• République « une et indivisible », 49.3, « sages » du Conseil constitutionnel, mais aussi Brexit et discours de la reine, tweets de Donald Trump... Le droit constitutionnel est partout, et parfois là où on ne l'attend pas. Matière reine enseignée dès la première année de licence à tous les futurs avocats, juges et politistes, il n'est pourtant pas simplement le droit de la Constitution, dont le champ d'étude se limiterait aux règles qui régissent les rapports entre les pouvoirs publics et aux principes qui garantissent les libertés et les droits fondamentaux. Si la Constitution est le texte fondateur d'une société, alors le droit constitutionnel est avant tout le droit de la vie en communauté. Pour en cerner les contours et les enjeux, il faut donc recourir au droit et au contentieux, certes, mais aussi à l'histoire, à la philosophie, à la science politique. En 100 mots, Benoît Montay passe en revue les concepts-clés du droit des droits et leur donne chair en puisant ses exemples dans l'actualité la plus récente et dans la grande histoire.

  • Toutes les forces politiques se réclament aujourd'hui du mot « démocratie ». Or l'étude des discours des « pères fondateurs » des prétendues « démocraties » modernes aux États-Unis et en France révèle que ces derniers s'opposaient à un régime où le peuple se gouverne seul, et associaient cette idée au chaos et à la tyrannie des pauvres. Comment expliquer que le régime électoral actuel soit perçu comme l'ultime modèle « démocratique », alors qu'il a été fondé par des antidémocrates déclarés ?

    Après avoir puisé dans diverses sources du passé, l'auteur dévoile ici une étonnante aventure politique où s'affrontent des personnalités et des forces politiques qui cherchent à contrôler les institutions des régimes fondés à la fin du XVIIIe siècle. Deux siècles plus tard, alors que la planète entière semble penser que « démocratie » est synonyme de « régime électoral », toute expérience d'un véritable pouvoir populaire se heurte toujours au mépris des élites.

  • Du jour où ni les dieux ni la nature ne furent plus consultés dans la mise en oeuvre de la vie collective, c'est à l'homme seul qu'il revint d'élaborer l'ordre politique jugé idéal. La Constitution est le fruit de cette élaboration, puisqu'elle permet à l'action politique d'avoir un espace où se déployer, mais elle en est également la condition, en tant qu'elle fixe les modalités de création du droit.
    Pour comprendre cette mission confiée au droit de donner forme au pouvoir politique, cet ouvrage revient sur les deux dimensions de l'État tel qu'il est spécifiquement mis en oeuvre dans et par le droit constitutionnel : la domination et la légitimité. À lire également en Que sais-je ?...
    Textes constitutionnels français, Stéphane Rials
    Lexique de droit constitutionnel, Pierre Avril et Jean Gicquel

  • Pour qui veut réfléchir sur les droits fondamentaux, le fonctionnement des régimes politiques, la sensible incidence de la crise financière sur les institutions contemporaines et les grandes questions de doctrine constitutionnelle, le retour aux textes est indispensable.
    Cet ouvrage propose tous les textes constitutionnels américains et britanniques et de très larges extraits des constitutions allemande, suisse, italienne, espagnole et russe. Il est parfaitement à jour des dernières évolutions.

  • En quoi l'horizon est-il un concept central de la phénoménologie husserlienne ? Si elle n'est pas neuve, cette thèse n'a, chez les commentateurs successifs, cependant pas encore reçu de véritable justification. Ce livre veut montrer qu'elle ne la recevra qu'en embrassant simultanément le problème de l'horizon et celui de la phénoménologie husserlienne comme telle. Car comment justifiera-t-on la centralité d'une notion dans une philosophie, sans déterminer le centre d'une telle philosophie - centre à partir duquel seulement on peut fixer de façon motivée l'importance de cette notion ? Et comment apprécier le sens et la fonction de l'horizon dans la phénoménologie de Husserl sans avoir défini le principe de cette dernière ? L'horizon comme problème ne peut donc être déterminé que dans le cadre d'une entreprise phénoménologique dûment définie. En retour, on verra comment l'histoire de ce concept contribue à porter un regard neuf sur l'histoire de la phénoménologie husserlienne elle-même.

  • Avec la loi de séparation des Églises et de l'État (1905) et son inscription dans la Constitution (1946 et 1958), la laïcité apparaît comme une référence importante en France. Depuis le début du xxie siècle, elle est de plus en plus invoquée, et une très grande majorité de Français affirment qu'ils y sont « attachés ». La plus grande confusion règne pourtant sur le sens de ce terme. De plus, hier valeur essentielle de la gauche, elle est de plus en plus omniprésente dans le discours politique de la droite et de l'extrême droite. En fait, nous explique Jean Baubérot, il n'existe pas de « modèle français » unique de laïcité mais des visions divergentes qui s'affrontent dans un rapport de forces toujours évolutif. Ainsi le contenu de la loi de 1905 a représenté un enjeu entre quatre conceptions différentes de la laïcité. Celles-ci ont subsisté en s'adaptant, alors que trois « nouvelles laïcités » ont apparu. Ces sept laïcités, l'auteur nous les décrit en les qualifiant : laïcité antireligieuse, laïcité gallicane, laïcité séparatiste stricte, laïcité séparatiste inclusive, laïcité ouverte, laïcité identitaire et laïcité concordataire. Pour finir, Jean Baubérot expose les mutations de la laïcité depuis la fin du xixe siècle et propose des hypothèses sur son devenir.

  • Cinquante-deux crises en septante-cinq ans. Moyenne de vie d'un gouvernement : dix-huit mois. Dans la dernière décennie, deux crises de plus d'un an. L'État Belgique est-il devenu ingouvernable ? Le régime des crises va-t-il déboucher sur une crise de régime ? En temps de crise, des consignes de prudence s'imposent au gouvernement et au Parlement. En fin de crise, des réformes de calendrier devraient aider à composer un gouvernement viable dans un délai raisonnable.

    Professeur émérite et ancien doyen de la Faculté de droit de l'Université catholique de Louvain, Francis Delpérée est membre de l'Académie royale de Belgique et de l'Institut de France. Il préside l'Académie internationale de droit constitutionnel. Il est membre honoraire de la Chambre des représentants et du Sénat.

  • Rares sont les époques où le droit a autant été au centre de la pensée des hommes et de l'action des États que sous le Consulat et l'Empire. Ce " retour des juristes "

    Rares sont les époques où le droit a autant été au centre de la pensée des hommes et de l'action des États que sous le Consulat et l'Empire. Ce " retour des juristes " – Cambacérès,

    Roederer, Merlin de Douai, Boulay de la Meurthe, etc. – conduits par un chef d'État qui ne l'était pas, a permis de trancher les grandes questions, de rendre pratiques les idées retenues, d'écrire le Code et les codes, de stabiliser les institutions, de redessiner l'organisation judiciaire et tant d'autres choses encore dont par exemple les uniformes des magistrats ou les travaux d'aménagement du Palais de justice de Paris. L'oeuvre est considérable. Elle est largement

    pérenne : en dépit des adaptations nécessaires, l'héritage de cette " décennie " foisonnante vit encore au coeur des systèmes juridiques français et européens.

    Une trentaine d'historiens et de juristes européens en reprennent l'histoire à la lumière des recherches récentes, en dressent un nouveau bilan et confrontent leurs avis sur la modernité ou l'actualité des racines napoléoniennes de notre droit.


  • Une réappropriation de la Constitution par les citoyens s'impose aujourd'hui plus que jamais. Notre Constitution n'est plus adaptée à la société qu'elle entend piloter, tant elle est ébranlée dans sa suprématie et souffre d'insuffisances. Dès lors, avant de mener une autre réforme de l'État, le moment n'est-il pas venu d'envisager une modernisation du texte constitutionnel ? Certes, la Constitution ne peut garantir seule la cohésion de la société, spécialement lorsque celle-ci est plurielle. Mais elle peut favoriser une citoyenneté démocratique et contribuer au renouvellement du contrat social entre l'État et les citoyens. Cette conviction est au coeur du présent ouvrage. Il entend démontrer l'urgence d'un profond débat constituant qui, en associant directement le peuple, viserait à réenchanter la Constitution.



    Marc Verdussen est professeur de droit constitutionnel à l'Université de Louvain (UCLouvain). Il y dirige le Centre de recherche sur l'État et la Constitution.

  • Le « phénomène constituant » est à comprendre comme un ensemble d'actes successifs ou simultanés qui sont à la fois des actes juridiques et des faits. Il est un processus complexe et composite qui se déclenche à partir de la fin d'un ordre constitutionnel donné et qui conduit, après une période dont la durée dépend des contextes historiques et politiques, à l'instauration d'un nouvel ordre constitutionnel. L'étude de la période se situant entre deux constitutions a souvent été délaissée par la doctrine constitutionnaliste. Une partie de celle-ci considère en effet que les périodes de transition constitutionnelle ne sont qu'une succession de décisions politiques dont la valeur juridique ne pourra qu'être confirmée ou infirmée ex post, une fois la nouvelle constitution adoptée et le nouvel ordre juridique établi. Mais si la transition entre deux ordres juridiques est une période exceptionnelle, dans laquelle les faits politiques et sociaux s'articulent aux faits juridiques, le nouvel ordre constitutionnel qui s'ensuit est alors le reflet de ces faits, des équilibres qui en sont issus, souvent formalisés par des actes juridiques pré-constituants. Pour décrire et expliquer ce phénomène complexe, le constitutionnaliste a alors besoin de s'appuyer sur les analyses des autres disciplines pour comprendre les multiples éléments qui participent à ce processus. Cette journée de réflexion se propose ainsi d'instaurer un dialogue interdisciplinaire sur le phénomène constituant entre les juristes constitutionnalistes et les représentants d'autres sciences humaines et sociales. Les perspectives de l'histoire, de la science politique, de la sociologie, de la psychanalyse ou encore de l'économie permettront d'apporter des éclairages nouveaux sur cet objet juridique mal identifié.

  • Les sciences de la nature sont les gardiennes du temple de l'ère moderne. Non seulement elles incarnent le savoir par excellence, celui à l'aune duquel se mesurent de façon plus ou moins avouée tous les autres savoirs ; mais leur approche quantitative et déterministe de la nature se trouve à la racine de notre représentation quotidienne et spontanée de l'univers. Cette suprématie culturelle des sciences de la nature est devenue à peu près invisible du point de vue de la science du droit, qui ne voit plus qu'elle-même depuis qu'elle a été dotée d'une « théorie pure » au début du XXe siècle. Pourtant il n'en a pas toujours été ainsi : dans les trois premiers siècles de l'ère scientifique moderne, le pouvoir de fascination exercé par les sciences de la nature fut tel que certains jurisconsultes et philosophes du droit furent tentés d'aller puiser chez elles des métaphores, des analogies, des modèles. Ce fut tout particulière­ment le cas de théoriciens du droit constitutionnel qui étaient confrontés à la tâche de penser cet objet nouveau, l'État moderne : les représentations mécanistes des XVIIe et XVIIIe siècle, comme les représentations biologisantes du XIXesiècle, inspirèrent une série de modélisations juridiques de l'État qui marquèrent les esprits - de Hobbes à Hauriou, de Montesquieu à W. Wilson. Les actes de la journée d'études qui s'est tenue à l'Université Toulouse 1 Capitole le 16 octobre 2015 visent à donner une idée de ce processus de fécondation de la théorie constitutionnelle moderne par diverses analogies tirées des sciences naturelles - processus qui, s'il appartient indubitablement au passé, n'en constitue pas moins un épisode déterminé de l'histoire des idées constitutionnelles.


  • La Belgique démocratique et sécularisée est un État laïque, même si le mot n'appartient pas à son vocabulaire constitutionnel. Faut-il corriger cette carence ainsi que le suggèrent des laïques soucieux de redéfinir la place et le rôle de la religion dans la vie publique ? Mais cette superfluité n'est-elle pas contreproductive tant l'expression est polysémique et source de confusion ? N'y a-t-il pas d'autres urgences ?



  • Le temps des vertus magiques prêtées aux primaires, du renouvellement de la vie démocratique à la rénovation des partis, aura été de courte durée. Des États-Unis à la France, l'heure est aujourd'hui au désenchantement. Ce retournement d'image doit nous interroger. Comment cet instrument de régulation de la compétition politique a pu se muer en facteur de divisions et d'imprévisibilité électorale ? Pour interroger cette crise de la primarisation des systèmes partisans, les enquêtes rassemblées dans cet ouvrage, menées de l'Argentine à la Russie, montrent pourquoi la contagion de ce système électoral ne saurait se lire comme le simple résultat d'une adaptation mécanique du modèle nord-américain ou d'un processus irrésistible de diffusion. C'est le paradoxe de ce nouveau standard international de désignation. Alors qu'il peine de plus en plus à démontrer son efficacité et sa légitimité, le retour aux modes de sélection antérieurs reste plus que jamais un sujet tabou pour les partis.

  • Si, comme le disait Kelsen, l'objet de la science du droit est le droit parce qu'elle décrit les normes en vigueur, la théorie générale du droit doit se donner un objet différent parce qu'elle ne décrit pas des normes mais les caractères communs à plusieurs systèmes juridiques. Or, ces caractères, la hiérarchie des normes, le rôle de la volonté, la séparation du droit et de la morale, n'ont d'existence objective que dans le discours juridique qui les produit à titre de justification.
    L'objet de la théorie générale du droit est donc le droit, compris comme une forme particulière de discours visant à justifier les décisions, c'est-à-dire comme une forme d'exercice du pouvoir politique.
    Une théorie du droit ainsi conçue comme une métathéorie se distingue nettement de la théorie générale du droit traditionnelle et évite certaines de ses apories, notamment celle de l'obligation.
    En effet, si l'on postule que le droit est obligatoire, il ne peut être étudié selon le principe de causalité et la théorie se réduit à une recherche des fondements de l'obligation. On peut faire l'histoire de son contenu, mais non de la forme juridique elle-même. Mais si l'on accepte de se limiter à cette constatation que, en vertu de certains discours, certains comportements sont tenus pour obligatoires, les discours juridiques peuvent être traités comme des faits. La théorie peut alors rechercher les causes endogènes de leur apparition et de leurs transformations. Une telle théorie ne prétend pas traiter de la nature du droit, ni même du concept de droit, mais seulement des diverses manières dont les hommes décident et donnent à leurs décisions des justifications qu'ils nomment « juridiques ». Elle ne cherche pas à établir si la constitution est toujours réellement supérieure à la loi, ni si l'État est vraiment soumis au droit ou vraiment souverain, ni même si l'on peut établir une cohérence entre ces idées, mais seulement dans quels cas, dans quelles circonstances et pour quelles raisons, les acteurs invoquent - ou plutôt produisent - la hiérarchie des normes, la souveraineté ou l'État de droit. En d'autres termes, elle traite les discours et par conséquent le droit lui-même comme des ensembles de faits soumis à la nécessité.

  • Les cours constitutionnelles se sont affirmées comme les garantes des valeurs fondamentales de nos démocraties modernes, même en France où, malgré une tradition peu favorable à la justice constitutionnelle, le Conseil constitutionnel est parvenu à s'imposer comme un acteur politique central. L'un des protagonistes de cette montée en puissance, le constitutionnaliste lui-même, passe en général inaperçu.

    Cet ouvrage retrace l'invention du constitutionnaliste, ce professeur de droit spécialiste des constitutions politiques qui apparaît en France à la fin du XIXe siècle en même temps que la République naissante. Il démontre combien ces professeurs ont joué un rôle crucial dans l'avènement du nouveau régime, dans sa consolidation et ses remises en cause, et analyse les tensions permanentes entre droit et politique émaillant la création du corpus constitutionnel au fondement juridique de notre système politique actuel.

    Ce faisant, Guillaume Sacriste révèle un pan essentiel, et pourtant oublié,
    de l'histoire juridique et constitutionnelle de la France.

  • Réduire la durée du mandat présidentiel de sept à cinq ans, quoi de plus simple ? Un nouveau chiffre, un seul mot changé dans la Constitution. Grâce à quoi les Français s'expriment plus souvent, le président règne moins longtemps. L'affaire est entendue.Sauf que l'on objecte : le quinquennat change la nature de nos institutions. La plupart des tenants de cette thèse soulignent qu'il présidentialise la Cinquième République. D'autres fondent leur refus sur une analyse exactement inverse : il renforce le poids des partis et nous menace d'un régime d'assemblée. L'affaire se complique.Troisième argumentation : le quinquennat nous entraîne obligatoirement vers un régime présidentiel à l'américaine. Un tel enchaînement est redouté par les conservateurs, mais souhaité par les réformateurs. Le brouillard s'épaissit.Que faut-il penser de ces différentes positions ? Le quinquennat est-il une bonne ou une mauvaise chose ? Que change-t-il vraiment ? Telles sont les questions que se posent les citoyens. Cette nouvelle édition y répond, à la fois par une confrontation de la Cinquiàme République aux grandes démocraties qui l'entourent et au regard des débats les plus actuels.Olivier Duhamel, professeur des Universités à Sciences Po, directeur de la revue Pouvoirs, chroniqueur ? France-Culture et à LCI, a participé aux comités Vedel (1993) et Balladur (2007) sur la révision de la Constitution.

  • Pour la première fois, grâce à une immersion de plusieurs semaines des deux côtés de la barrière, l'auteur donne les clefs pour comprendre ce mouvement qui fait vaciller le gouvernement.
    Quelles sont les origines de cette fracture entre le peuple et ses élites ? Quels sont les actes fondateurs de cette identification sociale ? Qui sont véritablement les Gilets Jaunes ? Quelles sont leurs revendications précises ? Pourquoi expriment-ils une telle défiance à l'égard d'Emmanuel Macron ? Comment comptent-ils reprendre le pouvoir et modifier la Constitution de la cinquième République ? Que veulent-ils faire du « RIC » ?
    Mais aussi : Quels scandales l'exécutif essaie-t-il de couvrir ? Que pensent réellement les forces de l'ordre du mouvement ? Comment interpréter les violences policières et des manifestants ?
    En somme, allons-nous Vers une démocratie réelle ? La réponse et le témoignage d'un acteur... à découvrir dans ce livre !

  • Cet ouvrage s'attache à dévoiler un présupposé essentiel inhérent au geste kantien de la révolution copernicienne, selon lequel les structures universelles des objets qui se présentent dans l'expérience se règlent sur celles de tout sujet transcendantal fini : à savoir la présupposition d'une nature ou d'une pré-constitution invariante du sujet (ses facultés et leurs structures a priori). Pour dépasser ce présupposé, il fait appel au principe husserlien selon lequel toute catégorie d'objets détermine une structure régulatrice du sujet transcendantal, et tente d'élaborer sur ce fondement une doctrine phénoménologique du sujet pur et de ses facultés, qui fasse l'économie de toute admission préalable d'une nature humaine : les différences entre sensibilité, entendement et raison sont ainsi redéfinies à partir des types d'objets, sans présupposer de système de facultés invariant.

  • « Nous réclamons une constitution. o Telle est l'exhortation qu'une centaine d'officiers, rassemblés sur la place du Sénat à Saint-Pétersbourg le 14 décembre 1825, adresse à Nicolas 1er. La réponse du jeune empereur est à l'image de l'autocratie : arrestation, procès, puis condamnation à l'exil. Le destin des insurgés se poursuit en Sibérie : portant le nom de leur insurrection, les « décembristes » sont déportés pour avoir élevé la contestation en place publique. Comment des officiers, loyaux soutiens de l'Empire, ont-ils pu prendre les armes contre leur souverain ? Le présent ouvrage se donne l'ambition de retracer l'itinéraire de ces hommes pour comprendre leur marche vers l'insurrection de 1825. Il s'appuie sur un corpus original et varié : archives familiales, correspondances, projets de constitution, interrogatoires et dossiers d'instruction, mémoires rédigés en exil. Ces sources nous dévoilent l'intimité d'une génération, née en terre d'autocratie, devenue républicaine.

  • La VIe République est une revendication quasi concomitante à la mise en place de la constitution du 4 octobre 1958. Depuis cette date, le projet d 'une révision radicale des institutions n 'a cessé de prospérer dans toutes les formations de l'échiquier politique, à droite comme à gauche, amenant successivement la plupart des leaders politiques à afficher, à titre individuel ou partisan, leurs intentions. Les candidats aux présidentielles 2007 ont été sommés de prendre position et d'avancer des propositions, qu'elles soient réformistes ou de rupture. Le débat institutionnel devrait ainsi, selon les commentateurs, être au coeur des prochaines campagnes électorales. Cette émulation de la créativité constitutionnelle, sous les sunlights des médias, n'a guère amélioré la lisibilité des modèles proposés et elle n'a pas davantage permis de dégager un consensus dans la société française sur le vent des réformes souhaitables et souhaitées. C'est donc dans ce contexte d'affaiblissement des institutions de la Ve République, qu'Henry Roussillon et Stéphane Mouton ont eu la très heureuse et opportune idée d'organiser, en avril 2006, un colloque sur "Demain, la VIe République ?" ce qui a permis de dégager, entre les participants, un certain nombre de convergence : une lecture très critique des institutions de la Ve République, l'appel à un changement profond du régime et du système politiques à défaut de justifier le changement de numérotation de la République, la nécessité de ramener le Président de la République au strict rôle arbitral qu'il n'aurait jamais dû cesser d'exercer, enfin le constat que nul ne prétend changer la politique en changeant de constitution. En même temps, quelques lignes de tension ont discrètement sous-tendu les interventions : tensions entre expertise technique et démocratie : la place du savoir expert et la place du citoyen profane ; tensions entre réforme institutionnelle et révolution conceptuelle : ce que l'ingénierie constitutionnelle sait résoudre et ce qui lui échappe ; tensions entre constitutionnalisme et politique : ce que le droit peut résoudre et ce qui résulte des urnes, le fait majoritaire ayant largement hanté les débats.

  • Le mot "constitution" appliqué à la nation désigne l'ensemble de ses institutions. Cet ouvrage décrit l'ensemble des constitutions de la France, depuis l'Ancien Régime jusqu'à nos jours et permet ainsi de situer nos institutions actuelles dans leur cadre historique.

  • Dans Par-delà la révolution copernicienne, l'auteur avait pris pour fil conducteur la critique husserlienne de la révolution copernicienne de Kant : si, pour ce dernier, l'être des objets se règle sur les structures a priori du sujet transcendantal, c'est en phénoménologie, à l'inverse, chaque catégorie essentielle d'objets qui prescrit en miroir une structure régulatrice du sujet constituant. Le présent ouvrage prolonge cette démarche : car loin que le système des objets soit clos une fois pour toutes, la sphère des objets culturels et idéaux est au contraire en perpétuel devenir ; cela n'implique-t-il pas, du côté du sujet, une plasticité et une relativité historiques de son essence et de ses facultés ? En outre, si l'on considère les structures de la raison scientifique, on doit avec Husserl faire le constat qu'elles sont privées de permanence anhistorique et que l'histoire est scandée par des coupures épistémologiques où se redéfinissent le style de la rationalité et les catégories de la raison scientifique. Quelle est l'instance qui produit de telles mutations de la rationalité ? Est-ce le sujet transcendantal, ou bien une dimension a-subjective plus originaire que le sujet lui-même ?

  • La doctrine de l'État de Carl Schmitt, souvent délaissée au profit d'autres facettes de son oeuvre, constitue pourtant le lieu où s'incarnent ses théories du politique et de la Constitution. Le juriste allemand y consigne les bouleversements institutionnels traversés par l'Allemagne au xxe siècle. En 1914, il pense encore l'État dans sa conformité à la légalité, alors qu'à la chute de l'Empire, il ne considère les organes étatiques que dans leur usage de la décision et leur aptitude à affronter les situations d'exception.


    Dans une perspective inédite, à partir d'une étude systématique de ses écrits relatifs à l'État, cet ouvrage relie la théologie politique de Schmitt, son anti-individualisme, comme sa définition singulière du politique, à ses propositions de refonte des institutions.


    La reconstitution de sa doctrine de l'État éclaire d'un jour nouveau l'affrontement entre ses partisans et ses adversaires et explique, malgré les compromissions avérées de Carl Schmitt avec le nazisme, la persistance de sa pensée dans la vie intellectuelle après Nuremberg.

  • L'union politique de l'Europe ne pourra s'opérer qu'au rythme du «temps long», au sens où l'entendait Fernand Braudel à propos de la Méditerranée. En témoigne la succession des traités adoptés depuis la Déclaration Schuman du 9 mai 1950.


    La fin de la guerre froide et l'élargissement ont donné à l'Union européenne la taille critique et la marge d'autonomie ouvrant la voie à l'union politique. Puissent les innovations introduites dans le traité de Lisbonne rendre désormais possible une mutation que la mondialisation et l'émergence de nouvelles grandes puissances imposent aux États membres.


    C'est cette nécessité d'achever l'union politique de l'Europe et de prendre la mesure de la fédération d'États-nations, telle que la propose Jacques Delors, que cet ouvrage entend démontrer.

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