Maison des Sciences de l´Homme d´Aquitaine

  • Né à Marseille en 1818, Marius Petlpa a effectué l'essentiel de sa carrière comme danseur, puis maître de ballet à Saint-Pétersbourg. Ces carnets, rédigés au cours des dernières années de sa vie (1903-1907), dévoilent le quotidien de l'illustre chorégraphe, décédé en 1910. Ils nous révèlent les coulisses du Ballet impérial et éclairent la vie d'un Français de Russie au début du xxe siècle. Au fil des pages, nous croisons des noms illustres (Preobrajenska, Pavlova, Fokine, Karsavina...), annonciateurs de la glorieuse épopée parisienne des Ballets russes. Petlpa fut également confronté aux événements tragiques de l'année 1905 qui plongèrent la Russie dans une fièvre révolutionnaire affectant jusqu'aux danseurs du Mariinski... Fruit d'un travail scientifique de chercheurs, ce livre offre au public français un témoignage inédit, enrichi de photographies rares de l'auteur de La Belle au bois dormant et de son entourage.

  • Ce deuxième volume applique la réflexion sur la fabrique des garçons aux activités organisées en périphérie de l'école. Celles-ci participent fortement à la construction des identités sexuées et à leur bicatégorisation, alignée le plus souvent sur les stéréotypes de genre. Le sport apparaît comme un temple du masculin, présentant l'homme comme l'être le plus fort, même si la place des femmes, minoritaire, n'a cessé de progresser, en particulier au sein de pratiques ludosportives plus mixtes. Dans le monde de la culture, plus que jamais dominé par les hommes, les pratiques féminines sont importantes mais se heurtent à des plafonds de verre, dans un contexte de minorisation des activités spécifiquement féminines. Les vacances et les loisirs permettent une plus grande fluctuation des rôles de genre, même si les activités proposées reproduisent le plus souvent les stéréotypes et la hiérarchisation qui en découle. Quel pourrait être le rôle du sport, de la culture et des loisirs dans le renouvellement d'une réflexion sur la mixité et la coéducation des filles et des garçons ?

  • Lorsqu'on songe aux tropiques, diverses images émergent oscillant la plupart du temps, pour les occidentaux, entre le mythe d'un paradis lointain et la réalité d'une pauvreté incommensurable. Dans ce balancement générant des sentiments mêlés et, souvent, une rhétorique paradoxale, la question de la réalité des tropiques ne se pose pas Les tropiques, dans le sens commun, apparaissent comme un contenant géographique stable mais aux contenus ambigus Cependant la réalité géographique des tropiques ne va pas de soi et ne possède aucune réalité naturelle ; elle fut inventée peu à peu. Cette invention fut en grande partie le fait des scientifiques qui, baignant dans des contextes idéologiques spécifiques à chaque période de l'histoire, ont participé à son émergence et à son développement lis ont contribué par ce fait au grand partage entre l'Ici et I'Ailleurs, entre le Nous et les Autres C'est au prisme de la culture de leurs origines que ces derniers ont mis en place les grandes catégories d'espaces dont les tropiques sont un exemple Entrant dans le sens commun, les tropiques ont alors semblé relever de la nature. Mais, cette naturalisation et les fondements scientifiques sur lesquels elle s'est appuyée, firent, à partir des années 1980, grand bruit dans la communauté des géographes français. Le questionnement n'était et n'est toujours pas de savoir si les tropiques existent ou non, mais plutôt de comprendre les ressorts de leur invention. La révolution des tropiques a bien eu lieu et invite aujourd'hui à parler de tropicalisme comme on parle ailleurs d'orientalisme. Cet ouvrage est le résultat d'une interrogation née il y maintenant presque trente ans, une interrogation a ré-émergé ces dernières années, années de trouble et de doute remettant en question les paradigmes hérités de la modernité vieillissante Plusieurs géographes se sont pliés à l'exercice stimulant consistant à repenser les tropiques. Cet ouvrage, tout comme le prochain consacré à la géographie du développement, est aussi un des fruits de la collaboration entre deux géographes de l'Université de Bordeaux et chercheurs au Laboratoire ADES, C. Bouquet et H Velasco-Graciet.

  • Cet ouvrage propose les premiers jalons d'une grille de lecture des mutations territoriales contemporaines qui bouleversent l'ordre et la hiérarchie territoriale de la première modernité. Si la mondialisation se manifeste par l'émergence de nouveaux territoires, ces derniers possèdent des caractéristiques inusuelles au regard des territoires séculaires et de l'ordre qui les instituait. Leurs limites sont floues, leur contenu est souvent fluide et peut ne .se référer qu'à un type de valeur, leur degré d'institutionnalisation peut être faible. De plus, leur validité d'exercice se fonde sur un nouveau rapport au temps. Hélène Velasco-Graciet propose de considérer que les territoires, anciens ou émergents, sont aujourd'hui tributaires des temporalités et des mobilités des individus contemporains alors que les territoires de la première modernité avaient, jusqu'à il y a peu, la force de l'institution qui les avait fait naître, et la légitimité du temps long. Le rapport des individus au monde semble, aujourd'hui, déterminé par un nouvel imaginaire géographique selon lequel l'expérience territoriale multiple devient la règle à atteindre. L'auteur interroge cette complexité territoriale à travers l'analyse de la « nouvelle planète des vins » qui apparaît exemplaire des recompositions territoriales contemporaines.

  • Ce qui caractérise le Team X est une tentative de synthèse entre les contraintes matérielles d'une production de programmes de logements à différentes échelles, la volonté délibérée de prendre en compte le goût ordinaire (la culture de masse) et le contexte local (réalités matérielles et culturelles), mais aussi une exigence intellectuelle et une appartenance proclamée à l'avant-garde artistique. Sa dimension internationale l'inscrit dans le mouvement actuel de mondialisation des références, des modèles et des pratiques. Cet ouvrage offre une analyse critique de programmes de logements collectifs réalisés par des membres de ce courant autour des années 1950-70. Sont ainsi étudiés les projets d'Alison et Peter Smithson à Londres, l'oeuvre de Jaap Bakema aux Pays-Bas, l'extension de Bagnols-sur-Cèze menée par l'équipe Georges Candilis, Alexis Josic et Shadrach Woods, la création de la ville nouvelle du Vaudreuil par les architectes Lods, Depond et Beauclair influencés par le Team X, ainsi que l'opération expérimentale de la ZUP de Toulouse-Le Mirail aussi menée par l'équipe G. Candilis, Alexis Josic et Shadrach Woods à partir de 1961 (ou de 1961 à 1981). En contrepoint, le dernier texte présente la maison du paysan Rodakis dans l'île d'Égine en Grèce parce qu'elle a constitué pour Candilis l'essence de l'architecture et un prototype de la maison originelle.

  • Les situations des langues minoritaires ont été et continuent d'être en Union soviétique et Russie à l'origine de nombreuses et significatives préoccupations dans les domaines scientifique et politique. Elles ont ainsi fait l'objet, depuis le début du siècle dernier, de plusieurs phases de politique linguistique, en commençant par une période très volontariste avec l'« édification linguistique » (âzykovoe stroitelstvo) de nombreuses langues visant à les codifier, les équiper de variétés littéraires et les protéger au moyen de droits linguistiques appropriés. Le capital d'études et d'expériences qui en résulte a été à l'origine du grand nombre de notions qui sert à désigner les différents cas de langue minoritaire existant dans ce vaste espace. Ce sont les raisons de la singulière diversification de ces notions et de leurs caractéristiques au vu de leurs contextes qui sont abordées et étudiées au moyen d'approches pluridisciplinaires issues principalement des sciences du langage et du droit mais aussi de la psychologie et de la géographie humaine. L'étude des notions en elle-même qui catégorisent les langues minoritaires ainsi qu'à travers leurs applications à des cas concrets à l'échelle spatiale de la Russie ou de zones particulières telles que celle du Grand Nord russe, de pays détachés de l'ex-Union soviétique, membres ou non de la CEI (Kirghizstan, États baltes), et des régions de langues ouraliennes, est complétée par leur comparaison avec certaines de celles qui ont cours en Europe occidentale, en France notamment.

  • Les travaux présentés ici s'inscrivent dans le cadre d'un atelier intensif, lieu de conception et de fabrication du projet architectural et urbain in situ et de ses développements dans le cursus semestriel de l'enseignement de l'architecture en dernière année d'études de Master ; l'autre est celui de l'échange par la coopération avec un établissement universitaire chinois, l'Institut de construction urbaine de la Faculté d'urbanisme de l'Université de Wuhan (WUDA), en 2005 et 2006. Le thème de la coopération, sur proposition du Département de l'urbanisme de la Province du Hubei auprès de l'Université de Wuhan, porte sur la mise en place d'un programme de mise en valeur du patrimoine et du développement urbain, intégrant leur dimension touristique, des centres anciens de villes moyennes de la province, implantées ici sur les rives du Yangtze (Jingzhou) et de son affluent, la rivière Han (Xiangfan), ayant conservé leurs fortifications urbaines. Cela constituait une opportunité de faire découvrir à des étudiants de nouveaux champs possibles de connaissance et de créativité, tout en précisant l'enjeu particulier que représente la conservation, la mise en valeur de ce patrimoine devenu rare et l'inéluctable transformation des centres anciens aujourd'hui au regard du développement urbain contemporain en Chine. La première partie part d'un bref aperçu sur la notion et les enjeux du patrimoine en Chine et plus précisément de celui des fortifications urbaines. Il s'agit ensuite de mettre en perspective la question des rapports entre patrimoine et projet en insistant sur l'importance d'une approche culturelle du projet, de l'importance d'une analyse fine et d'un diagnostic considérant l'architecture héritée comme enjeu culturel et marchand, soumis de ce fait à des affrontements sans cesse renouvelés. Cette approche s'inscrit aussi dans l'évolution des mouvances et des approches en architecture depuis les années 1950. Finalement, les remparts et les ensembles qui les accompagnent, les paysages et la présence de l'eau, constituaient non plus des objets mais véritablement un système porteur des projets. Dans la deuxième partie partant d'une brève présentation du contexte régional, celui de la province du Hubei et du fleuve, matrice de nombre d'implantations de villes depuis l'Antiquité, Il s'agit de resituer les caractères spécifiques de chacun des deux centres anciens choisis et de leurs fortifications, du point de vue de l'histoire et des enjeux actuels de l'évolution. Une stratégie de projets est présentée dans une vision disciplinaire large du projet architectural et urbain au coeur des questionnements du renouvellement urbain et de ses développements pour ces villes moyennes : y sont questionnés les enjeux des échelles de projet dans une stratégie globale et une dynamique d'interventions sectorisées. Les troisième et quatrième parties présentent les projets sur chacune des deux villes, à l'aide de planches graphiques et de textes issus des travaux des étudiants. Troisième partie : le projet intitulé « Autour des remparts de Jingzhou » considère une double échelle, celle de la ville « historique » et celle d'opérations ponctuelles ; se saisissant des remparts comme fil conducteur, il s'agit d'un plan d'ensemble global urbanistique et de quatre projets ponctuels dans la ville ancienne, illustratifs de la démarche globale, et portant sur des territoires échantillons à développer à différentes échelles en trouvant sens et cohérence à l'ensemble des actions. Quatrième partie : le projet intitulé « Sur les deux rives de Xiangfan » s'organise à partir de la réflexion sur la condition du fleuve Han et de ses liens à la ville située sur ses deux rives. Comme à Jingzhou s'est mise en place une stratégie globale du projet à l'échelle urbaine et à celle de quatre secteurs, territoires échantillons, de part et d'autre du fleuve. Considérant que chaque projet de secteur pouvait illustrer une démarche et une méthode incluant des spécificité...

  • L'omnisports n'est ni une alternative au sport de haut niveau, ni une marge du sport et encore moins un modèle d'organisation dépassé. Tout au contraire, le principe de l'omnisports est une composante essentielle du sport et une solution d'avenir. Le maillage des clubs omnisports se trouve d'une part en relation verticale avec les instances nationales (les ministères dont celui de la Jeunesse & Sports, les fédérations unisports), soutenus en cela par leurs propres fédérations multisports, et, d'autre part, en prise directe sur les territoires de proximité en développant de nombreuses initiatives innovantes avec le soutien des collectivités locales. Cependant, les transformations observables dans ce domaine suscitent des inquiétudes, tant certaines ruptures l'emportent sur le dialogue et la concertation. Les clubs universitaires s'interrogent sur le niveau de reconnaissance que leur témoignent les Universités. Selon la FFCO, les clubs omnisports sont une pièce majeure dans l'organisation du sport en France, par delà la spécificité des racines historiques, des itinéraires singuliers et des logiques affinitaires. Au terme des échanges engagés avec la FSGT, la FSCF, l'UFOLEP et l'UNSLL, de fortes convergences se vérifient : sur les projets, les conceptions éducatives, les actions conduites, la diversité des publics, les valeurs à porter. Ce 30ème volume des Cahiers de l'Université Sportive d'Été en prend acte. Sans l'omnisports, modèle plus que centenaire et jalonné jusqu'à aujourd'hui d'innovations et de métamorphoses heureuses, qui pourra soutenir que le sport en France a un avenir pleinement assuré ?

  • L'intention du petit groupe que nous avions réuni à Bordeaux en janvier 2017 dans le cadre du CEMMC (Centre d'études des mondes moderne et contemporain), composé d'historiens et d'historiens de l'art venant d'universités européennes très variées, était de réfléchir à une synthèse sur les hôtels particuliers et les demeures des élites urbaines à partir d'une succession de livres élaborés en commun. Trois thèmes se sont dégagés au cours de nos échanges qui fourniront l'armature de ce premier ouvrage qui a été élaboré à Poznan en Pologne : l'hôtel et son insertion dans l'espace urbain, les usages de l'hôtel particulier et enfin une série de monographies nationales ou urbaines permettant de saisir toute la diversité de la notion. Au Siècle des Lumières, la demeure n'était certes plus l'apanage de la noblesse mais bien de ceux qui avaient les moyens financiers de la faire construire, que cela soit des nobles d'épée ou de robe, des financiers, des grands bourgeois, bientôt des industriels... Sorte de châteaux urbains ou de palais à l'italienne selon les référents, ces hôtels étaient un signe de magnificence, d'ostentation, de prestige et un enjeu entre les élites anciennes et les nouveaux riches issus de la bourgeoisie. Le fait d'aller de l'Espagne à la Lituanie et des Provinces-Unies à l'Italie a permis aux auteurs de faire apparaître des similitudes stylistiques à une époque où tout circulait à commencer par les architectes et les maçons mais aussi de dresser une typologie régionale.

  • En Aquitaine, première région vitivinicole française, la vigne est présente sur la majeure partie des territoires, et la filière, avec ses exploitations en Appellation d'Origine Contrôlée, ses caves coopératives et ses maisons de négoce, constitue une forte composante de l'économie régionale. Les grands crus sont les principaux référents pour l'image des vins aquitains et tirent vers le haut l'ensemble du vignoble, et cependant les vins de Bordeaux occultent la diversité et la richesse des vins aquitains, ce qui nuit à une image de l'Aquitaine comme pays du vin. Vignobles et vins en Aquitaine s'attache à étudier ce paradoxe. La première partie, dans une synthèse de nombreux écrits de recherche, explique comment les histoires agraire, économique et humaine de la région ont fait du vin une spécificité aquitaine, inscrite dans les paysages et les sociétés, et évalue le rôle de la « place de Bordeaux ». La seconde partie propose des éclairages plus circonstanciés, regroupés en deux thèmes : les facteurs et marqueurs de la construction des territoires viticoles constituent un premier axe d'étude, suivi par les représentations et la défense de l'image qui forment un second champ. Les territoires viticoles aquitains sont des constructions sociales complexes, génératrices d'une identité forte et porteuse. Cet ouvrage a été réalisé par la collaboration d'historiens, géographes, économistes ou oenologues au sein de la MSHA et dans le cadre de programmes pluridisciplinaires du CERVIN (composante de l'UMR ADES). Il soulève des problématiques telles que l'articulation entre société et terroir, les effets déformants du système AOC ou les logiques territoriales « de clocher » qui ont perturbé la création d'une identité régionale. Les recherches de ces différents auteurs nous permettent de comprendre comment les viticulteurs aquitains ont été en mesure de maintenir une production que le monde entier envie encore malgré la crise.

  • Parlements et Lumières : l'association des deux notions peut sembler contre-nature, tant l'historiographie a longtemps vu dans les magistrats une catégorie hostile par principe aux Lumières, les bourreaux de Calas et de quelques autres comme les adversaires égoïstes d'une monarchie éclairée et réformatrice qu'ils finissent par perdre en descendant eux-mêmes à sa suite au tombeau. Seuls quelques avocats apparaissent sous un jour plus favorable, défendant l'innocence accablée par l'injustice des nantis ou prenant part à la Révolution. Pourtant les progrès de la recherche nous conduisent à des vues beaucoup plus nuancées aussi bien sur les cours et les parlementaires que sur les Lumières elles-mêmes qui ne se limitent pas au seul combat philosophique. Dans ce volume collectif, il est question des gens de justice face aux idées nouvelles, des formes de leur adhésion à celles-ci et de la définition qu'ils ont essayé de donner d'un ordre du monde rénové. Réintroduire les parlementaires en tant que tels dans l'étude de la France des Lumières permettra de comprendre celle-ci plus exactement.

  • Cet ouvrage est l'aboutissement d'un dialogue franco-russe en philosophie, qui a été développé pendant plusieurs années (2010-2015) sous la direction de Maryse Dennes dans le cadre d'un programme de recherche de la MSHA et à travers des séminaires et des colloques organisés à Bordeaux, Paris, Moscou, Jérusalem, et Cerisy. La participation assidue de François Laruelle à toutes ces manifestations scientifiques a conduit les chercheurs russes et français engagés dans ce dialogue à faire de son oeuvre la pierre angulaire de leurs réflexions communes. L'ouvrage permet de présenter un panorama de la philosophie russe actuelle en y repérant les auteurs, les thèmes ou les orientations qui la rendent particulièrement apte à recevoir la pensée laruellienne. La non-philosophie vs Quantique se trouve présentée, par François Laruelle et ses plus proches collaboratrices, dans la dernière étape de son développement : à partir de l'epistemologie générique, elle s'ouvre sur la messianité et la musique, et offre ainsi un accès privilégié à la philosophie russe, en y trouvant d'étonnantes résonnances et de nouvelles voies d'interprétation.

  • Entre 2005 et 2008. sous la conduite de Christian Bouquet et Hélène Velasco-Graciet, trois colloques ont été organisés à la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine par le laboratoire ADES-CNRS pour essayer de clarifier la position de la géographie française par rapport aux ambiguïtés de la discipline face à la colonisation, à la tropicalité, et au développement. Après avoir tenté de savoir si la géographie coloniale était colonialiste (L'Empire des géographes), puis si la géographie tropicale était fille de la précédente et avait encore un sens (Les Tropiques des géographes), un ensemble de chercheurs ont affronte la question du « développement ». considéré comme le dernier terrain pour une géographie hors des murs occidentaux, pour confirmer ou infirmer qu'il s'agissait du dernier refuge possible pour ceux qui travaillent dans les Suds. Même si les hypothèses de départ ont été traitées avec d'infinies précautions car le débat n'est pas encore débarrassé des passions anciennes la filiation géographie coloniale / géographie tropicale / géographie du développement n'a pas été démontrée. Comme souvent, plus que des réponses, c'est une série de questions qui surgissent à la lecture des articles. En invitant les auteurs à s'interroger sur le lien qu'ils établissent entre leurs discours sur le développement et leurs actions concrètes dans ce domaine, les organisateurs savaient que le fossé entre les scientifiques et les experts ne serait pas comblé. Il reste donc à savoir pourquoi. En abordant dans son appel à communications le thème des Postcolonial Studies, le colloque a précisé des interrogations qu'il faudra continuer d'explorer. Enfin, en donnant la parole à plusieurs chercheurs originaires des anciennes colonies, cette rencontre a ouvert la porte à une décolonisation des esprits qui pourrait bientôt déboucher sur une géographie (enfin) décentrée. Cette quête épistémologique, qui a donné ici beaucoup de place au terrain, devra donc se poursuivre par le questionnement constant des principes et des pratiques des uns et des autres, en insistant sans doute davantage sur la géographie de l'Autre que sur une géographie de l'Ailleurs.

  • Cet ouvrage a le mérite d'affiner la perception de l'Île de la Réunion quant aux pratiques sportives offertes aujourd'hui. N'étant pas une île tropicale recherchée pour ses paysages marins, elle se distingue en revanche par des paysages montagneux grandioses qui permettent toutes les pratiques liées à la montagne : randonnée pédestre, VTT, canoë-kayak, canyoning et sports aériens (parapente, deltaplane et ULM). Sur le plan nautique la voile, la plongée et le surf sont des pratiques très appréciées et en plein développement bien qu'une rivalité existe entre les sportifs locaux et les touristes du fait d'un manque d'espace (peu de spots et surfréquentation de certaines plages). L'étude sociologique réalisée sur les sports en vogue d'une part et sur les représentations des dirigeants sportifs d'autre part révèle que, pas plus qu'en métropole, le sport à la Réunion n'est une panacée pour régler les problèmes du chômage des jeunes et de leur Insertion dans la société.

  • Organisée conjointement par l'Union Nationale des Clubs Universitaires et par l'Union des Journalistes de Sport en France, la 27ème Université Sportive d'Été s'est déroulée au mois de juin 2009, avec le soutien du Toulouse Université Club. Fondé en 1929, le TUC fêtait également son 80ème anniversaire. Le thème de l'USE s'intitulait : Cultures de clubs et politiques sportives territoriales. Dans ce domaine, pendant plusieurs décennies, un lien de coopération et de confiance réciproque a contribué à l'animation d'un « espace public » de proximité. Désormais, l'actualité des questions sportives interroge très directement la réalité locale dans ses diverses dimensions : sociale, culturelle, politique et économique. Dans un contexte de limitation des dépenses publiques, de reconsidération des « priorités » sociales, de réforme des collectivités territoriales aux contours encore incertains, et face à une demande accrue en matière d'activités physiques et sportives, d'équipements et d'aménagements, d'engagement volontaire au sein des associations, d'éducation à tous les âges de la vie, le risque est-il imminent d'assister à une désarticulation prochaine entre « cultures de clubs » et « politiques sportives territoriales » ? Ou plutôt, n'est-il pas temps de procéder à un inventaire raisonné des difficultés d'aujourd'hui, de tenter d'explorer de nouvelles pistes d'action et de revisiter le sens que l'on accorde collectivement aux « valeurs » du sport ? Ce Cahier de l'USE rend compte des temps successifs du rassemblement toulousain. A savoir un « programme » de clarification des notions, d'information et d'écoute réciproques, de débats et de mises en perspective, qui sont indispensables au renouvellement d'une action sportive concertée, à l'échelle locale.

  • L'actualité du sport, à ses différents niveaux d'engagement et de pratique, suscite bien des interrogations. Les dirigeants des clubs, des comités et des ligues, des fédérations également sont souvent confrontés à des situations qui les font douter de l'efficacité de leur action. Selon certains, la répartition inégale du pouvoir et la faible reconnaissance qui leur est octroyée, au sein même du Mouvement sportif organisé, sont un manquement aux principes démocratiques. La diversité grandissante des activités physiques et sportives et la complexité des dispositifs mis en place pour le sport de compétition échappent en principe à toute prétention hégémonique. Jadis omniprésent dans la modernisation du sport en France, l'État était devenu un État animateur et partenaire du mouvement sportif et des collectivités territoriales avant de donner l'impression, récemment, de recentrer encore ses prérogatives, les ramenant à quelques missions prioritaires. L'horizon semble s'être peu à peu rétréci, au fur et à mesure que le sport le cédait aux lois du marché, du spectacle, avec la complicité des grands médias, des sponsors et de la consommation. Au terme de cette USE, il est apparu nécessaire d'en appeler à une refondation du modèle sportif français.

  • L'Afrique subsaharienne ne présente pas un ensemble homogène, traditions, ancestrales, facteurs historiques et géographiques produisent des physionomies originales. La place prise par les médias est récente et inégale toujours liées à des influences extra-continentales. On ne peut séparer les médias des sociétés dans lesquelles ils fonctionnent : l'observation des médias - surtout de la radio, mieux africanisée - fournit un bon indicateur de l'évolution des sociétés africaines, de leurs espoirs et de leurs illusions. André-Jean Tudesq dresse d'abord un constat des transferts et ruptures que les médias ont apporté aux sociétés africaines. Il les analyse ensuite comme porteurs d'espérance, liées actuellement aux aspirations à mieux vivre, mais aussi avec leurs effets pervers : aggravation de la dépendance au niveau international et des inégalités entre États et au sein des États ; espoir et illusion sont les deux faces contradictoires et néanmoins solidaires des médias. Ils conditionnent les processus d'acculturation (principalement la télévision) et les apports des progrès en matière de santé ou de développement économique. Les médias (surtout la presse écrite) sont au coeur du débat sur la démocratisation en Afrique ; ils sont nécessaires à la transparence des activités publiques et à la dénonciation des injustices mais leur libération (relative selon les États) ne saurait suffire pour assurer le respect des droits de l'homme et l'amélioration du niveau de vie.

  • Alors que le nombre de publications sur les études de genre ne cesse de croître dans la plupart des disciplines des sciences sociales, il nous est apparu important de faire le point sur l'apport spécifique qu'elles apportent à la géographie si l'on considère que cette discipline est aujourd'hui une science sociale attachée à penser l'espace des sociétés humaines. Comment les études de genre peuvent-elles interroger l'organisation des espaces à toutes les échelles ainsi que la spatialité des acteurs ? La géographie est-elle toujours aussi marquée par une approche androcentrique, par la naturalisation sexuée des espaces et les interprétations qui en découlent ? Quelle place une approche critique des rapports de genre peut-elle avoir à l'intersection d'autres approches géographiques qui s'intéressent au postcolonialisme, aux phénomènes de globalisation, aux migrations ? L'objectif de cet ouvrage est de faire apparaître la dimension épistémologique du genre comme outil de questionnement de la science géographique en général, qu'elle s'appréhende par le biais de l'analyse spatiale, de la géographie des pratiques sociales, d'études régionales ou d'études culturelles.

  • La codification et la normalisation des pratiques renvoient à la modernité sportive où seule compte l'excellence. Quant à la post-modernité, elle plébiscite le jeu avec la pesanteur et la gravité afin d'éprouver l'extase et le vertige de l'activité physique sans poursuivre d'autre motif d'existence que de jouir de l'instant présent. Les contributions réunies dans cet ouvrage s'efforcent de dépasser ce clivage en considérant que le surf n'est pas uniquement le sanctuaire des performances ou passions sportives, mais qu'il est aussi, et surtout, une expérimentation charnelle de l'intensité de l'être-au-monde. Surfeurs pour la plupart d'entre eux, et ainsi forts d'une « participation observante », les auteurs de cet ouvrage adoptent un nouveau point de vue fondé sur l'analyse du sensible, de l'intime, de l'imaginaire, et des interactions symboliques. En questionnant le sens que les surfeurs donnent à leurs existences, ces recherches révèlent que les accomplissements inhérents à cette pratique singulière dépassent les frontières du champ sportif ; qu'ils recouvrent des dimensions culturelles, sociales, esthétiques, éthiques et politiques dont la portée dépend étroitement de la profondeur des relations à la Nature, au Corps, à Soi, à l'Autre, et à l'Espace ! Le surf est envisagé comme une épiphanie des dynamiques sociales, c'est-à-dire un marqueur emblématique d'une société en transition. Inscrites à contre-courant, ces recherches entendent consacrer la légitimité du surf en sciences humaines et sociales.

  • Très souvent méconnue ou mésestimée dans ses effets les plus graves, la transphobie regroupe de nombreuses discriminations dont sont victimes les transidentités, qu'elles se définissent comme transgenres, transsexuelles ou en tant qu'identités alternatives. Les données recueillies lors d'un travail d'enquêtes et d'entretiens laissent entrevoir que l'acte transphobe peut aussi bien être le fait de la personne lambda que des institutions censées protéger les personnes. Quels sont les mécanismes à l'oeuvre ? Quelle est la part du social, du politique voire du culturel dans ce qui concoure à la disqualification de l'autre et de la différence ? Cet ouvrage propose un état des lieux de la question en France et des pistes de réflexion à la lumière des Sciences Humaines et Sociales, tout en relayant et en analysant les témoignages sans ambiguïtés du quotidien des personnes concernées. Une sociologie de la transphobie est un travail de recherche qui pose des questions et propose des pistes de réflexions comme autant de réponses possibles aux processus de discriminations.

  • Du sport sans artifice au sport bionique... Amélioration ou condamnation ? Le sport est aujourd'hui visité par les techniques d'amélioration des capacités humaines. Celles-ci permettent d'accroître ou de restaurer efficacement les capacités de l'être humain. Des innovations spectaculaires sont enregistrées dans des secteurs comme les nanotechnologies, les biotechnologies, les sciences cognitives, l'informatique, etc. Leur introduction dans le domaine du sport, du haut niveau à la pratique de masse ou de loisir, chez les athlètes valides ou handicapés, perturbe souvent les certitudes et suscite prises de position, interrogations et inquiétudes. D'un côté amélioration dans l'accompagnement des sportifs d'excellence ou libération des sportifs handicapés, de l'autre condamnation de la culture sportive séculaire et aliénation progressive des sportifs ? Relativisme des normes et des valeurs du sport face aux avancées technologiques ? Progrès ou régression dans la quête humaniste ? Autant de questions qui méritent d'être abordées et traitées. D'ailleurs, à ce jour, existe-t-il des instances régulatrices suffisamment armées pour appréhender ces problèmes ? La 31ème Université Sportive d'Été a été accueillie à Montpellier, dans un lieu prestigieux et de circonstance : Pierresvives, au sein de la « Cité des savoirs et du Sport pour tous », du 4 au 6 septembre 2013, avec le soutien du Montpellier Université Club. Organisée par l'UNCU et l'UJSF, elle s'est attelée à la tâche en donnant la parole à une quinzaine de personnalités issues de la recherche universitaire, fondamentale ou appliquée, des sciences de l'homme et de la société, du journalisme, des sciences et des techniques de l'ingénieur, du sport et de l'éducation, faisant face à un public des plus motivés.

  • Cet ouvrage présente les résultats d'une recherche menée sur la motivation des adultes francophones pour apprendre le basque, une langue conservant un statut minoritaire et non-officiel en France. L'objectif principal de ce travail est de décrire plus amplement le processus d'apprentissage du basque par les adultes dans ses différentes étapes : les motivations, le cadre de formation, la connaissance et l'usage de la langue. Pour ce faire, la méthodologie de la recherche conjugue deux approches, une étude quantitative réalisée par le biais d'un sondage téléphonique auprès de cinq cents apprenants et une étude qualitative reposant sur l'analyse de trente-cinq entretiens semi-directifs. Les résultats témoignent de la complémentarité des deux procédés méthodologiques, à la fois, à travers l'apport de précisions statistiques inhérentes aux différents types de motivation, mais aussi, par un approfondissement de la notion de motivation mettant en relief le caractère conscient et inconscient de la démarche d'apprendre le basque.

  • Les transformations spatiales, sociales et territoriales de la ville - au sens générique du terme - s'élaborent à la fois sous l'effet d'influences externes multiples, liées aux environnements économiques, culturels, territoriaux, et des dynamismes endogènes des espaces urbains. Pour appréhender cette complexité mouvante, les sciences de la ville suivent actuellement des cheminements pluriels et s'efforcent de renouveler leurs problématiques de recherche. C'est dans cette perspective que s'inscrit cet ouvrage qui propose de répondre à une cinquantaine de questions sur la ville et son devenir, en pensant la réinvention de l'urbain autour de trois thématiques : les sémiotiques et les langages de l'urbain, les stratégies et les acteurs urbains, les synergies et les énergies urbaines. Sont ici réunis, autour du géographe Jean Dumas, des chercheurs et des acteurs reconnus dans les champs de la géographie, de l'aménagement et des sciences sociales, et ayant collaboré avec la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine et avec lui. Ces 50 questions à la ville interpellent la communauté scientifique et les doctorants qui prennent la ville et l'urbain pour objet de recherche, mais également les étudiants d'architecture, de géographie et d'urbanisme, ainsi que tous ceux qu'intéressent les changements actuels d'un espace dominant de la vie publique et sociale.

  • Si conventions et chartes pour l'égalité des sexes se multiplient depuis presque trente ans avec plus ou moins de bonheur, peut-être est-ce parce que les filles demeurent les publics-cibles privilégiés de la volonté émancipatrice institutionnelle. Notre système scolaire semble avoir bien du mal à penser, en complémentarité et même en priorité, l'évolution des garçons... Tant que des mécanismes de séparation et de hiérarchisation des sexes oeuvreront au sein même de l'école, tant que les garçons seront confrontés à l'injonction paradoxale d'être dociles à l'institution tout en affirmant leur virilité, tant que nous resterons aveugles aux nouvelles formes d'entre-soi masculin, tant que l'école continuera à penser que tous les élèves sont hétérosexuels et conformes aux normes de genre, les choses auront du mal à évoluer... Quels leviers peuvent permettre un changement, profitable aussi bien aux filles qu'aux garçons, dans une école plus égalitaire ? Une école émancipatrice ne devrait-elle pas être, avant tout, une école accueillante à toutes les variations des rôles de genre qui ne sauraient se résumer à la bicatégorisation fille-garçon ?

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