Editions L'Harmattan

  • A lire Alexandre Pouchkine on a l'impression qu'il pense en vers tant sa poésie coule de façon limpide. Quand il commence à écrire Eugène Onéguine, le poète a laissé derrière lui sa période romantique. Le ton est libre, tour à tour grave, mélancolique, empreint d'humour. Pouchkine porte un regard pénétrant, voire caustique, sur les castes dirigeantes et nous dépeint le petit peuple, le monde du théâtre et de la littérature. Si son héros donne son nom au roman, c'est avec amour que Pouchkine trace le portrait de Tatiana, jeune femme aux hautes aspirations morales, sensible et cultivée.

  • La Demande d'emploi est une des pièces les plus représentatives d'un théâtre dit du quotidien et de l'oeuvre de Michel Vinaver. Yoland Simon nous en propose ici une lecture approfondie et originale. Loin des analyses traditionnelles ordonnées autour de notions reconnues, comme l'action ou les personnages, l'auteur focalise sa recherche sur les conflits et les oppositions qui éclairent parfaitement les riches et multiples variations de la dramaturgie vinavérienne. C'est l'ensemble de ce travail, lui écrit Michel Vinaver, qui m'excite, me surprend, et me paraît exemplaire en tant que regard actif, productif, sur un texte.

  • Bien que loué par Jankelevitch et Sartre, "l'être et le code" se vit opposer dès sa parution en 1973 un mutisme hargneux de la nouvelle intelligentsia soixante-huitarde. Aujourd'hui réédité, "l'être et le code" raconte une histoire de France inédite qui fait apparaître les refondations politiques méconnues et leurs enjeux spirituels ignorés. Rechercher le sens de l'histoire, passer de l'univers du vieux monde à celui de la praxis.

  • "On ne naît pas femme, on le devient" disait Simone de Beauvoir. Peut-on prétendre : "On ne naît pas Juif, on le devient". C'est ce qu'on tente d'élucider Charles Dobzynski dans ce singulier roman en vers. La judéité est multiple. Elle se manifeste aussi dans un dialogue impertinent avec un "Dieu sans confession" que galvanise l'irruption de l'humour.

  • La Comtesse Anna de Noailles (1876-1933) a été l'une des figures les plus marquantes du monde littéraire du début du XXème siècle. A la fois aristocrate séduisante et femme de lettres incontournable, elle fascinait ses pairs par son génie poétique, incarnant une sorte d'icône féminine. Sa mort l'a pourtant plongée dans l'oubli. Nous la redécouvrons aujourd'hui avec cette première édition de Passions et Vanités, recueil de trois chroniques parues dans la revue Vogue en 1926 et de deux textes lyriques datant de 1912 et 1913.

  • Inclassable et dérangeant, Miracle de Jean Genet n'est pas un ovni. C'est une exégèse sans les murs, sans l'académisme universitaire habituel. C'est un long poème écrit par une captive amoureuse aussi déjantée qu'érudite ; c'est une bombe littéraire sans retardement, tout comme on a parlé de la « bombe Genet » (Jean Cocteau) au sujet de l'auteur de Miracle de la rose. Le Miracle de Jean Genet, c'est celui de la poésie qui pulvérise tous les paradigmes éculés, fait voler en éclats les flicages quels qu'ils soient, y compris ceux de la pensée.

  • Est-il possible de créer un nouvel internationalisme, sous la bannière du féminisme et de l'écologie ? La quête d'identité et de différence peut-elle être une plate-forme de résistance à la violence de la mondialisation de l'économie ? Deux femmes, confrontées aux mêmes questions fondamentales sur le sort des générations futures et de la survie de notre planète, l'une avec le regard venant du Sud, l'autre vivant " au coeur de la bête " dans le Nord, se démarquent radicalement de la pensée unique.

  • Cette étude historique (publiée initialement en 1979) des épidémies est accompagnée de la description de leurs symptômes par deux médecins réanimateurs. Elle permet de revivre les difficultés que les pays doivent affronter pour se maintenir. Lors des guerres, les épidémies font souvent plus de morts que les armes. Les foyers d'origine des virus sont historiquement connus : choléra du Bengale, variole d'Éthiopie, peste de Malaisie et de Mongolie, lèpre de Perse et sarrasine. Il apparaît qu'une épidémie peut en chasser une autre : la peste fait disparaître la variole et la fièvre jaune par exemple. Les découvertes médicales ont identifié les agents vecteurs et trouvé des remèdes : en 1820, le paludisme transmis par le moustique ; en 1894, la peste transmise par la puce du rat ; en 1908, le typhus transmis par le pou ; et en 1914, le vaccin contre la typhoïde.

  • Ce livre en 2 tomes met au jour pour la première fois, l'essentiel des "Écrits de Jean Moulin" lui-même, puisque seul avait paru, posthume et préfacé par le Général de Gaulle, "Premier combat", en 1947 aux éditions de Minuit. Le Tome 1 rassemble les écrits de l'homme privé et du haut fonctionnaire. Le Tome 2 réunit l'essentiel des textes rédigés par Jean Moulin - ou adressés à lui par le général de Gaulle et ses conseillers - concernant la Résistance, textes aujourd'hui rassemblés et présentés par François Berriot.

  • L'histoire singulière de la Confédération générale des vignerons est étroitement liée à celle des bouleversements subis entre 1907 et la fin du XXe siècle par une société viticole languedocienne ramenée à partir des années 1970 au rang de groupe social minoritaire dans la nouvelle société polymorphe du Languedoc actuel. Une grande partie des notables viticulteurs et de la masse des vignerons travaillant dans « le plus grand vignoble du monde » s'est vue obligée de quitter ses terres et de changer de métier et de société. Cette contribution, qui sur le plan universitaire avait pour ambition d'enrichir les apports de l'historiographie existante, est aussi un hommage à tous ces vignerons languedociens, à leur famille, et à leurs souffrances.

  • Cette bande dessinée a été réalisée à partir de la trilogie Deux beaux salauds, Le Quercy martyrisé et Le dénouement, romans historiques parus chez L'Harmattan, consacrés à la résistance dans le Quercy et aux exactions de la division Das Reich. Tous les faits, même les plus cruels, sont rigoureusement exacts et résultent de nombreux témoignages.

  • Suivre Pauline

    Sidney Cohen

    "« Comment suivre Pauline ? Suivre se dit d'un médecin pour son patient. Mais avec Pauline, la suivre, cela voulait dire courir derrière elle ou s'accrocher à sa roue pour rester en sa compagnie, ne pas être lâché ni la lâcher sur le long parcours, frénétique, chaotique, à donner parfois le vertige, que nous avions entrepris de faire ensemble. Elle l'avait réclamé instamment alors qu'elle n'était que rébellion devant toute démarche instituée et toute contrainte, comme l'exigeait le mode de relation que je pouvais lui proposer en tant que psychanalyste. Nous nous sommes pourtant engagés pour un cheminement qui a duré plusieurs années, émaillé de multiples événements, rebondissements, interruptions, traversé par tous les états d'âme possibles de part et d'autre, entre attachement et rejet, entre espoir et découragement. Le tout était d'une richesse et d'une densité qui pouvaient laisser croire que Pauline allait sortir de son marasme. Mais ce cheminement fut interrompu tragiquement, ce qui ne pouvait que m'inciter à y revenir, à le raconter, à y réfléchir longtemps après. Malgré cela, ce récit voudrait donner toute la mesure de ce qu'instaure ce type d'écoute, les immenses ouvertures qu'il offre et les changements qu'il autorise chez le sujet. »"

  • Cet ouvrage fait le constat, en ce début du XXIe siècle, qu'il existe de nombreuses raisons de s'inquiéter pour l'avenir des générations futures. Toutes convergent vers la conclusion que notre façon d'habiter la planète doit être repensée faute de conduire l'humanité dans une impasse. Dans un même esprit transdisciplinaire que le premier, ce volume rassemble une grande diversité de faits récents qui dans des domaines très divers (scientifique, technologique, économique, politique et culturel) concourent à apporter des réponses à nos inquiétudes. Ils témoignent, en effet, d'une transition écologique, économique et sociale déjà en cours vers un autre monde possible. Pour bâtir ce monde nouveau, les nouvelles générations ont besoin à la fois de lucidité et d'espoir.

  • Cet ouvrage répond au besoin urgent de communiquer dans la vie quotidienne, afin d'éviter le repli sur soi des migrants et des réfugiés. Il favorise l'expression orale de l'apprenant et sa compréhension du français courant. Le contenu de ce support, expérimenté pendant deux ans auprès de migrants, prolonge deux autres livres parus aux éditions l'Harmattan : "Lire et écrire pour s'insérer en France", d'Odile Pinson, et "Migrants et réfugiés en France", de Gérard Lévy.

  • L'improvisation théâtrale est un art. C'est aussi une science, celle de la création spontanée. L'une des peurs les plus partagées à travers le monde est de devoir parler en public. Quand rien n'est préparé à l'avance et que le contenu doit se construire au fil de l'eau, on n'est pas loin de la crise d'angoisse. Maîtriser cette peur pour faire de l'improvisation théâtrale une passion enrichissante est le sujet de ce livre.

  • Les philosophies orientales ne posent guère la question du rapport de l'homme et de la femme, puisqu'elles se réfèrent à un ordre immuable: l'homme dominant et positif, la femme dominée et négative.
    L'Occident seul a semblé pressentir qu'il y avait là un problème. Mais sa façon de le traiter en philosophie n'aboutit guère à un ordre différent. La hiérarchie est maintenue ; mieux encore, la misogynie, si elle ne va pas de soi, n'en est que plus argumentée, expliquée, justifiée. Pourquoi? Pourquoi le féminin n'est-il vu que sous l'aspect défavorable ? Pourquoi la femme n'est-elle qu'un homme diminué (paganisme), ou une diminutrice de l'homme (temps modernes)? Françoise d'Eaubonne tente ici une explication et une réponse.

  • Comme je me sens fatiguée, usée et disgracieuse. Jamais je ne me suis trouvée aussi pitoyable. Je ne suis pourtant pas une vieillarde : pas même quinquagénaire ! Je sais que je ne devrais pas me mettre dans un état pareil. J'essaie de me raisonner, mais c'est plus fort que moi. J'avais pourtant fière allure, avec ma façade arrondie et mon parterre de roses grenat, sur lesquelles tous les passants se retournaient. J'étais toujours impeccable et pimpante. Maintenant, j'ai l'impression que ma vie est derrière moi, que je suis au bout du rouleau de mes ressources physiques et psychiques. Que vais-je devenir ? Tous ceux qui m'ont chérie sont partis. Quel triste sort ! J'ai si peur de l'avenir. Qui va vouloir de moi ? Au centre du récit : la maison des grands-parents paternels. Chargée d'objets, d'histoires, de souvenirs, elle est un personnage à part entière et n'hésite pas à prendre la parole. Entre elle et l'autre narratrice, unique petite-fille et dernier maillon vivant de cette branche familiale, s'amorcent un dialogue, un pas de deux et une transformation réciproque. Le récit, qui met aussi en scène une galerie d'humains et quelques chats, s'approche par instants de la frontière entre le monde des vivants et celui des disparus.

  • Ce poète, que l'on cherche à faire passer pour une nature satanique, [...] avait l'amour et l'admiration au plus haut degré. Théophile Gautier, Charles Baudelaire

    Baudelaire ne vivait pas retiré du monde, il fuyait seulement les conventions sociales. À l'opposé de sa réputation de misanthrope, il entretenait un large réseau de relations : artistes, écrivains... La présence singulière de chacun de ses amis a compté dans son travail de créateur. On peut aussi imaginer les rencontres qu'il n'a pas faites, qu'il aurait pu faire. Ancrer son oeuvre dans son époque, c'est lui garder le pouvoir de toucher la nôtre.

  • Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, René Debs a 14 ans. Il fera partie des quelque 130 000 incorporés de force à partir de février 1943 pour combattre aux côtés de l'ennemi. Ce qui frappe avant tout dans ce récit, c'est la capacité à se défendre coûte que coûte, à compter sur l'amitié de ses camarades, à crier son incompréhension devant tant de barbarie, tout en gardant la fraîcheur d'âme d'un jeune soldat malgré lui, qui partage ses émotions lors des rares moments de répit. Il sera l'un des rescapés de la terrible bataille de Budapest de décembre 1944, et fêtera ses 20 ans quatre mois après son retour de guerre.

  • L'océan occupe 70% de la surface de notre planète. Vaste, on le croit indestructible. Il ne l'est pas. Désormais nous le savons, sa santé est en péril : immenses zones marines mortes, continent de plastique, disparition de récifs coralliens... A partir de données scientifiques et d'études reconnues, ce livre dresse un état des lieux des menaces, des risques et des actions collectives en cours sur le sujet.

  • En France, environ 70 000 personnes ont été conçues par don de sperme ou d'ovocyte. Plus de 90 % ignorent pourtant leur mode de conception. Aux donneurs, il a été garanti l'anonymat. Aux parents, il a été recommandé le silence. Sans imaginer les conséquences de tels secrets pour les enfants. Alors que les débats entourant la procréation médicalement assistée animent régulièrement notre société, comme des millions de personnes à travers le monde, eux aussi ont réalisé des tests ADN récréatifs faisant voler en éclats l'anonymat du don. Ce livre apporte une trentaine de témoignages de celles et ceux qui vivent dans leur chair et dans leur vie la PMA avec don.

  • Ne réussissant pas à avoir d'une de ses quatre femmes un enfant mâle pour lui succéder, Senza'ngakona, chef d'une petite tribu d'Afrique du Sud au XVIIIe siècle, s'éprend d'une jeune femme et lui fait un enfant hors mariage, un garçon, Chaka. Enfant du péché, Chaka est rejeté par les siens. Obligé de s'enfuir, il commence une longue errance qui l'amènera à un destin hors du commun. A mi-chemin entre récit historique et légende, Chaka d'après l'oeuvre de Thomas Mofolo revint sur la naissance d'une des plus grandes épopées du continent, celle des zoulous. Une histoire pleine de magie, de folie et de sang.

  • Ce livre se propose d'analyser les influences étrangères qui se sont exercées sur le cinéma iranien, depuis ses débuts tardifs, à la veille du "parlant", jusqu'au déclenchement de la révolution islamiste. Il distingue les influences des cinémas des pays voisins (arabo-turcs et indiens), puis s'attarde sur celle du cinéma américain des années 50 et 60 et de la Nouvelle Vague française. L'auteur montre comment un cinéma "sous influences" a pu servir de terreau à l'éclosion d'un cinéma "national".

  • Après une entrée fracassante sur la scène politique lors du procès Blaise Diagne, l'ancien tirailleur sénégalais Lamine Senghor se lance corps et âme dans le combat anticolonisaliste jusqu'à sa mort prématurée en 1927. Ce livre rassemble pour la première fois ses écrits dispersés, dont La violation d'un pays (1927), allégorie anticolonialiste d'une violence étonnante.

empty