Les Éditions de l'Homme

  • D'où vient l'idée étrange que les Blancs seraient aujourd'hui, au même titre que les minorités, victimes de discriminations, voire d'un "racisme anti-Blancs" ? Fruit d'une conscience raciale blessée, cette croyance trouve ses racines dans les Etats-Unis du XVIIIe siècle. Depuis quelques années, Donald Trump l'a plus que jamais politisée avec sa promesse de restauration d'une préséance blanche perdue, confisquée par d'autres. Une telle rhétorique victimaire résonne de notre côté de l'Atlantique, où l'on parle désormais de "déclin" ou de "stigmatisation" de l'homme blanc. En dévoilant les origines de ce discours, Sylvie Laurent démontre que le "pauvre petit Blanc" est un mythe, un tour de passe-passe des élites blanches qui s'approprient la posture de l'opprimé pour préserver leur statut et leur privilège racial, vivement contestés depuis les années 1960 jusqu'à Black Lives Matter.

  • Vieillir avec panache Nouv.

    "Les p'tits vieux par-ci, les p'tites vieilles par-là... Les gens âgés ne sont pas des petits !
    Véritable cri du coeur, ce livre trottait dans la tête de Jocelyne Robert depuis un bon moment. Elle l'a écrit en pleine pandémie de COVID-19, sous l'impulsion de l'indignation. Comment pouvons-nous, collectivement, considérer les vieux et les vieilles comme une sous-catégorie plus ou moins inutile et accepter de les voir exposés à la ségrégation si ce n'est à la détestation, dans un monde du « tout lisse », du « tout instagrammable » ?
    Avec sa verve habituelle et son sens de la formule, Jocelyne Robert déboulonne un à un les clichés reliés au vieillissement. Elle nous aide à comprendre pourquoi la vieillesse nous épouvante, à modifier le regard que nous portons sur les plus âgés de notre société. Plus encore, elle leur propose de changer la perception qu'ils ont d'eux-mêmes. En bref, elle invite à réinventer cet âge de la vie et à créer un monde non pas de merveilles, mais de joie pure : un âge de toutes les libertés, de l'érotisme retrouvé, de l'instant présent, des solitudes glorieuses, des tendres et désirables visages parcheminés."

  • Voici un futur proche où l'on veille en moyenne quatre heures par jour.

    En amour, à l'école, au travail, la routine a forcément l'allure d'un sprint : faire vite, faire court, ne pas trop ramener sa fraise...
    Trois lois sacrées que Pascal Frimousse profane au quotidien.
    Professeur de français désoeuvré, il a dû se recycler. Avec 12 heures de veille, il est une perle rare. Toujours fauché, souvent libre...
    Tuer le temps, c'est son nouveau gagne-pain. Allongez 100 écus, glissez-lui le nom de votre ennemi, il se charge du reste : Frimousse est troll professionnel. Un des meilleurs.

    Vous pourrez dormir sur vos deux oreilles.

  • D'abord, la bonne nouvelle : Alléluia, la preuve de l'existence de Dieu est disponible en ligne ! Brillante, indubitable ! Oui, un Dieu créateur nous surveille et saura récompenser les Justes !

    A présent, la mauvaise: On ignore quel Dieu.
    Avec mille textes sacrés qui se contredisent l'un l'autre, comment s'y retrouver ? C'est le début d'une panique générale qui transforme la planète entière en un gigantesque cirque.
    L'Effet coccinelle raconte l'histoire de 3 démiurges punis par leur hiérarchie. Exilés sur Terre à cause d'une « preuve divine » qu'ils n'ont pas su éliminer à temps, ils cherchent à tout prix un moyen de rentrer à la Maison.

  • 1922.

    Une année à la découverte des mirages et des merveilles de la cité sélène, Célestopol.
    Une année dans les pas de ses habitants, simples visiteurs parfois célèbres comme Marie Curie ou Howard Carter, humbles ouvriers, voleur volubile, automates au coeur de cuivre ou héritier rebelle de l'empire russe.
    Car Célestopol, c'est un bout de l'âme slave, arrachée à la Terre, entre les mains d'un duc au destin défiant le temps.


    Entre hommage aux classiques de la littérature russe et kaléidoscope steampunk, Célestopol 1922 nous emporte sur la Lune pour de nouvelles histoires qui s'entrecroisent dans un chassé-croisé étourdissant sous la coupole de cette cité, véritable perle de l'Empire.

  • Grossophobie. sociologie d'une discrimination invisible Nouv.

    Depuis les années 1990, des associations, comme Allegro Fortissimo et plus récemment Gras politique, ainsi que des militantes et autrices comme Gabrielle Deydier, ont imposé un nouveau terme pour parler des discriminations liées au poids : la grossophobie. La tendance « body positive », résultat de ces mobilisations contre les normes esthétiques et pondérales dominantes, a renouvelé les problématiques propres aux mouvements féministes et queer, mettant à nouveau la question du corps au coeur des revendication des militantes dans le monde entier. Pourtant, les réseaux sociaux demeurent saturés d'« humour » grossophobe et la tyrannie de la minceur continue de sévir, générant mal-être, troubles du comportement alimentaire ou encore pratiques d'autocensure. Plus grave encore, les études chiffrées sur la grossophobie montrent qu'au-delà d'un certain poids les discriminations se systématisent. Elles ont lieu à l'embauche, au travail, mais aussi sur les applications de rencontre, dans les salles de sport, chez le médecin et même dans l'intimité, avec la famille. Avec cet ouvrage, Solenne Carof, signe une des premières études sociologiques sur la grossophobie en France. Que vivent les personnes très corpulentes dans une société comme la nôtre ? Que révèle le stigmate de gros ou de grosse des normes qui pèsent différemment sur les hommes et sur les femmes ? Quelles conséquences cette stigmatisation a-t-elle sur les personnes concernées ? Au fil de son enquête, l'autrice dévoile les rapports de pouvoir qui se nichent dans la question du poids et structurent les hiérarchies propres à notre société. Une étude décisive pour mettre en évidence l'importance d'une discrimination encore peu condamnée, tant socialement que juridiquement.

  • Le sablier

    Edith Blais

    "Un récit qui nous transporte dans un univers brutal et méconnu
    En janvier 2019, les familles d'Edith Blais et de l'Italien Luca Tacchetto lancent un appel à l'aide: les deux voyageurs ont disparu quelque part en Afrique sans laisser de traces. Entre la nouvelle de leur disparition et celle de leur libération, 15 mois s'écouleront pendant lesquels personne ne sait ce qu'il est advenu d'eux. Avec Le sablier, Edith lève le voile sur son histoire et répond aux questions que tous se posent. Qui les a détenus? Dans quelles conditions? Pour quelles raisons? Comment ont-ils survécu? Et dans quelles circonstances ont-ils retrouvé la liberté? Un témoignage de résilience magnifiquement illustré, que vien­nent soutenir des poèmes rédigés en captivité, et dont on ressort à bout de souffle."

  • Le 11 mars 2011, au large des côtes de l'île japonaise de Honshu, un séisme de magnitude 9,1, doublé d'un tsunami, provoque plusieurs explosions et la fonte de trois des six réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima Dai ichi. Dix ans après, les conséquences sociales de la gestion de l'accident sont en cause. Les nombreuses victimes, dont la vie a été profondément bouleversée par la tragédie, peinent à retrouver une vie normale. Cécile Asanuma-Brice, chercheuse au CNRS et résidente permanente au Japon, revient sur le déroulé d'un désastre qui se prolonge jusqu'à nos jours. L'ouvrage mêle témoignages et analyse scientifique des politiques d'administration de la catastrophe : refuge, incitation au retour, actions citoyennes, décontamination, répercussions sanitaires, communication du risque et résilience. Autant d'enjeux cruciaux pour une reconstruction en débat.

  • « Coup de coeur des Imaginales 2019 »
    Hugo, enfant violenté par ses parents, s'est enfui avec ses amis dans la forêt pour trouver la princesse au visage de nuit qui, selon les légendes, exauce les voeux des enfants malheureux, parfois au prix de leur vie. Après une nuit entière, Hugo ressort seul et amnésique.
    Vingt ans plus tard, Hugo apprend la mort de ses parents. De retour sur ses terres, alors qu'il se retrouve mêlé à l'enquête, d'étranges événements se produisent. De mystérieuses lueurs brillent dans les bois, les orages soufflent des prénoms dans le vent.

    La princesse au visage de nuit est un conte d'enfances brisées, d'adultes qui ont dû grandir avec leurs blessures. Parce qu'on finit par y arriver, parfois, à vivre. Et même, peut-être, à être heureux.

  • " Ève a mis le monde de la mode en feu!
    RUPAUL

    Égérie de Jean-Paul Gaultier, Ève Salvail, l'icône de beauté à la tête rasée et
    tatouée, a défilé pour de prestigieux créateurs de mode, dont Versace, Lacroix,
    Lagerfeld et Mugler, fait la une de grands magazines, de même que des apparitions
    remarquées au cinéma.
    J'ai tout de suite compris, en voyant Ève la première fois,
    qu'elle allait réinventer le style des mannequins de cette époque.
    CINDY CRAWFORD

    Dès ses premiers pas sur les podiums, elle a su se distinguer par son anticonformisme
    et son originalité. Dans Sois toi et t'es belle, Ève nous entraîne à sa suite dans l'univers outrancier et féroce de la haute couture, peuplé bien sûr de célébrités, où s'imposent successivement la petite fille de Matane, la punk, la drag queen, celle qui sait être belle et se taire et l'adulte en quête d'authenticité.

    Ève est arrivée dans le paysage non pas comme une bombe, mais avec la douceur acérée de la modernité, une petite fée certes, mais sans mièvrerie. [...] Une allure juste, une complexité, celle de l'époque, qu'elle contient dans ses astres, une attitude
    à la fois mordante et fière, attentionnée et curieuse.
    CHRISTIAN LACROIX

    Ce livre réunit les moments marquants de la vie d'une top model, qui a appris à la dure à demeurer elle-même et à ne laisser personne museler ses rêves."

  • En 2007, une polémique secoue le monde du jeu vidéo : Resident Evil 5, nouvel épisode d'une série mondialement connue, est accusé de racisme ! La bande-annonce du jeu met en scène le héros, un soldat blanc nommé Chris Redfield, dans une petite ville d'Afrique indéterminée. Chargé d'enquêter sur les agissements d'une corporation soupçonnée de produire un virus mutagène, il est soudain assailli par une horde de zombies, tous noirs. Il se met à les abattre à la chaîne. Certains dénoncent ces images, d'autres relativisent la violence. Face aux polémiques, comment l'industrie du jeu vidéo pense-t-elle la diversité ? Dans cet ouvrage, Mehdi Derfoufi, joueur et chercheur, interroge le rôle des stéréotypes de race et de genre dans la fabrique des jeux vidéos. Alternant l'analyse politique et la critique culturelle, il réfléchit aux conditions qui permettent aux productions alternatives de voir le jour - notamment dans les pays du Sud. Une nouvelle culture vidéoludique émerge, polycentrique et multiculturelle. Contre l'hégémonie, la riposte s'organise.

  • La youtubeuse Victoria Charlton, connue pour ses vidéos consacrées au True Crime, nous entraîne sur la piste des 15 disparitions les plus énigmatiques des 100 dernières années, de la France aux États-Unis, en passant par le Québec. Reconstitution des faits, décryptage des éléments de l'enquête, anecdotes de recherche et théories personnelles: Victoria propose des récits haletants, empreints de suspense et d'émotions. Qui sait, peut-être avez-vous déjà croisé Johnny, Timmothy, Laureen ou Diane? Une chose est sûre: après avoir refermé ce livre, vous penserez toujours à garder l'oeil ouvert. Parce que toute personne disparue mérite d'être retrouvée.

  • Que passe l'hiver sur la Clairière
    Aux étranges trouées sombres,
    À la magie puissante et aux mystères sans fin,
    Aux dieux, aux hommes si cruels.
    Que passe l'hiver sur un roi
    Mi-dieu mi-homme, au destin funeste ;
    Sur celui qui devina la mort de ses terres,
    Ne put s'y résoudre.
    Que passe l'hiver, oui.
    Mais qu'en restent les souvenirs.

    À la croisée de l'ode initiatique et du huis-clos, Que passe l'hiver raconte le destin d'un jeune homme au pied bot et d'un roi aux longs bois de cerf, pris dans le maelstrm d'un monde qui se meurt, peut-être...

  • Décembre 1888. Alors que le bon peuple de Paris s'interroge sur cette tour que l'impérieux Gustave Eiffel fait édifier à grands frais, d'étranges rumeurs circulent dans les faubourgs de la capitale : les morts parlent !
    Interpellé par la presse à ce sujet, le préfet de police M. Henry Lozé tourne en ridicule « les plaisanteries de quelques coquins ». Ainsi parle-t-il devant le beau monde, sous les feux électriques du parvis de l'Opéra Garnier. Mais, depuis l'ombre de ses cabinets, l'homme lance sur cette affaire les plus fins limiers de la République. Pendant ce temps, l'Académie des sciences en appelle à ses éminents savants pour que la pensée rationnelle, une fois pour toutes, triomphe des ténèbres de l'obscurantisme.


  • L'événement Fantasy : Découvrez sans plus attendre le premier tome de L'Appel des Illustres.

    Le destin des ducs Spadelpietra est assuré. Inexorable. Une ascension déterminée vers le pouvoir, vers la couronne, vers la place qui leur revient de droit à l'avant-garde du monde. Ils sont les pacificateurs, les bâtisseurs, les gouverneurs de Slasie. Ils sont les Illustres.
    Mais les nomades Austrois y font à peine attention. Leur monde n'est fait que de théâtre, de musique, d'art et d'inventions dont ils gardent jalousement les secrets. Leur vie est une routine maîtrisée, à l'image de leurs automates.
    Et pourtant, un tout petit hasard vient gripper la mécanique de l'histoire. Trois fois rien. Une toile découverte par les Spadelpietra qui catapulte son peintre, le jeune Mical, dans une longue fuite... Et pousse le pays, son peuple, ses nobles et ses artistes dans les premiers vents de la plus grande tourmente de leur histoire.

  • Dans la foulée de la révolution iranienne, et avec notamment les attentats du 11 septembre 2001, un vaste mouvement témoigne dans le monde entier de logiques de violence qui en premier lieu mettent en avant la religion musulmane. Aux États-Unis, au Royaume-Uni et ailleurs, les chercheurs, les responsables politiques, les think tanks, les agences de sécurité et les médias se sont massivement emparés du phénomène qu'ils qualifient de radicalisation afin de l'analyser et le comprendre. En France, et pour des raisons idéologiques, la notion de radicalisation est mise de côté. Pourtant, les problèmes qu'elle recouvre sont vastes et nombreux : il était urgent d'en analyser les ressorts. Qui se radicalise, comment, pour quelle raison ? Quels rôles jouent l'idéologie, le contexte politique, la situation sociale, la religion elle-même pour les individus qui s'engagent dans des processus aboutissant à des attitudes où se conjuguent inflexibilité, désir et pratique d'une violence sans limites, dans une guerre totale contre la société ? Farhad Khosrokhavar était le mieux préparé par ses recherches pour suivre les méandres les plus récents de l'islam radical. Il nous apporte des connaissances souvent étonnantes et une analyse approfondie de la radicalisation jihadiste en Europe et dans le monde arabe. Il nous propose aussi un éclairage particulièrement saisissant des processus se traduisant par exemple par l'afflux de jeunes Européens vers la Syrie.

  • Simon ne va pas bien. D'ailleurs, depuis qu'il s'est mis à vouloir manger de l'humain, les choses ne tournent pas bien rond dans sa tête.
    Face à une société qui les traite, lui et ses congénères, comme des zombies, il fait de son mieux pour garder sa dignité, s'occuper de sa famille et être professionnel au bureau.
    Mais comment rester soi-même quand la faim frappe à la porte avec autant de délicatesse qu'un tank sur un champ de mines ?
    Contraint à gérer son état parasite en maintenant l'illusion de la routine, il décide d'en faire une histoire de famille.

    Et vous savez ce qu'on dit sur les histoires de famille ? C'est toujours un sacré bordel.

  • Nos traversées

    ,

    lu par Marie Sanson; Benoit Roberge

    Une histoire d'amour à distance entre elle et lui. Une série d'allers-retours entre Montréal et Paris. Voici la base de ce livre. Le reste est tout aussi imprévisible que réjouissant. Des trésors de l'hiver québécois au versant caché de la butte Montmartre, de l'influence de Napoléon à celle de Céline Dion, le couple se retrouve et se raconte. Découvrez le coeur de ces deux villes comme si vous y aviez toujours vécu! Plongez dans ce charmant carnet et laissez-vous inspirer par l'aventure. Parce que les départs se nourrissent d'espoir et que l'amour aura toujours le dernier mot.

  • Sadie

    Courtney Summers

    Dans la petite ville de Cold Creek, Sadie, 19 ans, ne peut compter que sur elle-même pour élever Mattie, 13 ans. Abandonnées par leur mère toxicomane, les deux soeurs font de leur mieux pour garder la tête hors de l'eau. Le monde de l'aînée s'écroule quand Mattie est sauvagement assassinée.

    La police n'a aucune piste sérieuse. Sadie, elle, est convaincue de connaître l'identité du tueur. Partie sur les traces de celui dont elle a juré de se venger, elle disparaît à son tour. Fasciné par l'histoire des deux jeunes filles, West McCray suit l'affaire dans une série de podcasts. Déterminé à faire la lumière sur cette tragédie, il s'emploie aussi à retrouver Sadie avant qu'il ne soit trop tard.

  • Morz est la terre la plus au Nord du monde. Des siècles plus tôt, la neige a cessé de tomber et la glace a fondu, devenue une boue informe et immonde.
    Il y a une ombre dans l'Est de Morz ; celle de Noir, un esprit maléfique prêt à tout pour provo-quer la ruine du royaume.
    Sur ses talons court le Second, un guerrier prodigieux, plus cruel et féroce que tous les séides gravitant autour d'eux.
    Il y a un enfant sur le trône de Morz : on attend de lui la ferveur de ses ancêtres pour maintenir le royaume dans la Lumière.
    Mais le prince Jaroslav doute de sa place, de son pouvoir et ne souhaite qu'une seule chose : vivre en paix.
    Et dans le Nord, près des montagnes, ourdissent les sorcières, vengeresses, dévorées par le rêve incertain de refaire un jour tomber la neige sur leur monde déchu.

  • À l'heure où l'Amazonie connaît une crise majeure affectant la planète dans son ensemble, il est indispensable de (re)lire ce classique de l'anthropologie de la nature, qui a fait l'objet d'un nouveau travail éditorial et propose une préface inédite. Isolés dans la forêt du haut Amazone, les Jivaro Achuar d'Amazonie équatorienne domestiquent dans l'imaginaire un monde sauvage qu'ils ont peu transformé. En peuplant la jungle, les rivières et les jardins de parents animaux et végétaux qu'il faut séduire, contraindre ou cajoler, cette ethnie guerrière donne à la nature toutes les apparences de la société. À partir d'une ethnographie minutieuse de l'économie domestique, l'auteur montre que cette écologie symbolique n'est pas réductible à un reflet illusoire de la réalité, car elle influence les choix techniques des Achuar et, sans doute même, leur devenir historique.

  • Les beautés arbitraires ont une histoire qui précède la question esthétique du beau et la dépasse. Fortes d'un je ne sais quoi qui les fonde à l'écart des systèmes théoriques, elles renversent au XVIIIe siècle la construction sociale du goût. Il se peut que cette conquête soit le plus grand effort de la pensée moderne. Distinguer, du point de vue de l'histoire de l'art, ce que recouvre la notion d'arbitraire, telle est la vaste énigme dénouée dans ce livre. La reconnaissance des beautés arbitraires se heurte à l'absolu d'un modèle antique qu'il est temps de contredire à l'époque moderne. Car il n'est rien de fixe, ni d'immuable dans l'arbitraire de la beauté, tout entier laissé à l'imagination du peintre, du poète, de l'architecte ou du musicien... Beauté chimérique opposée à la beauté véritable, elle revêt soudain valeur de rareté et de distinction et se transforme en beauté nécessaire, liée à l'invention de formes nouvelles qui peuvent plaire et toucher universellement. Entre caprice et convention, non-sens et vraisemblance, raison et sentiment, beautés essentielles et arbitraires échangent leurs rôles pour représenter différemment le monde et ses figures.

  • Avec la loi de séparation des Églises et de l'État (1905) et son inscription dans la Constitution (1946 et 1958), la laïcité apparaît comme une référence importante en France. Depuis le début du xxie siècle, elle est de plus en plus invoquée, et une très grande majorité de Français affirment qu'ils y sont « attachés ». La plus grande confusion règne pourtant sur le sens de ce terme. De plus, hier valeur essentielle de la gauche, elle est de plus en plus omniprésente dans le discours politique de la droite et de l'extrême droite. En fait, nous explique Jean Baubérot, il n'existe pas de « modèle français » unique de laïcité mais des visions divergentes qui s'affrontent dans un rapport de forces toujours évolutif. Ainsi le contenu de la loi de 1905 a représenté un enjeu entre quatre conceptions différentes de la laïcité. Celles-ci ont subsisté en s'adaptant, alors que trois « nouvelles laïcités » ont apparu. Ces sept laïcités, l'auteur nous les décrit en les qualifiant : laïcité antireligieuse, laïcité gallicane, laïcité séparatiste stricte, laïcité séparatiste inclusive, laïcité ouverte, laïcité identitaire et laïcité concordataire. Pour finir, Jean Baubérot expose les mutations de la laïcité depuis la fin du xixe siècle et propose des hypothèses sur son devenir.

  • Sur quoi repose le succès d'un artiste en dehors de son pays d'origine ? Les attentes d'un public étranger orientent-elles la réception d'une oeuvre, parfois au prix d'une déformation de son sens initial ? Le « malentendu productif » a pu servir à expliquer les modifications que connaît la compréhension d'une production artistique selon le contexte national qui l'accueille. Ce phénomène expliquerait-il le succès de Robert Delaunay en Allemagne avant la Première Guerre mondiale ? Le peintre orphiste y est l'un des artistes les plus célèbres, dans un contexte pourtant marqué par de fortes tensions nationalistes. Au cours de l'année 1913, avec l'aide du galeriste et directeur de revue Herwarth Walden, il expose et voyage à deux reprises à Berlin. Ses oeuvres y suscitent l'engouement particulier de trois artistes expressionnistes aux trajectoires très différentes, et dont les travaux semblent à première vue très éloignés de ceux du Français : les peintres Ludwig Meidner et Lyonel Feininger, et l'architecte Bruno Taut. Ce livre retrace en détail ce qui a été alors lu et vu de l'oeuvre de Delaunay dans la capitale allemande. À travers l'étude de la réception critique du peintre français par trois figures majeures de la scène artistique berlinoise, l'auteur revient sur l'idée que le contexte culturel national entraverait la compréhension d'une oeuvre ou en influencerait systématiquement les interprétations. Sophie Goetzmann dépasse ici les préjugés nationaux qui nourrissent les débats esthétiques au début du XXe siècle et continuent d'imprégner aujourd'hui encore l'histoire de l'art. C'est ainsi qu'elle nous révèle les liens inattendus qui unissent, par-delà les frontières, les avant-gardes désignées sous les termes d'orphisme et d'expressionnisme.

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