Les éditions de L'instant même

  • Ce florilège des textes parus sur la question du français de la Conquête à aujourd'hui présente la situation de notre langue en terre d'Amérique telle que nous la vivons et que l'ont vécu nos ancêtres. Contributions d'auteurs anciens et modernes. Texte général de Gilles Pellerin.

  • Vingt nouvelles ayant pour thème les rendez-vous manqués. Les relations familiales, amicales ou amoureuses sont exposées, dévoilées, mises à nu, pour révéler un monde d'apparences parfois trompeuses, souvent malsaines.

  • Entre 1980 et 1995, l'explosion de la production littéraire québécoise traduit la fécondité du genre bref : création de revues, de prix, de maisons d'édition et de collections réservées à la nouvelle, foisonnement critique en réaction à cette ampleur. Étonnamment, cet essor survient dans un contexte de crise politique et économique. Selon Cristina Minelle, les nouvellistes québécois ne peuvent manquer d'exprimer l'incertitude qui règne dans la société et choisissent la nouvelle, qu'ils « fragmentent pour qu'elle devienne le genre de la crise et de la déstabilisation ». Personnages tiraillés, mémoire morcelée, parcours erratiques, syntaxe elliptique, typographie aléatoire, tout se soumet au flash et à l'instantané qui accélèrent et concentrent, zooment et atomisent. En réponse à cette apparente désorganisation, l'écrivain devient le maître d'oeuvre du recueil de nouvelles, la « forme dynamique plurielle et pluridirectionnelle » d'une « cohérence » retrouvée.

  • Le parcours du masque étrusque, ses voyages entre l'Europe et l'Amérique servent de toile de fond au roman. Le rythme, irréprochable et envoûtant, guide le lecteur dans le récit d'une famille qui cherche son identité à travers un trésor venu d'ailleurs.

  • Huit nouvelles mettant en scène des personnages grotesques et complexes, pris dans un univers absurde qu'ils ne songent pas à remettre en question.
    Les nouvellesi s'enchaînent en créant des effets d'écho comme le prévoit d'ailleurs la forme musical de la fugue. Les événements se construisent volontiers à partir d'une répétition, fût-ce d'un élément en apparence insignifiant.

  • D'une saison à l'autre, de l'adolescence à la vieillesse, des moines sont hantés par une mystique personnelle qui les confond. L'un s'égare entre les enseignements de saint Benoît et ceux d'Ovide, l'autre prétend convoquer Dieu après avoir percé le secret de la musique des sphères ; un autre encore écume églises et monastères, de Tadoussac à Paris, à la recherche des reliques du Christ afin que celui-ci, une fois ressuscité, extermine les impies tel un Ulysse vengeur.

  • Personne n'a oublié Claire Martin, la romancière et mémorialiste célébrée de l'époque de « Doux-amer » et « Dans un
    gant de fer ». En publiant « Toute la vie », qui regroupe des nouvelles et des souvenirs, Claire Martin renoue avec les textes brefs, genre qui l'avait lancée, avec combien d'éclat, dans la carrière littéraire (« Avec ou sans amour »r, 1958, prix du Cercle du livre de France).
    Tout, la vigueur de la phrase, l'humour en coin, les demi-teintes avec lesquelles elle dessine personnages et situations, tout nous rappelle l'une des plus fortes personnalités de notre littérature. Surtout, des moments de sérénité, des instants de
    délicatesse, des bonheurs d'expression flottent au-dessus du texte. Une vie est ainsi donnée à traverser par le biais des
    lectures qu'une femme se remémore comme on pense aux amis les plus chers. Les mots, les phrases font les êtres, la
    lecture concourt à la vie, toute la vie.

  • Des origines à 2000, le roman québécois a enfanté des centaines de personnages parmi lesquels il s'en trouve qui auront marqué l'imaginaire. Les auteurs ont puisé dans un répertoire romanesque riche de plus d'un siècle et demi, cherchant à rendre compte de sa multiplicité et de son aptitude à raconter ce que nous sommes et ce que nous aimerions être.

  • Laissant derrière elle une famille, un amoureux et une carrière, Marianne part visiter l'Italie où elle fait la rencontre d'un homme qui la subjugue. Elle s'arrache à grand-peine de sa fascination pour rentrer à Montréal, mais après un hiver difficile Marianne retourne vers l'homme qui l'appelle. Parce qu'il vit chez sa mère, Marco ouvre la vieille maison de son enfance et c'est là que, jour après jour, heure après heure, Marianne l'attend, épiée par le village qui pourtant se dérobe à l'étrangère. Prisonnière de la solitude et de l'attente, Marianne plonge dans un état de léthargie et de dépression qui la porte au bord de l'abîme.

  • Robert Harvey propose ici la toute première
    étude portant sur les fondements imaginatifs de l'oeuvre d'Anne Hébert et les principes unificateurs de son langage. Il montre d'abord que la poétique hébertienne s'inscrit en filigrane dans les premiers écrits de l'auteure. Puis il
    entreprend une lecture approfondie du « tombeau des rois, l'oeuvre maîtresse dont les ramifications s'étendent à l'ensemble de la production d'Anne Hébert. Robert Harvey livre une interprétation éclairante de ce recueil qui se classe parmi les grandes oeuvres de la littérature universelle.

  • L'oeuvre d'Anne Hébert et son influence sur le monde littéraire francophone justifient largement la vaste quantité d'études qui lui sont consacrées. Parmi celles-ci, le travail colossal de Daniel Marcheix se démarque à plusieurs égards. S'employant d'abord à étudier les divers effets de temporalité mis en jeu au sein de l'oeuvre hébertienne, il explore les différentes relations temporelles ainsi que leurs constituantes en illustrant son propos d'exemples riches et éloquents, guidant le lecteur dans un parcours éblouissant.
    Motivé par l'intuition d'une « temporalité poreuse, profonde et dense », qui met en scène des personnages « aux prises avec le rappel incessant d'une meurtrissure première, originelle, source d'aliénation et de déréliction », Daniel Marcheix entre dans cet univers avec un respect et une admiration qui se manifestent de plusieurs façons, sa connaissance intime des textes n'étant pas la moindre. Un parcours solide, encadré par des références théoriques pertinentes, lui permet de remonter le fil de la narrativité pour faire la démonstration de ce mal d'origine, de ce passé qui hante les personnages d'Anne Hébert, les empêchant d'advenir réellement au présent du récit.

  • Tournant le dos à l'Abitibi, l'aîné de la famille Hanse prend la route des États-Unis, en quête d'avenir et de fortune. On le retrouve dans la poussière grise de la Cité des Vents, au milieu de la foule des-laissés-pour compte, de la faune des clochards prophétiques, d'où surgit Mara. C'est avec elle que Georges s'avancera dans l'un des chapitres les plus forts de l'histoire des États-Unis.
    La Cité des Vents s'ancre harmonieusement au cycle entrepris avec « L'écrivain public », ce qui en soi ouvre sur un bonheur de lecture, cependant que Pierre Yergeau réussit à doter Georges d'une voix propre. Dans la ville des gangsters, les idées crépitent. Des cabines téléphoniques semble sortir l'augure des temps modernes. Le vent souffle du Michigan. Un vent d'Amérique.

  • Le réflexion est lourde de sens, particulièrement lorsqu'elle est émise par une femme de lettres aussi respectée que Claire Martin. Souligné et récompensé à maintes reprises, son talent littéraire avait jusqu'à présent été mis au service de la fiction ; À tout propos permet enfin de mieux connaître et savourer l'esprit de cette grande dame. Fidèle à elle-même, Claire Martin aborde des sujets aussi divers que la mode et le temps qui passe, en faisant un détour du côté de la langue française et des bons mots de la marquise de Sévigné. Vif et enjoué, parfois moqueur mais toujours juste, le ton est à l'image de son auteure : irrésistible.

  • Qui ne s'est pas heurté, dans l'écriture d'un travail scolaire, d'un rapport, d'une lettre, d'un article de presse, voire d'un roman, à la délicate question du choix de la préposition après le verbe ou l'adjectif ? « Le prépositionnaire » vient résoudre cette difficulté, exemples à l'appui. L'ouvrage deviendra vite indispensable à tous ceux qui apprennent le français ou qui en font un usage quotidien en classe, au bureau, à la salle des nouvelles. Autrement dit : à tous !

  • Marie-Almande, Marien, Polycarpe, Richarde : le roman de Hans-Jürgen Greif et Guy Boivin plaît dès lors que commencent à tomber, de-ci de-là, les ahurissants prénoms d'une famille québécoise dont nous suivrons la trace d'une terre de roches à la ville, du XIXe siècle à maintenant. Génération après génération, la tribu redoute que ne se réalise la funeste prédiction d'un aïeul doté du pouvoir de prophétie : la disparition du nom.
    Cette obsession compose, de portrait en portrait, de lubie en extravagance, une image de ce que fut et reste notre société, fondamentalement inquiète de sa survie. La truculence attendue (à quels phénomènes avons-nous affaire !) est rendue dans une belle et digne sobriété de tonalité : les personnages sont drôles, mais le comique de caractère ou de situation nous en révèle l'humanité plutôt que le ridicule. Rarement voit-on pareille galerie de personnages ! S'il existe une mythologie québécoise, on la trouvera ici.

  • « Substituer l'imaginaire exaltant au réel morne ou intolérable », l'expérience est connue des lecteurs quand ils cèdent à leur plaisir familier. Or la lecture, avance Roland Bourneuf, nous réconcilie tout autant avec la « vie palpable », accomplissant ce prodige, par l'aventure d'un autre, de rapprocher l'être de lui-même ou, plus précisément, de ce qui l'attend en lui-même.
    À la succession de commentaires sur les auteurs et les livres qu'il a aimés, de son enfance à aujourd'hui, l'auteur a préféré un parcours en chassé-croisé, tel livre appelant tel épisode de sa vie, la lecture se présentant comme exercice d'intimité : de même qu'on apprend à lire, avec ou sans théories, on doit apprendre à être soi, on le devient. Ainsi referme-t-on Pierres de touche avec le sentiment d'avoir eu une bibliothèque comme demeure. Une immense bibliothèque.

  • Un narrateur anonyme entreprend la biographie d'une parfaite inconnue en espérant que, le jour où elle sera célèbre, quelqu'un se penchera sur ses modestes travaux. Ce projet n'est bien sûr qu'un prétexte pour permettre au jeune homme de se rapprocher de la jeune femme.

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