QUAE

  • Douze grands témoins, scientifiques renommés de six disciplines (anthropologie, biologie, géographie, linguistique, philosophie, physique) ont répondu, lors d'une série de séminaires, à la question renouvelée aujourd'hui de la relation entre modélisation et interdisciplinarité telle qu'elle s'est présentée dans leur démarche de recherche. Cet ouvrage qui en est issu, original par sa forme directe du discours, en fournit au lecteur quelques clés.

  • Bien que l'expression, apparue dans les années 1980, soit passée dans le vocabulaire courant, le développement durable reste une notion paradoxale, aux contours flous et largement controversée. Cependant, la nécessité de l'introduire aujourd'hui dans un ensemble de dispositifs et de cadres normatifs publics et privés suscite une demande croissante d'évaluation des actions et des mesures prises ; c'est ce que les auteurs de cet ouvrage ont tenté de réaliser ici à partir de trois démarches. La première consiste à définir un contenu propre au développement durable : quelle est sa spécificité, quel rapport entretient-il avec la croissance et la pauvreté, se situe-t-il sur du long terme ? La deuxième démarche l'appréhende comme un contenant, à savoir un ensemble de problématiques (biodiversité, changement climatique...) auxquelles il convient de répondre si l'on veut assurer la durabilité des dynamiques socioéconomiques et écologiques. La troisième est une démarche dite procédurale : on ne sait pas très bien définir a priori le développement durable, les principes et procédures de décision mis en oeuvre (principe de précaution, principe de participation, etc.) nous mettront donc sur sa trajectoire.
    Cet ouvrage, destiné aux chercheurs et aux décideurs, rassemble des contributions qui analysent à partir de ces approches les différentes conceptions de l'évaluation de la durabilité.


  • À partir d'une expérience concrète d'étude de la pêche artisanale au Sénégal, l'auteur montre que le rôle de la statistique doit parfois dépasser celui de la seule application. Dans le contexte de programmes de recherche finalisés, quand les observations résultent d'une confrontation avec la réalité, leur restitution peut ne plus être en relation claire avec la ou les questions initialement posées. Le statisticien doit alors s'impliquer.

  • Il est des chercheurs dont les intuitions et les impulsions sont à prolonger et qui permettent de se tourner résolument vers l'avenir pour innover et produire de nouvelles formes et de nouveaux objets de recherche. Il en est ainsi de Jean-Pierre Deffontaines, à la fois chercheur, géoagronome et sculpteur, qui a laissé une oeuvre multiforme et dont la vision intégratrice du territoire permet aujourd'hui d'en éclairer les évolutions. Ceux qui ont suivi avec lui des chemins détournés, exploré des voies innovantes, traversé de multiples champs, savent le potentiel de création que son oeuvre recèle ; nous vous invitons à la découvrir en trois temps. Le premier temps explore les fondements théoriques et méthodologiques d'une géoagronomie qui s'inscrit dans l'espace sans perdre son ancrage technique, apporte un regard sur le paysage, tour à tour sensible et interprétatif, se projette dans le futur, en intégrant la dimension agricole dans les différents enjeux du territoire. Le deuxième temps décrypte et dévoile ses pratiques de recherche : démarches en partenariat et pluridisciplinaires, échanges dans des dispositifs de formation et de communication. Le troisième temps nous entraîne sur divers chemins explorés avec un berger, des enfants ou les habitants d'un village. Ces formes matérielles ou idéelles qu'il faisait vivre dans ses sculptures ou dans ses croquis paysagers, deviennent autant de points d'amer pour se repérer dans la géographie complexe des paysages. S'appuyant sur un parcours d'agronome, ce livre s'adresse à un public francophone international de scientifiques, enseignants et étudiants, professionnels de l'agriculture et acteurs des collectivités territoriales.

  • Persuadés que nous vivons aujourd'hui une période de transition écologique, les éditeurs de cet ouvrage sont partis en quête des signes d'émergence de nouveaux rapports à la nature « éco- conscients » qui sont encore balbutiants. Et surtout peu connus. Ils ont choisi de le faire dans les campagnes : n'est-ce pas là que se trouvent les ressources naturelles les plus présentes et que la question des usages qu'en font les habitants est la plus pertinente ? Aussi, par une démarche qui rompt avec les abondantes études rurales et les plus récents travaux de prospective, ont-ils rassemblé dix études de cas, diverses mais significatives, demandant aux auteurs de repérer des comportements individuels et collectifs qui, en s'écartant de l'équivalence faite communément entre campagne, paysage et belle et bonne nature, sont des indices d'une évolution de la manière de penser et de pratiquer, c'est-à-dire d'habiter la nature dans les campagnes aujourd'hui.
    Ces études de cas révèlent des initiatives individuelles, associatives et institutionnelles, témoignant de la prise de conscience qu'il faut reconsidérer les rapports de la société à la nature. Initiatives, à la vérité, peu nombreuses, disséminées et souvent mal coordonnées par manque de dispositifs démocratiques, qui relèvent pourtant des biens communs !
    Destiné à la collectivité scientifique, cet ouvrage devrait aussi intéresser les décideurs agricoles, industriels, politiques, associatifs qui sont acteurs dans cette transition écologique.

  • Dans certaines régions en France, il existe un feu maîtrisé par des hommes qui joue un rôle économique, social et écologique : le feu pastoral. C'est dans le sud de la Lozère que l'auteur a choisi d'étudier les pratiques et les savoirs du feu des éleveurs cévenols, qui représentent un outil indispensable pour entretenir les pâturages.L'originalité de ce travail tient à l'approche interdisciplinaire centrée sur l'ethnoécologie, d'une thématique, l'utilisation du feu par des éleveurs en France, pour lesquels il existe peu de références en sciences sociales. Un tel ouvrage est particulièrement d'actualité : il s'intéresse tout d'abord à la question de la reconnaissance des savoirs locaux et à leur rôle dans la gestion de la biodiversité dans un espace protégé français. Il étudie également la relation entre les éleveurs et les autres acteurs locaux autour d'une pratique, le feu pastoral. Enfin, il apporte une réflexion et des pistes sur l'utilité d'une telle pratique dans le domaine de la défense de la forêt contre les incendies et de la gestion d'un espace protégé.
    Cet ouvrage s'adresse à un public spécialisé (chercheurs, éleveurs, professionnels tels que gestionnaires d'espaces protégés, acteurs de la prévention et de la lutte contre les incendies, acteurs de l'environnement en général, politiques) et grand public (habitants des Cévennes, visiteurs du Parc national des Cévennes) concerné par les incendies de forêts estivaux et par la gestion des espaces naturels.

  • Les observatoires hommes-milieux permettent d'éclairer les enjeux actuels liés au changement global et à la mondialisation des activités humaines, particulièrement ceux touchant à la biodiversité, à la vulnérabilité des milieux et des territoires, aux incidences sur les ressources et à la santé des populations. Issus de diverses disciplines scientifiques, cet ouvrage apporte un libre point de vue sur le thème « Penser l'observation et la recherche sur les interactions hommes-milieux ».

  • La place qu'occupe la modélisation aujourd'hui dans les sciences et dans les techniques est-elle usurpée ? Les mathématiques, sur lesquelles reposent les modèles qu'élaborent les ingénieurs, sont-elles garantes d'une représentation utile et bénéfique de la réalité ? À quelles économies sont destinées les modélisations ? Pour quelles décisions ? Ce sont quelques-unes des questions sur la modélisation, tant dans sa nature cognitive que dans ses enjeux sociaux, que cet ouvrage aborde.

  • Les politiques des villes seront-elles modifiées par le développement durable ? À son tour, le développement durable introduit-il une innovation scientifique ? Chercheurs et praticiens de disciplines variées tentent à partir de leur expérience de répondre à cette question « Qu'est-ce que la ville durable ? » sans en éviter les complexes contradictions. Public : scientifiques, ingénieurs, urbanistes et architectes, décideurs, mais aussi enseignants et étudiants du supérieur.

  • Quelle place est laissée à l'esthétique dans l'aménagement des villes ? Comment les experts du paysage et de l'aménagement urbain prennent-ils en compte les besoins et les goûts des habitants dans l'environnement quotidien ? Peut-on échapper à une vision purement élitiste du concept de beau ? En réponse à ces questions, l'auteur prône l'engagement esthétique.S'appuyant sur des penseurs classiques, mais aussi sur les réflexions d'artistes contemporains, elle interroge les relations de divers éléments vivants du quotidien urbain (animaux, plantes et jardins, mais aussi l'air) et les jugements préétablis portés sur le ressenti des odeurs, des lumières, des formes et des couleurs. Ainsi cet essai donne-t-il des éléments à l'habitant pour s'approprier sa place d'être vivant multisensoriel en ville dans l'optique d'une démocratie de proximité.Cet ouvrage intéressera tout particulièrement les chercheurs en sciences sociales, les enseignants et étudiants du supérieur, les urbanistes et les architectes, les paysagistes et les artistes, les décideurs, mais aussi le grand public.

  • En deux siècles, les rivières traversant les villes européennes sont passées de réceptacle de tous leurs rejets à un milieu aquatique vivant, à préserver et à intégrer à la ville. Pour autant, ce retournement de perspective s'est produit alors que l'urbanisation et l'industrialisation conjointe des villes depuis le XIXe siècle avaient entraîné le sacrifice de leurs rivières. Les quatre métropoles de Bruxelles, Berlin, Milan et Paris ont été choisies car situées sur des rivières ayant un débit faible, voire très faible. Elles ont généré pendant longtemps des pressions telles que le fonctionnement des rivières s'en est trouvé modifié, au point de compromettre la préservation de leurs fonctionnalités.
    Avec un regard interdisciplinaire - entre écologie, hydrologie et sciences sociales -les auteurs reconstruisent ici la connaissance qu'ont eue les sociétés du fonctionnement de ces rivières, décrivent les techniques de surveillance des cours d'eau et énumèrent les actions menées pour améliorer leur état. Puis ils évaluent l'efficacité des réponses apportées, à travers l'évolution de l'état des rivières et de leurs populations piscicoles, utilisées ici comme traceur des pressions exercées et des réponses du milieu aquatique.
    Ces études de cas illustrent la diversité des trajectoires des couples ville-rivière et l'absence de causalité entre la connaissance de la qualité des cours d'eau, leur surveillance et les décisions prises. Elles révèlent l'importance des choix politiques pour ces quatre villes - indépendamment des moyens financiers et techniques disponibles - et fournissent un retour d'expérience pour les très grandes villes du monde qui se retrouvent, un siècle plus tard, confrontées aux mêmes défis.

  • Provocateur, visionnaire, pédagogue : tels sont les principaux traits de la personnalité de Jacques Weber qui se dégagent de cet ouvrage à travers une douzaine d'articles de l'auteur et leur relecture par des confrères et disciples, d'horizons fort divers, enrichis de témoignages sur la contribution de ce passeur de frontières.
    Depuis ses travaux sur l'économie des pêches et du développement, Jacques Weber n'a eu de cesse d'examiner les contextes locaux et de montrer les décalages entre les pratiques de gestion des écosystèmes et le « prêt à penser », qu'il soit académique ou promu par les bailleurs de fonds. Sa réflexion sur les modes d'appropriation de la nature pour questionner la gestion des ressources renouvelables a nourri des échanges fructueux avec d'autres conceptions des relations homme-nature. Ses contributions sur le rôle des modèles, méthodes et outils ont ouvert la voie à des démarches de recherche innovantes. Enfin, par ses interrogations sur la valeur de la nature et la nature des valeurs, il a illustré l'intérêt de s'intéresser aux multiples systèmes de valeurs liés aux rôles de la biodiversité.
    Cet ouvrage s'adresse à tous ceux qui ont eu l'honneur et le bonheur de cheminer avec lui depuis plus de quarante ans, mais aussi à un public large soucieux du devenir de notre planète et désireux d'avoir un éclairage sur les grandes questions du XXIe siècle, de la lutte contre la pauvreté aux valeurs de la biodiversité.

  • Voilà maintenant un demi-siècle que l'environnement a émergé comme enjeu scientifique, politique et sociétal. Face aux défis actuels, il importe de comprendre ce qui s'est passé au cours de ces décennies décisives, de revenir sur les progrès ou les échecs - sur ce qui a ou n'a pas « fonctionné ». C'est ce à quoi s'attache cet ouvrage, qui ambitionne, en outre, de dessiner quelques perspectives pour le futur.
    Il ne s'agit pas de dresser un bilan écologique de ces cinq dernières décennies, ni de rappeler les événements qui les ont marquées, mais plutôt d'aborder ces années de l'intérieur, à travers le prisme particulier des relations entre science, politique et société - à l'interface entre le mouvement des idées, l'avancée des connaissances et l'action publique.
    De ce demi-siècle, peu de témoins sont aussi précieux que Jacques Theys. Depuis les années 1970, il a en effet occupé une place privilégiée de « passeur de frontières » entre science et politique, se partageant entre enseignement universitaire, responsabilités dans l'administration ou la prospective, et engagement dans la société civile.
    Même s'il ne s'y limite pas, l'ouvrage conçu en son honneur peut aussi se lire comme une synthèse des réflexions souvent à l'avant-garde qui furent les siennes. À travers la multiplicité des analyses réunies ici, c'est un regard sans équivalent sur l'évolution des politiques de l'environnement, leurs relations à la science, l'information ou la démocratie, la place de la prospective comme « intelligence du temps », ou l'avenir du développement durable qui est proposé.

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