La Piterne

  • Dingo

    Octave Mirbeau

    Dingo : Dernière oeuvre narrative de Mirbeau, Dingo n'a pas pu être achevé par le romancier, trop malade. En rupture complète avec la tradition "réaliste", ce récit nous introduit dans un monde de fantaisie, où la galéjade et le mythe côtoient l'observation, et où la réalité la plus sordide, inspirée par les déboires rencontrés par le romancier, est transfigurée par le regard et l'imagination du narrateur. (Pierre Michel, Société Octave Mirbeau)
    Un gentilhomme : Roman inachevé, dont il ne reste que les trois premiers chapitres, Un gentilhomme a été rédigé vers 1900-1902 et vite abandonné, avant d'être publié en 1920 par la veuve du grand écrivain. Revenant sur ses débuts, à la faveur de la fiction, le romancier développe une analyse typiquement anarchiste de la prostitution, et considère que celle de l'esprit est bien plus salissante que celle du corps. (Pierre Michel, Société Octave Mirbeau)

  • La pécheresse

    Henri De Regnier

    M. de Séguirann'a qu'un souci, dans son château près d'Aix en Provence : avoir une descendance. Les madames de Séguiran sont vertueuses ; la première incapable de fournir l'héritier tant souhaité laisse un veuf éploré. Mais le plus cruel est son frère qui soupçonne M. de Séguiran d'être incapable de procréer !
    Avec humour et beaucoup d'allusions fines, Henri de Régnier plante des personnages hauts en couleurs dans des situations rocambolesques. Avec son style précieux et précis, il amuse et émeut jusqu'à la dernière scène !

  • Le fiancé

    Henri Faucon

    Trois nouvelles publiées dans le Bulletin de la Société havraise d'études diverses en 1894 : - Le fiancé : un jeune recru annonce comme profession qu'il est le fiancé de Suzon ! - Service de nuit : qu'est-il préférable d'être à l'armée : un bicycliste ou un cavalier ? - Heures d'étude : du collège au bureau d'avocat, le mot "étude" poursuit l'auteur qui se souvient de ses longs ennuis.

  • La veuve du major

    Charles Canivet

    Clodomir va à l'enterrement de son oncle sans le moindre chagrin ; puis à la lecture du testament... et là, il apprend ! Humour et famille font-ils bon ménage ?

  • Grégoire est un brave gars ; ses parents sont des paysans, qui cultivent leurs terres à côté de Trun et s'occupent bien de leurs bêtes. Grégoire va sur ses vingt-cinq ans. Ce n'est pas un gars à courir les filles ; il est sérieux et propre ! Ses parents s'inquiètent. Ils commencent à prendre de l'âge et se demandent ce que va devenir la ferme, quand ils ne seront plus là.
    - Dimanche, y a bal au café ? Eh bien, tu repères une fille qui te plaît, tu lui proposes de danser avec elle et tu lui parles de la ferme... Surtout tu lui dis que t'aurais envie de faire des enfants avec elle...

  • En apparence, faire ses courses est une activité banale. Mais quand les trois grâces se les racontent, c'est une tout autre affaire : Ginette explique en un quart d'heure ce qui s'expose en deux minutes, Odile l'écoute avec indifférence et les anecdotes les plus incroyables arrivent le jour où Claudine a autre chose à faire. Même si cette autre chose est plutôt un prétexte qu'une raison !
    Les trois vieilles dames se confient leurs aventures dans les boutiques, les remarques qu'elles essuient, et heureusement leurs rencontres avec de bien braves gens pour les aider. Un récit plus vrai que nature.

  • Je ne cherche pas à mentir : ce que je dis, c'est la vérité pur jus ; je n'ai même pas besoin d'inventer, surtout que je ne suis pas douée pour mentir ! Mais je dois bien l'avouer, c'est plus fort que moi : je suis une vraie gaffeuse, une vraie de vrai ! Je gaffe... toujours par inattention, jamais par bêtise

  • Le futur grand-père a eu un rêve : une « chambre évolutive » pour le Petit annoncé. Mais de l'idée à sa réalisation, il y a un grand pas : Vivien a connu son dernier essai de décorateur trente ans plus tôt, à la naissance de la future maman ! Dans le magasin de bricolage, entre nouveaux produits et créations colorées, le visionnaire trouve enfin une suggestion conforme à son rêve. Pour être chouette, c'est chouette !

  • - Encore un gars ! Quand est-ce que tu me feras une fille ?

    Monsieur Anthelme était déconcerté d'être le père d'un cinquième garçon. Bien davantage, il était furibard !
    - Je vais quand même pas en avoir une tripotée, composer une équipe de rugby entière, avant d'avoir une seule gonzesse !

  • Aux yeux de certains, la Normandie semble terre de pommiers, chaumières et vaches, sous une pluie permanente. Un éditeur a confié la rédaction des guides aux « gens du pays », leur demandant d'axer l'attention sur ce qui se voit, du concret, du vérifiable ! Ainsi, le narrateur de la présente nouvelle s'est retrouvé à dépeindre sa région natale.

    A-t-il subi les élans de son coeur ou s'est-il laissé emporter par son humour naturel ? L'auteur a exagéré quelques détails, grandi de petites choses et passé à côté d'autres. L'extrait de son guide régional donne envie d'en découvrir les autres pages, et de traîner ses guêtres sous les pommiers...

  • Mamette

    Jean-Patrick Beaufreton

    La plus chère tradition de Mamette est de réunir la descendance au grand complet le dimanche entre la fête de Noël et le Nouvel an : ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, pas un ne manque à l'appel. Pour rien au monde, Mamette ne dérogerait à cette coutume ; c'est sa Fête, avec un grand adjectif possessif et une immense majuscule.

    Quelques descendants, sa fille en tête, songeaient à la décharger de cette corvée annuelle, jugée trop lourde pour son âge. Ils auraient souhaité lui réserver une surprise et organiser le repas complet pour la si longue tablée.

  • Tom autorisait Anne à entrer dans le cabinet meublé d'une table, deux chaises, une boule transparente et un jeu de tarot. L'endroit affichait la sobriété, pas de bibliothèque ésotérique, ni diplôme aux dimensions mirifiques. Madame Clara n'usait pas de ces tape-à-l'oeil, affirma-t-elle, seules les ondes l'informaient de la personne qui se présentait à elle.
    - Vous formez un couple heureux. Mais le bonheur est fragile, incertain... votre couple attire les épreuves !

  • Mathurin est un garçon à la vie exemplaire : les amis de ses parents le citent en exemple.
    Mathurin a un diplôme, comme beaucoup de jeunes de sa génération ; il a un emploi, comme tous les pistonnés par leur paternel ; il habite chez ses parents, et cela rassure ceux qui redoutent le départ de leurs enfants du cocon familial. Ce qui est moins visible, moins exhibé, c'est le petit coeur de Mathurin, ses souffrances intimes, ses amours platoniques sans lendemain. Mathurin rêve en secret d'une donzelle pour le restant de ses jours, mais les jours défilent plus vite que les nymphettes entre ses bras.

  • Ce type-là est prêt à n'importe quoi, à passer la nuit n'importe où, pourvu qu'il ne retrouve pas sa bonne femme... Elle l'use, elle le mine, elle le harcèle, elle le pompe, elle le vide... Tu entends ça, Martin, « ma femme me vide ».

  • Amélie Merval improvise des romans et souhaite marier ses deux filles. Un soir de bal, Philidor Moulin, l'entend formenter un meurtre.
    Comment ce fils d'honnête magistrat provincial pourrait-il épouser la fille d'une criminelle ?

  • Que chercher dans l'amour ? Nicolas a rencontré l'âme-soeur en la personne d'Élise. Leur première rencontre se déroule dans une soirée où Nicolas brille par son excès en Irish-coffees ; le lendemain, Élise s'incruste en protectrice zélée. Ils prennent l'habitude de passer des soirées au restaurant, au cinéma, à la piscine. Rien d'original ou d'inquiétant.
    Mais Nicolas n'en peut plus : Élise est trop grande, trop belle, trop intelligente, trop parfaite, trop sensible, trop en tout. Il s'épuise et souhaite trouver le moyen de lui faire comprendre son désarroi.

  • Dans la petite ville de X..., anonyme pour ne pas la personnaliser, on s'ennuie avec art !
    Henri Bersac, le percepteur des contributions directes, organise des parties de valet noir, auxquelles participent tous les notables et où le perdant met un sou sous le chandelier.
    Mais comment employer la cagnotte des amendes ?
    Les joueurs décident d'organiser un pantagruélique repas de Noël, servi après la fin de la messe de minuit ; c'est un usage et, en province, les usages ont force de loi.

  • Le journal d'une femme de chambre accompagne Dans le ciel publié seulement en feuilleton de presse : le plus classique et le plus discret de l'auteur sulfureux.

  • Ce cochon de Morin

    Guy De Maupassant

    Morin, mercier à la Rochelle, revient de Paris où il a passé quinze jours. Dans la gare, il aperçoit une jeune fille, Henriette Bonnel, il tombe sous son charme. Pensant qu'elle lui fait des avances, il essaie de l'embrasser. Prise de peur, la jeune fille alerte les employés. Morin est arrêté.
    Labarbe, un journaliste, veut aider Morin. Il se rend chez l'oncle de la jeune fille, où elle réside depuis la mort de ses parents. Il est lui aussi séduit par Henriette.

  • Depuis qu'il avait retrouvé son compagnon, Robinson avait repris ses habitudes de maître et ordonnait à tout bout de champs. Mais jamais il n'avait été aussi coléreux.

    - Vendredi, viens là, hurla-t-il en fixant les flots. Dis-moi où tu as mis la réserve d'asticots ?

    Après un moment d'incertitude, Vendredi comprit que son maître ne pipait rien à la pêche ; il avait dû voir un pécheur dans une rivière de France et s'imaginait en faire autant dans l'océan.

  • Jean Roger n'est pas peu fier. Il croit vivre un rêve, il plane sur un nuage. Son troisième livre lui vaut d'être invité à la télévision, dans l'émission littéraire qui réunit des millions de téléspectateurs chaque semaine : À la marge. Il lui reste à préparer son passage devant les caméras, en choisissant un argument massue à placer en premier et deux ou trois autres idées à exposer, si on lui accorde plus de temps.

  • Dès les premières lignes de l'avant-propos, l'auteur prévient
    "Ce modeste ouvrage s'adresse à ceux qui veulent rire et aussi à ceux qui veulent s'instruire. Ces récits, tirés en général d'observations personnelles, de conversations entendues en chemin de fer, à la campagne ou sur les places de marchés, sont ceux que j'offre aujourd'hui au public. Ainsi qu'on peut le constater, les six histoires qui suivent sont écrites en six patois différents du Calvados."
    Professeur à l'École normale de Caen, Louis Bascan s'amuse à relever le parler des cantons et à composer des monologues que les élèves interprètent lors de soirées récréatives. Le fond, aussi bien que la forme, montre le caractère des Normand ; les six nouvelles se lisent sans dictionnaire.
    /> Livre publié en 1903.

  • Souvenez-vous de l'exode en Égypte de Joseph, Marie et Jésus avec leur âne pour unique bien.


    Le curé, certain de son effet, patientait quelques longs instants avant de tirer la sempiternelle morale qu'il adressait au jeune marié : toi qui fondes aujourd'hui ton foyer, tu deviens responsable de ton épouse et des fruits de vos amours. Quelles que soient les richesses que vous réserve la vie, tu en resteras le maître absolu : que ce soit un riche carrosse de prince ou le plus modeste âne !

  • Fiston, tu as appris la théorie à l'école, et elle est excellente... aussi bien la théorie que l'école - le chef riait de ses blagues. Les femmes du trottoir que tu cherches à faire changer d'avis, va les voir pendant ton stage. Tu n'en as jamais eu l'occasion et tu risques de ne pas la revoir de sitôt. Écoute ce qu'elles te diront, essaie ce qu'elles te proposeront. Après, quand tu connaîtras leurs arguments, elles accepteront mieux d'écouter les tiens.

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