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  • Ubu roi

    Alfred Jarry

    Le personnage d'Ubu, né d'une pièce créée par des lycéens, est devenu le symbole universel de l'absurdité du pouvoir, du despotisme, de la cruauté. Jarry en montre le ridicule, lui oppose l'arme que les faibles gardent face aux tyrans, la formidable liberté intérieure que donne le rire. Le sens du comique et de l'humour change le tyran en marionnette, en ballon gonflé d'air.

  • Une sélection de quatre titres pour transporter le lecteur avec délice dans la féerie des contes d autrefois. En prose ou en vers, les grands classiques de la littérature enfantine sont ici rassemblés pour le bonheur de plusieurs générations bercées par les contes d antan, et de toutes celles à venir. De beaux rêves en perspective...

  • La Guerre des boutons, roman de ma douzième année (titre complet) est un roman français écrit par Louis Pergaud, écrivain franc-comtois, et publié en 1912. Il décrit la « guerre » que se livrent les bandes d'enfants de deux villages rivaux, Longeverne et Velrans, dans la campagne franc-comtoise de la fin du xixe siècle. L'auteur s'est inspiré de la vie dans le village de Landresse, dans le département du Doubs, où il a enseigné deux ans. Extrait : Les quatre guerriers et le chef se déchaussèrent et mirent leurs bas dans leurs chaussures ; puis ils s'assurèrent qu'ils n'avaient pas perdu leur morceau de craie et, l'un derrière l'autre, le chef en tête, la pupille dilatée, l'oreille tendue, le nez frémissant, ils s'engagèrent sur le sentier de la guerre pour gagner le plus directement possible l'église du village ennemi, but de leur entreprise nocturne. Attentifs au moindre bruit, s'aplatissant au fond des fossés, se collant aux murs ou se noyant dans l'obscurité des haies, ils se glissaient, ils s'avançaient comme des ombres, craignant seulement l'apparition insolite d'une lanterne portée par un indigène se rendant à la veillée ou la présence d'un voyageur attardé menant boire son carcan. Mais rien ne les ennuya que l'aboi du chien de Jean des Gués, un salopiot qui gueulait continuellement. Enfin ils parvinrent sur la place du moutier et ils s'avancèrent sous les cloches. Tout était désert et silencieux.

  • Un voyage dans le style de Laurence Sterne, prétexte à évocations artistiques et littéraires qui annoncent déjà le romantisme et qui parodie la mode des récits de voyage du XVIIIe siècle. Ce voyage est celui qu'il effectue alors qu'il se trouve aux arrêts pour une quarantaine de jours.

  • " De quoi s'agit-il sinon d'arracher la langue aux imbéciles, aux redoutables et définitifs idiots de ce siècle, comme saint Jérôme réduisit au silence les Pélagiens de son temps ?
    Obtenir enfin le mutisme du Bourgeois, quel rêve !
    L'entreprise, je le sais bien, doit paraître fort insensée. Cependant je ne désespère pas de la démontrer d'une exécution facile et même agréable.
    Le vrai Bourgeois, c'est-à-dire, dans un sens moderne et aussi général que possible, l'homme qui ne fait aucun usage de la faculté de penser et qui vit ou paraît vivre sans avoir sollicité, un seul jour, par le besoin de comprendre quoi que ce soit, est nécessairement borné dans son langage à un très petit nombre de formules.
    Le répertoire des locutions patrimoniales qui lui suffisent est extrêmement exigu et ne va guère au delà de quelques centaines. Ah ! si on était assez béni pour lui ravir cet humble trésor, un paradisiaque silence tomberait aussitôt sur notre globe consolé ! " Léon Bloy " Léon Bloy, collectionneur de haines, dans son musée bien rempli, n'a pas exclu la bourgeoisie française. Il l'a noircie avec les couleurs sombres qui justifient le souvenir des rêves de Quevedo et de Goya ".
    Jorge Luis Borges " L'invective systématique, maniée sans aucune limite d'objets - la gifle surréaliste au cadavre d'Anatole France est bien timide auprès des profanations de Bloy - constitue d'une certaine façon une expérience radicale du langage : le bonheur de l'invective n'est qu'une variété de ce bonheur d'expression, que Maurice Blanchot a justement retourné en expression du bonheur. " Roland Barthes

  • Avoir l'esprit bourgeois, c'est penser selon les habitudes de son milieu et s'y conformer. Sa vie durant, Flaubert joua de la lyre, du couteau (à découper) et de la massue. Au cours de sa vaste entreprise de démolition, lui vint l'idée diabolique du « Dictionnaire des idées reçues » à partir d'une constatation de génie : le propre des gens bêtes est de craindre par dessus tout de paraître tels. Pour les vaincre, il faut donc les conduire à s'étouffer dans cette crainte...

  • "Comment s'étaient-ils rencontrésoe Par hasard, comme tout le monde. Comment s'appelaient-ilsoe Que vous importeoe D'où venaient-ilsoe Du lieu le plus prochain. Où allaient-ilsoe Est-ce que l'on sait où l'on vaoe Que disaient-ilsoe Le maître ne disait rien ; et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut." Cet incipit à la superbe ironie donne le ton du roman, ou plutôt du non-roman de Diderot. A la fois récit picaresque, écheveau de contes, de nouvelles, de fables, de portraits, libre suite d'essais philosophiques ou moraux, de dissertations, d'exposés, et parfois de simples bons mots, « Jacques le fataliste » se joue de toute tentative de classification et annonce les plus audacieuses émancipations littéraires. S'il hérite de célèbres devanciers telles que « Don Quichotte », « Gil Blas » ou « Vie et opinions de Tristram Shandy », sa structure à tiroirs, le roman apporte une liberté de ton toute nouvelle. Le récit des amours de Jacques, sans cesse interrompu et remis, n'apparaît finalement que comme le prétexte à de multiples digressions et commentaires, adresses, lazzis. Pour l'une des toutes premières fois, le sujet de l'oeuvre devient son objet : les questions du libre arbitre, de la responsabilité, de la fatalité, de la pro­vidence ou même d'une présence divine constituent les thèmes d'une écriture qui ose tout. Quelle est notre libertéoe Que décidons-nous de notre vieoe Doit-on croireoe Pourquoi écrireoe Que direoe Ce parcours écrasant imposait un comédien virtuose, capable de rendre justice aux multiples mouvements du récit. Didier Bezace incarne avec densité et finesse les multiples personnages de « Jacques. » et on imagine difficilement une autre voix pour faire entendre l'inouï - dans le plein sens du terme - humour de Diderot.

  • à se tordre

    Alphonse Allais

    Alphonse Allais se considérait comme un auteur pour commis voyageurs. On n'a cessé de colporter ses bons mots, du calembour épais (Monsieur Lecoq-Hue) aux réflexions cyniques (« à la suite d'une chute de cheval, j'avais perdu tout sens moral »), en passant par les considérations absurdes (« Angéline rappelait d'une façon frappante La Vierge à la chaise de Raphaël, moins la chaise ») .



    C'était pourtant un « grand écrivain » qui « créait à chaque instant » (Jules Renard). André Breton a rendu justice à son «humour noir », tandis qu'Urnberto Eco l'a étudié comme l'un des maîtres du récit. À se tordre, son premier recueil, le fait entrer dans le Panthéon des Lettres et le consacre premier comique du XIXe siècle.

  • Narration : Bernard Petit Que l'assassinat froid et délibéré puisse être un devoir sacré, une preuve d'amour : voilà une situation rare, unique, peut-être, dans les annales de la littérature criminelle... Tel est bien pourtant l'acte qu'exige de lui-même Lord Arthur Savile, intransigeant avec l'honneur, et qu'envisage l'auteur du Portrait de Dorian Gray, hanté par la fatalité qui conduit certains êtres vers le mal.

    On retrouve dans ce récit toutes les caractéristiques du style d'Oscar Wilde (1854 - 1900) qui font de lui un des écrivains les plus brillants d'Angleterre. La précision des descriptions, l'ironie, l'émotion et concision sont parmi les qualités de l'écrivain, celles qui font de lui un auteur toujours autant apprécié.

  • Le nez d'un notaire

    Edmond About

    Maître Alfred L'Ambert, ayant perdu son nez au cours d'un duel, décide de se faire greffer un morceau de peau pour le remplacer. Il ne trouve pour donneur qu'un jeune ouvrier fort peu fréquentable, au bras duquel il devra passer trente jours le nez cousu. La cohabitation ne sera pas sans difficultés ni surprises.

    Edmond About (1828-1880 fut l'un des rares auteurs français comiques du XIXe siècle. Dans Le Nez d'un notaire, roman à succès dès sa publication en 1862, il multiplie les situations cocasses et réinvente avec humour l'union des classes.

  • J'aimais bien le film avec Louis de Funes, j'ai adoré le livre, un petit chef d'oeuvre d'humour provincial, où le non sens prend le pas.
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  • La chasse au trésor

    O. Henry

    O. Henry est le pseudonyme de l'écrivain américain William Sydney Porter. En 1896, il est accusé de détournement d'argent par la banque où il travaille. O. Henry est relâché à Columbus, Ohio le 24 juillet 1901, après trois ans de prison. Il s'installe alors à New York et commence une carrière d'écrivain. C'est en prison qu'il aurait reçu son surnom. Extrait : Il y a de nombreuses espèces d'imbéciles. S'il vous plaît, que tout le monde reste assis, jusqu'à ce que chacun soit appelé individuellement. J'avais été toutes les espèces d'imbéciles, excepté une. J'avais dépensé mon patrimoine, compensé mon mariage, joué au poker, au tennis, à la Bourse, je m'étais séparé de mon argent par des moyens variés et rapides. Mais il y avait un rôle de fou (ou de bouffon) que je n'avais pas encore joué : c'était celui du Chercheur de Trésors Enfouis. Rares sont les gens dont s'empare cette délectable fureur. Mais parmi tous les émules du Roi Midas, aucun ne s'est livré à une poursuite aussi riche en exquises promesses. Ici, je dois délaisser mon thème pour quelques minutes. J'étais un imbécile de l'espèce sentimentale. Je vis May-Martha Mangum et devins son esclave. Elle avait dix-huit ans et la couleur des touches blanches d'un piano neuf. Elle était belle et douée de l'exquise solennité et du pathétique ensorcellement d'un ange immaculé condamné à vivre dans une petite et morne ville de prairies du Texas. Elle avait un esprit et un charme qui auraient pu lui permettre de cueillir comme des framboises les rubis de la couronne de Belgique ou de n'importe quel autre royaume sportif, mais elle ne le savait pas et ce n'est pas moi qui allais le lui apprendre.

  •  Quand il fait paraître "Zonzon Pépette, fille de Londres" en 1923, le belge André Baillon, entre deux tentatives de suicide, entre à l'hôpital psychiatrique de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Il a déjà plusieurs vies derrière lui, flambeur de casino, paysan en sabots, secrétaire de rédaction d'un journal médical.... Est-ce tout cela qui donne à la légèreté de Zonzon Pépette cet arrière-goût d'une danse sur un abîme ?
    Notre littérature populaire est un continent fait de ces vies qui se brûlent tout entières à l'écriture, mais ne viennent pas rejoindre les livres qu'on dit nobles. Méfions-nous : souvent, c'est seulement parce que ceux qui parlent des livres, et décrètent qu'ils sont littérature, ne connaissent pas grand-chose au monde qui soudain ici jaillit.  Ce qui compte, c'est ce sel d'aventure, cette dérive aux visages, c'est l'ombre de la ville.  Le contraste ici de la grande verve de Zonzon Pépette, voleuse dès la première ligne ("Salaud, je t'emmerde.") et du sombre et grand Londres. Les copains de Zonzon Pépette sont Ernez-Les-Beaux-Yeux, Fernand-le-Lutteur, Valère-le-Juste ("Depuis quinze jours, ils s'étaient flanqué pas mal de gifles et de caresses: ils s'aimaient beaucoup.") Quand on s'engouffre dans ce roman de langue, où c'est la verve qui fait l'histoire, appelle les visages et les couleurs, dans cette obscénité joyeuse d'un personnage qui casse les règles bourgeoises, on le sait bien, qu'il n'y a pas d'un côté la littérature populaire et de l'autre côté le monde noble des lettres : on respire trop, à chaque ligne, ce que les autres lui ont pris, de Simenon à Céline.  "Et puis, il lui parut bien que ce salaud lui faisait de l'oeil avec la cuisse" : franchement, vous l'auriez écrite, cette phrase ?
    Vous pouvez faire confiance. Et nous, le travail : discrètement construire l'epub (création graphique Roxane Lecomte, Digital Hat) pour que l'expérience de lecture soit à la fois la qualité due à nos exigences d'aujourd'hui, et ce petit air 1923, dans la façon d'attraper le livre... et de vous le passer pour ce soir !
    FB

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