est tout aussi palpitante que la sienne. La vraie aventure n'est-elle pas de vivre au quotidien?

  • Vivre, ce n'est pas obéir à ce qu'on nous enseigne, nous dit Jean Désy dans son essai. C'est plutôt travailler à préserver le lien sacré qui nous unit à la rivière, à la montagne, à la cabane au fond du bois. Rien de plus vrai que le chant d'un oiseau, que le frémissement d'une truite dans l'eau glacée, que le vent qui balaie la toundra.

  • L'immigré fait souvent face à un difficile dilemme: devenir autre ou rester lui-même. Régine Robin, française, mais aussi juive d'Europe de l'Est de par ses parents, rend compte de sa difficile intégration dans une ville qui la rebute d'entrée de jeu avant qu'elle la découvre par petits pans. Régine Robin nous livre son témoignage dans un style postmoderne qui déroute, surprend et captive le lecteur.

  • Julien, le narrateur, est médecin. Il soigne les malades avec compassion, avec attention, avec amour. À la manière ancienne qui ne se pratique plus dans le Sud où la machine bureaucratique a étouffé toute humanité. Si le bonheur existe, il loge au Nord, se convainc Julien. Tout serait parfait si Marie, sa fille, ne lui manquait pas cruellement. Dans un geste insensé, il décide de partir en motoneige chercher sa fille. L'équipée est de courte durée, l'engin heurtant de plein fouet un mélèze. Le voici seul, égaré dans un silencieux désert de glace, confronté à lui-même et luttant pour sa survie.

    Voyage initiatique et quête existentielle, Le coureur de froid a été salué par la critique comme un «roman à l'imaginaire grandiose» (Le Libraire), écrit dans «une langue souvent poétique, dépouillée d'artifices, une écriture qui fait penser à celle d'Anne Hébert» (Québec français).

  • Face-de-lune aime son père sans condition, même si ce dernier, abandonné par sa maîtresse et ex-danseuse nue, en est resté fêlé du chaudron. Rarement a-t-on vu - en fait, jamais dans notre littérature -, un roman où les relations père-fils atteignent ce niveau de fusion sans sombrer dans l'affrontement ou l'inceste.

  • Lucie Lachapelle a fait plusieurs séjours au Nunavik, où elle a enseigné en 1975. Elle en a rapporté des paysages et des personnages qui ont inspiré ces histoires nordiques en partie autobiographiques, en partie inventées.
    Dans ces histoires, les paysages de toundra et de glace sont grandioses et les personnages, plus grands que nature. Ce sont des Inuits, bien sûr: Qumaluq, le solitaire hanté par la guerre où il a perdu l'usage d'une jambe; le père de Pitaa, un chasseur qui intimide les enseignants; Akinisie, la vieille guérisseuse; Kitty, l'adolescente déjà mère; Tamusi, le séducteur des Blanches... Ce sont aussi des Blancs: Jean-Claude Mailly, le représentant de la province, paternaliste et condescendant; Kurt, le géant blanc, commis à l'aéroport, et surtout Louise, l'enseignante fascinée par le Nord et pleine de tendresse pour ses habitants.
    La rencontre de l'Autre est au coeur de ces histoires d'amour et de violence, d'adversité et de courage, où le monde nordique est décrit dans toute sa grandeur et avec tous ses malheurs. Qu'elles soient dramatiques, poétiques ou teintées d'humour, elles traitent avec une grande sensibilité des différences culturelles entre le Sud et le Nord.

  • Rose quitte précipitamment sa Gaspésie natale avec son enfant. Au coeur de l'été, elle échoue dans un quartier populaire de Montréal. Exilée de sa propre vie, elle entre peu à peu en contact avec les autres femmes de l'immeuble. Perpétue fuit son mari et tout comportement violent; Zeenat pense qu'elle est pourchassée par sa famille; Souad cache les agissements de son fils, car elle a honte; Iulia et Ludmilla sont prisonnières du passé; et Violette, la doyenne de l'immeuble, ne croyait pas retourner un jour au pays qui l'a vue naître.

    Au fil des événements, des liens se créent. Rose réalise qu'elles possèdent toutes un passé lourd de drames et, malgré tout, l'énergie et le courage de vivre.

    /> L'auteure, avec lucidité, tendresse et une approche délicate, nous parle de rédemption et de solidarité. Elle porte dans ce roman un regard sensible sur le « vivre-ensemble », une problématique brûlante d'actualité.

  • Il y a une semaine, j'ai reçu une enveloppe, poste restante. Une missive m'était adressée: Va me chercher Baby Doll. Juste ça, avec quelques phrases notées sur des morceaux de napperons de restaurant et des serviettes de table. Du Manouche tout craché.

    Mais Cartouche n'a pas le temps d'hésiter, pas le temps d'en vouloir à sa vieille amie qui la tire de la tranquillité de sa forêt. Elle ira, oui elle ira, fouiller les rues, les ruelles, les bars et les hôtels, avant que la fille de son ancienne compagne de cellule ne prenne définitivement le bord du trottoir et des aiguilles dans la peau.

    À bord de son pick-up, Cartouche partira sur les routes de Senneterre à Saskatoon à la recherche de Baby Doll. Et gare à ceux qui ne comprendront pas le message envoyé par la tête de corneille accrochée à son rétroviseur.

  • "Parfois, dans le métro, quelqu'un s'arrête plus longtemps pendant qu'il joue. Antoine sent alors que cette personne vit quelque chose de nouveau. Le temps d'une pièce, cet auditeur devient unique, même si d'autres passent autour. La musique change de niveau: plus rien de machinal, un désir presque animal de faire du bien. La plupart du temps, l'échange qui suit est pourtant assez banal... Mais il y a des exceptions.

    D'un os creux, Homo sapiens tirait une flûte. Antoine, lui, a son hautbois. Pour l'un comme pour l'autre, il s'agit de dompter les ombres sur les murs de la caverne."

  • À la suite d'un séjour dans l'aile psychiatrique d'un hôpital, trois femmes décident de partager un logement en plein coeur du quartier Hochelaga-Maisonneuve. À travers des pans de leur vie quotidienne souvent tumultueuse, on les voit évoluer, chacune à sa manière, en marge du courant qui semble emporter la société.
    Clo, l'impulsive, brasse beaucoup d'air; ses colères, tout comme ses amours, sont soudaines et excessives. Elle se débat pour réintégrer la vie de tout le monde et rêve d'ouvrir un restaurant. Lucie, qui pourrait être la grand-mère de ses deux compagnes, est aussi méticuleuse et rangée que Clo est désordonnée. Elle n'aspire qu'à renouer des fils coupés il y a longtemps. Quant à Violette, la narratrice, qui s'est liée d'amitié avec Bérénice, l'héroïne de L'avalée des avalés, elle cherche à maîtriser les rouages complexes du langage des autres. Elle arpente systématiquement son quartier et y a ses repères: le Chic Resto Pop, la biscuiterie Oscar, le Pavillon d'éducation populaire, la Cuisine collective... Mais c'est la Lune qu'elle préfère. Elle la connaît comme le fond de sa poche; façon de parler, évidemment.

  • Anne-Si a 15 ans, 4 ans, 32 ans. Mais pas nécessairement dans l'ordre, parce que sa vie nous est racontée de façon fragmentée, en plein de petits tableaux : elle mange du sable en cachette de sa mère, fait éclater, sous le poids du remords, la peinture sur la porte de la chambre de son fils, pique du linge à sa soeur, se drogue, fait le trottoir, fait la gueule, s'en sort, rechute, tombe enceinte une fois, deux fois, se balance avec Céleste, sa meilleure amie, les pieds jusqu'aux étoiles, et envoie balader le reste du monde. Anne-Si excelle pour crier et noyer ses colères, mais elle peine à chuchoter ses amours. Pourtant, elle aime. Mal peut-être, mais elle aime.Déconstruits dans le temps, ces petits tableaux aux frontières perméables se font écho et mettent en lumière la réalité sexe-drogue-maternité de cette femme qui tombe souvent et qui se relève parfois. Toujours dans le désordre.

  • Fruits

    Leblanc Carl

    «C'est le plus grand des romanciers», disait Balzac.
    Le hasard est aussi un auteur fécond. Voici quelques-uns de ses fruits: un ami qui resurgit de nulle part à point nommé, un livre qui bouleverse un voyage, un navire improbable, une tache récurrente, des yeux noirs qui nous hantent, Freud qui s'invite...
    Certaines des coïncidences racontées ici auraient, bien sûr, été retranchées d'un scénario de fiction; le producteur les aurait jugées trop peu plausibles. Mais voilà, il s'agit d'histoires vraies. Qui donc a le pouvoir de disqualifier le réel? De rejeter ses pépites? Pourquoi ne pas s'amuser? Les fruits du hasard ne demandent qu'à être cueillis. Pas besoin d'être mystique pour y goûter; ces coïncidences surviennent, voilà tout. Et ces petites aventures hors la loi des probabilités, l'auteur a voulu les raconter sans enjoliver les choses, en respectant les faits tels qu'ils se sont produits, en restituant le réel qui, il faut bien l'avouer, dépasse parfois bel et bien la fiction. À Vancouver, Ljubljana, Paris, Montréal ou Vienne, partout, tout est possible; il faut bien que, de temps en temps, l'improbable le soit aussi. Voici le best of d'un collectionneur; le roman du réel, décliné en une vingtaine de récits. Des fruits donc. Ouvrez. Lisez. Croquez.

  • Alice rentre du Sénégal où elle vient de passer plusieurs mois, et elle se remet difficilement de ce long voyage. Pour faire le deuil de sa grande histoire d'amour laissée là-bas, elle essaie d'écrire une lettre d'adieu dont les différentes versions s'empilent dans sa corbeille. Le beau Simon, son meilleur ami et voisin, essaie de survivre à son enfance. Il achète une tour en ruines qu'il devra reconstruire pierre par pierre.

    Ces deux personnages partagent des moments tissés de silences où chacun prend soin de l'autre à sa manière. Mais leur amitié comporte sa part d'ambiguïté, à laquelle ils n'échappent pas.

    C'est avec beaucoup de pudeur et de délicatesse que l'auteure évoque dans son roman des sentiments violents, comme la passion ou le deuil, qui menacent de submerger les personnages. Entre Québec et Dakar, on y rencontre des personnages vrais, sensibles, qui sont dévoilés avec tendresse, autant dans leurs silences que dans leurs mots.

  • Parce que Rosaire, celui qui l'avait pris en charge après la mort de Blanca, a été emporté par la maladie d'Alzheimer, Pierre a été placé à l'orphelinat où on le bourre de pilules et où il se fait sucer à qui mieux, mieux. Même les veaux s'en donnent à coeur joie... Quoi de plus naturel alors que de se transformer en Jésus, un christ de vrai, et de faire de faux miracles en baisant à droite et à gauche? Lorsqu'on est abusé à répétition, n'est-il pas normal d'abuser les autres? En prime, on devient la star des stars. On est adulé. Le monde entier est à nos pieds... Pierre, alias le Christ, devra marcher sur les traces de celui qu'il est censé réincarner. Mais les temps ont changé et c'est en direct, à l'émission d'Apéro, que Jesus Christ devra faire ses adieux. Et comme ça arrive souvent quand on veut faire live, les choses ne tournent pas comme elles le devraient, mais the show must go on. On multiplie donc les pauses publicitaires. On espère surtout que le christ de Pierre ne ressuscitera pas après trois jours. Il y a des limites à tout, shit! L'âge de Pierre, c'est le roman que rédige Pierre depuis l'orphelinat dont il sort un jour pour connaître un nouveau destin, qui - peut-on en douter? - est pire que le premier! La vie rêvée, quoi! L'âge de Pierre est le dernier roman de la trilogie composée de Lomer Odyssée (XYZ, 2008) et de Blanca en sainte (XYZ, 2009).

  • Le narrateur a un fils de trois ans et deux maîtresses. Il pense souvent à une ancienne amoureuse, du nom de Sophie, qui l'a quitté ou... qu'il a tuée à coups de couteau, il ne sait trop. Il a entrepris une thérapie avec une psychologue chez qui il se rend régulièrement. Il se dit fou. Lire S comme Sophie, c'est entrer dans la tête de quelqu'un qui ne sait plus distinguer la réalité du fantasme, pour qui la ligne de démarcation entre les deux est floue, sans cesse fuyante. C'est vivre cette confusion de l'intérieur et voir le délire surgir dans la réalité. Pourtant, ce narrateur semble mener une vie «normale». Il écoute de la musique, il va boire et draguer au Cheval blanc ou aux Bobards, il conduit son fils à la garderie, il assiste à un lancement de poésie au Saint-Sulpice, il écrit un roman et en discute avec son ami Richard... Mais il voit aussi un rat traverser son appartement, puis les yeux de centaines de rats tapis sous ses meubles, il voit un doigt coupé dans un verre et des coups de couteau s'enfoncer dans le dos de Sophie. Confus et pourtant lucide, sans illusions sur lui-même et sur ce qui l'entoure, il jette sur le monde un regard cynique, empreint d'humour noir, tranchant comme un scalpel ou comme le couteau avec lequel il a peut-être tué Sophie. Son état affectif est trouble, mais son intelligence est vive. S comme Sophie est un roman lyrique, troublant, beau comme un blues lancinant chanté d'une voix rauque.

  • À l'été 1955, un jeune étudiant descend du train à une petite gare qui dessert un chantier de coupe de bois, loin au nord de La Tuque. Il vient y occuper un emploi de garde forestier que son père lui a déniché pour les vacances d'été. Il passera les deux

  • Ça devait être une vertigineuse montée. Celle de l'Everest. C'est plutôt une effroyable descente dans l'enfer de la dysenterie, car le narrateur - au moment où il amorce sa montée - est terrassé par un virus. Des hauteurs célestes, il chute dans la merde

  • Pures et dures

    Voici vingt-six nouvelles, chacune ayant pour titre un prénom féminin commençant par une des vingt-six lettres de l'alphabet. Vingt-six portraits de femmes, saisis à un moment crucial de leur vie, et qui illustrent un des rapports particuliers et variés qu'elles entretiennent avec la liberté. Il y a celles qui y aspirent, celles qui en jouissent, celles qui se battent pour l'obtenir et celles qui la troquent contre un besoin plus grand de sécurité.
    Ces femmes sont de tous les âges. La plus jeune est une fillette, la plus vieille a 82 ans. Elles sont Québécoises, quelques-unes nées ailleurs, arrivées depuis plus ou moins longtemps. Il y a aussi une Polonaise et une Parisienne. Elles évoluent dans divers milieux sociaux, exercent des professions variées: couturière dans une manufacture, artiste peintre, femme au foyer, chef d'entreprise, pros-tituée de luxe, médaillée des Jeux olympiques, écri-vaine, etc.
    Jamais résignées, encore moins plaintives, elles se battent sans tenir les autres responsables de leur destin. Mais toutes réfléchissent sur leurs propres conditions d'existence et plus largement, pour quelques-unes, sur l'état du monde.
    Chacune à sa manière est une femme engagée, une pure et dure.

  • Estelle a 14 ans en 1951, lorsqu'elle tombe sous le charme de Gloria, une ex-danseuse de revue de Montréal installée pour les vacances d'été à Baie-Saint-Paul, devant la rivière du Gouffre. Rêvant d'entreprendre une carrière à Hollywood, mais pour l'instant à court d'argent, Gloria a trouvé un gîte chez Émile, qui opère sa ferme avec ses deux fils. En échange d'un toit et du couvert, elle s'est engagée à cuisiner pour la famille, secondée par son ardente admiratrice, Estelle.
    La présence de cette jeune femme superbe, indépendante et délurée, bouleversera l'existence des trois hommes et celle d'Estelle, tous amoureux de Gloria, chacun à sa façon.
    Un été de passions et de désillusions pour Estelle qui découvre la réalité du monde des adultes, ses différentes facettes, ses apparences trompeuses et ses secrets sans fin, emboîtés l'un dans l'autre comme des poupées gigognes. La Gouffre se révèle un roman émouvant et profond, au rythme captivant comme celui d'une rivière qui coule, et qui nous fait revivre l'époque où la «modernité» pointait le bout de son nez.

  • Animal

    Pascal Millet

    Les animaux sont très présents dans ce recueil de quatorze nouvelles: des chiens, des canaris, un sanglier, un hamster, un corbeau et... une mouche. Mais ce ne sont pas de gentils toutous qu'on promène au parc, ni de charmants oiseaux qu'on écoute gazouiller. On leur fait plutôt la vie dure et, le plus souvent, on les tue. On y tue même un animal, échappé d'un parc industriel, qui ressemble étrangement à un être humain. C'est qu'ils vivent dans un univers sans pitié, y compris les baleines, dont la survie est sérieusement menacée. La première nouvelle se passe au Québec et l'avant-dernière, dans une gare désaffectée qui n'appartient pas à notre espace-temps. Les autres ne sont pas précisément situées, mais l'argot dans lequel s'expriment souvent les personnages évoque la France. Cet argot leur coule dans les veines, à ces êtres paumés, démunis, souvent violents, qu'il s'agisse du jeune d'une cité qui fait cramer une voiture de la fourrière, d'un père et de son fils qui font le guet, planqués dans un arbre, ou de deux truands qui ratent leur hold-up. L'argot exprime on ne peut mieux leur désarroi et leur colère, qu'il fait vibrer, résonner, retentir. Il fallait des mots éraillés à ces personnages d'écorchés. Mais l'humour affleure aussi, çà et là, car Pascal Millet joue habilement de plusieurs registres. On le trouve dans la croyance en la réincarnation d'un Chinois en chien, dans l'aveuglement excessif d'une mère pour son fils ou dans l'attaque d'un drôle de train par des fainéants qui se prennent pour des cow-boys.

  • À travers l'écriture valsante de Sixpé Clandres, un enfant forcé à écrire par son père, le côté déstabilisant de l'acte d'écrire nous paraît soudain plus nuisible que salvateur. À la suite d'un double deuil, celui de son frère puis de sa mère, Sixpé nous

  • Dans ce roman, il y a une embaumeuse, un vrai cactus, qui pourtant dorlote ses cadavres, les traite aux petits oignons pour aider les âmes à s'élever en paix, alors qu'elle peine à retenir la sienne qui ne tient qu'à un fil ténu. Il y a aussi un clochard

  • Édith, née en France, est professeur dans une université montréalaise. Porteuse d'un lourd secret de famille, elle voit venir la retraite avec appréhension, craignant d'être emportée par le « tsunami gris » qui la plongera dans la solitude et l'abandon. Christian, l'un de ses étudiants, se montre réfractaire à son autoritarisme. Doué, il noue avec elle une relation trouble et conflictuelle. À travers un certain nombre d'expériences et de malentendus s'engage une lutte entre passé et avenir, tradition et innovation, audace et conformisme. Puis vient Étienne, homme affable et généreux, qui se montre capable de saisir le meilleur des deux mondes. Il contribue à jeter un pont entre deux générations, deux continents où chacun tente de créer son bonheur, ses défis, ses engagements. Miroir de notre époque, ce roman effectue une plongée prodigieuse dans l'univers contemporain. Et comme toujours chez la romancière, une large part est faite au désir, au rêve, à l'amour.

  • Conspiration autour d'une chanson d'amour, c'est l'histoire d'une écrivaine, Emmanuelle Archebishop, qui, après être devenue partiellement amnésique, se croit en amour avec un homme qu'elle détestait, Paris Shetland, et part à sa recherche pour le lui avouer. C'est aussi l'histoire d'un poète mort trop jeune, noyé avec son chien dans l'eau d'un lac insuffisamment gelé.

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