Société des écrivains

  • "J´ai connu un gars, juif arabe (Scoumoune Baraka, il s´appelait) qui aimait bien toutes sortes de jeux, de cartes, de dés, et autres Monopoly ou Trivial Poursuit. Cependant il avait un côté paradoxal: il échouait aux réussites, et réussissait aux échecs. C´est dingue ça !!!!!! Toujours mon pote, Scoumoune Baraka, était également doué au bridge, cependant il n´a jamais gagné. Il faut dire que ses adversaires étaient tous dentistes!" "M. Laquin est parti avec ses trois enfants en Antarctique. Mais comme tout touriste qui se respecte, il n´a pas été assez prévoyant au niveau vestimentaire, et par conséquent, Laquin caille, et les gosses pèlent". Erick Dupuy fait de l´actualité ou de sa vie quotidienne une blague permanente. Tout (et tous) y passe dans ce florilège de textes concoctés par l´auteur: de l´humour potache à la saillie spirituelle en passant par les jeux de mots ou les histoires scabreuses... les hommes, les femmes, les absurdités de notre société ou les travers de nos politiques, les petits évènements de tous les jours ou bien la télévision, le sens de l´humour d´Eric Dupuy ne connaît pas de répit!

  • « Un petit mot pour signaler à mes amis érudits et cultivés - je ne cite personne - en train de bronzer ou de cultiver leur jardin, candidement ou pas, que la mariologie n'est pas l'étude des blagues des mariolles - et j'en connais quelques-uns - mais une branche de la théologie chrétienne qui s'interroge sur la place de Marie. Je tenais à vous le rappeler. Après, chacun fait ce qu'il veut, et pour ma part, ce sera le mariolle... La dernière fois que je me suis plongé dans la théologie, je me suis retrouvé chauve, et, en pèlerinage à Domrémy, une voix m'a dit : "Choisis ta voie, en tant que petit-fils de chef de gare, tu pourrais dérailler". Effectivement... » Politique, société, sport ou religion... Peu de sujets glissent entre les mailles d'Hervé Muzet, qui prend un malin plaisir à les passer au crible de sa plume corrosive. Électrifiant les mots comme personne, laissant libre cours à son style vif et pétillant, l'auteur s'inscrit ici dans la tradition des humoristes amoureux du français, qui savent que celui-ci recèle mille possibilités et truculences. Facétieux, ébouriffant, détonnant, voici donc un recueil qui nous entraîne sur les montagnes russes formées par un esprit adepte des acrobaties linguistiques !

  • Quelques bons mots échappés de cet ouvrage : Entre Larousse et le petit Robert, Quillet votre dictionnaire préféré ? Le Graal du rentier : faire de l'or avec son argent quand il bronze... Au moment de l'âme hors, il paraît qu'on se voit en corps vivant. « - Vois-tu, dit la voix du sage, on se trompe de voie quand on ne voit pas assez loin ». Les cris vains passent souvent par des mots dits. En recrutement, ne pas confondre le top niveau et le taupe niveau. Combien d'amers ricains se demandent à propos du Mickey qu'on prend aussi pour un Dingo, par quel dessein ce Donald est-il animé ? Aujourd'hui, c'est la lutte des places qui marx plutôt bien. Paradoxes : ici la cigarrête de fumer, là, un pourboire pour manger... « Savoir ouvrir m'apporte » : triple verbe axiologique...

  • « Il ne faut jamais cesser le combat Qu'importe les épreuves difficiles Il ne faut jamais baisser les bras Savoir dompter les maux indociles » Jonathan Machado décrit son oeuvre comme un « recueil de poèmes autobiographique » inspiré par Raymond Queneau. Avec une grande liberté de ton et de forme, il raconte sa quête du bonheur, malgré les accidents de la vie. Handicapé par une neuropathie précoce, il se raccroche au soutien précieux de soignants et de ses proches pour surmonter ses graves problèmes de santé. Optimiste de nature, il pose un regard plein de sagesse et une bonne dose d'humour sur son existence écoulée et livre une vraie leçon d'espoir.

  • Vava veut de longs cheveux... ce qui exige un minimum de soins... Mais, pour lui, le shampooing et le coiffage sont deux épreuves qu'il retarde au maximum, craignant autant les yeux qui piquent que la brosse qui fait mal... Deux petites choses qui n'ont rien d'insurmontable et que sa maman lui apprendra à éviter avec quelques gestes aimants...

  • Question : Quel est l'endroit tranquille, discret, silencieux où vous séjournez plus de quinze mois si vous avez le bonheur de vivre 90 ans ? Réponse : Dans le lieu charmant que l'on nomme de façon pratique « cabinet », de façon historique « vespasienne », de façon plus poétique « lieu d'aisance », de façon enfantine « petits coins ». Comme nous sommes tous de grands enfants, c'est sous cette dernière appellation que cet ouvrage vous convie à un tour du monde de la question, voyage qui se double d'un parcours historique et d'une étude technologique sur les évolutions à prévoir des matériels que nous utilisons multi-quotidiennement. Le lieu est confiné, et pourtant... C'est un voyage débridé à travers le temps et l'espace que nous propose Olivier Helbé. Débordantes d'imagination, des planches savoureuses et décalées, à méditer en lieu sûr : indispensable !

  • « ÉRIC : - Je possède les pleins pouvoirs pour produire des romans et démonter des auteurs. J´ai une responsabilité auprès des consommateurs... des lecteurs. Tu comprends ça ? En l´espace d´un an et trois mois, Simon Chareb m´a fourni deux romans. DEUX ROMANS, deux chefs-d´oeuvre. Deux chefs-d´oeuvre, deux terrains en Normandie. Deux terrains en Normandie, deux fois plus de vacances au mois d´août, je te laisse faire le calcul ? MARTIN : - Oh moi tu sais, l´algèbre... ÉRIC : - En un an et trois mois, qu´est-ce que tu m´as pondu, toi ? Une histoire de grenouilles ! »

  • « La première chose que vous ayez à vous mettre dans le crâne, à mon sujet, c´est que je suis un type méchant. Pas un sale type, entendons-nous bien ! J´espère que vous voyez la différence. Par exemple, Mimoun le minable a balancé spontanément les deux élèves qui ont cassé votre pare-brise pour piquer vos lunettes solaires - des lunettes un peu flashy, non ? Et même, ce vicieux a donné des faux noms, je veux dire ceux d´une paire de cloches qui n´y étaient pour rien. Mimoun est un double salaud. Qu´est-ce que j´ai de commun avec cette engeance ? »

  • « Entre mélancolie et joie de vivre et tristesse, reste la question fondamentale du Petit Prince : "pourquoi se suicide-t-il ?" Mais rassurez-vous, je n'écris pas pour être publié. Après tout, entrer dans l'histoire pour un gars qui veut faire de la littérature n'est pas nécessaire. Et puis, vous le savez comme moi, cela reste... de la littérature...»

  • « J'ai ouvert la porte ce matin, ta porte, Celle de ta chambre, la chambre où tu dors. Je me suis approché de ton lit, dehors J'ai entendu ta voix et tes yeux m'ont souri. Tu étais là, si sûre et si forte, Si pleine d'amour et de vie que j'ai compris Que l'absence c'est une douleur partagée. »

  • « - Un coupable, ça peut se fabriquer, crois-moi, lui opposa-t-elle. Cette dernière phrase lui fit froid dans le dos. Il mit fin à la conversation non sans lui avoir assuré qu'elle lui manquait et qu'il lui tardait d'être à ce soir. Puis il prit sa tête dans ses mains et essaya de se souvenir de son emploi du temps de la veille au soir minute par minute. Il ne fallait pas laisser libre cours à l'imagination des policiers. Mais Clara-Lou avait peut-être plaisanté. » Trois petits romans, et puis s'en va... Certes, mais Triquard tire sa révérence sur une note policière, au fil d'un texte qui voit Lassaiche mourir dans de troublantes conditions et Clara-Lou s'avérer une femme décidément insaisissable. Porté par cette ironie qui faisait déjà le sel des deux premiers opus, « Nul miel sans fiel » clôt avec un humour acide - qui met en relief nos contradictions et égratigne l'actualité politique - une trilogie ô combien caustique.

  • « En désaccord avec le paysage Pierre décida de l´oublier dans l´espoir d´une cohabitation plus cordiale avec les autochtones. Mais sur le quai, déboussolé, il donnait vraiment l´impression d´habiter ailleurs. Comme il se dirige vers la sortie, un bourgeois évident, descendu des Premières Classes, l´aborde : - Alors, mon brave, on sort de sa campagne ? Pierre entrevoit dans cette interpellation sournoise un casus belli immédiatement exploitable. Mais, soucieux de trouver rapidement un gîte, il n´ouvre le débat que pour le clore. - Campagne, mon cul, cocu ! lui répondit-il. »

  • «Quand elle connut que le combat tirait aux abois par l´affaiblissement du choc dont elle se sentait à peine ébranlée, elle se dressa sur un angle et se laissa choir de toute sa pesanteur avec un tel succès que son pauvre coeur, où, tout le reste de son ardeur s´était concentré, en se crevant, fit un éclat si épouvantable que rien dans la nature n´est comparable.»

  • « Pas un souffle. Une chaleur de haut-fourneau. Tout geste semblait figé par la fournaise qui coiffait d'une vapeur grise la capitale léthargique. Et c'est ce jour de 1922 que je choisis pour naître, prématurément, loin du Périgord de mes ancêtres. Marthe Giraud, ma mère, dont l'accouchement était prévu au début du mois de juillet, rendait une courte visite à la tante Victorine, renégate qui, après avoir bazardé le bien qu'elle possédait au pays, régnait présentement sur un bistrot de la rue des Plantes. Appel irrésistible de la nature : la vie ! Ma vie, curieuse et pressée, frappait de toute sa vigoureuse fragilité à la porte du temple maternel. »

  • Émile, Édouard, Jeannot et Louis, tous quatre originaires de l'Hexagone, s'en sont éloignés du fait de sa politique et de leurs caractères intransigeants. Vivant désormais dans une de ses plus belles dépendances, la Réunion, ils se rassemblent régulièrement pour refaire le monde et donner libre cours à leurs débats enfiévrés...

  • « Ces fumées blanches sur fond de ciel bleu me font penser à des tirettes du paradis. J'adore cette expression. Adélaïde ne la comprend pas. Elle regarde cette scène mystique avec son body rouge, sans rien ressentir, ce ciel bleu unique et cette lune brumeuse qui maquille l'horizon ne la ferait pas du tout s'agenouiller devant tant de beauté. Même si je lui prouvais que dieu est là en train de remplir de bières les frigos sur la lune, elle hausserait les épaules comme maintenant. »

  • « Dans une contrée lointaine, sept grands royaumes vivaient en harmonie, se côtoyant lors des grandes célébrations et se réunissant en assemblée lorsqu'il y avait un problème épineux à résoudre. À l'ouest vivait le sultan Bamu ; au centre régnait l'émir Abdul ; le couple du roi Denu et de la reine Posu possédait le nord ; le chef Sanku se contentait du sud ; la princesse Lumbu, la divine Gosu et l'impératrice Hosu se partageaient les terres de l'est. Malheureusement, un matin, les souverains de ces sept royaumes se retrouvent dans un endroit inconnu, ils cherchent leurs terres respectives. Nous sommes en 2021, l'action se déroule dans la ville disparue. »

  • Sabrina Nevière est une jeune étudiante ayant des problèmes familiaux et de grands rêves d'écriture. Elle cherche l'amour... ou au moins un bon coup, et ne peut compter que sur ses meilleures amies et un job minable pour joindre les deux bouts. Candice Whoresome est une blondasse texane venue à L.A. pour devenir actrice. Catholique et fière de l'être, tout lui sourit malgré sa naïveté. L'argent, le beau mec, elle a tout... Seul problème ? Candice Whoresome est le personnage fictif de Sabrina, elle-même aux prises avec des ennuis bien réels...

  • « Mais comment vivaient-ils quand j'étais absent, réfléchis-je ? Et comment se fait-il que je ne me sois pas interrogé plus tôt de leur sort ? Certes, il n'est pas aisé d'adhérer à certaines vérités métaphysiques, même les plus flagrantes, si elles sont incompatibles avec notre capacité d'abdiquer, le temps d'un raisonnement par l'absurde, un minimum de « cartésianité ». Mais je viens cependant d'assister au fonctionnement le plus matérialiste d'un appareil purement fictif ? - C'est très simple, s'immisça alors Jeannot, sans plus me prévenir qu'il allait encore bouleverser davantage mes a priori de glébeux par sa capacité à lire comme dans un livre informatisé, dans mes pensées d'être de chair et d'os... »

  • « Je ne veux pas oublier ma maladie, je veux m'en servir comme d'une béquille, d'une force de vie. Elle qui risquait d'être force destructrice, j'ai voulu l'en détourner par la force des mots. La maladie comme une valse à trois temps. Le temps de l'écureuil d'abord, curieux qui va fureter à droite à gauche pour reconnaître les lieux. Le temps de l'huître ensuite, qui se ferme au monde pour se consacrer à sa lutte. Et enfin le temps du kangourou qui repart sautant dans la vie... »

  • Harry Nielsen est un homme physiquement présent et pourtant mentalement absent. Les morts n'ont rien à envier à sa vie... Son activité favorite, espionner derrière sa fenêtre la marbrerie d'en face... Comme si le malheur ne l'avait toujours pas rassasié. Calvin Dean, le propriétaire du magasin funéraire, a des comportements inquiétants. Quels sont ces hurlements venus tout droit de la marbrerie ? D'où viennent ces odeurs de brûlé la nuit ? Pourquoi la police ne trouve-t-elle rien ? Une bonne dose d'humour grinçant, une pointe de macabre, des figures truculentes, un rythme enlevé... Avec ces ingrédients, nul doute que T. Philippe ne peut que concocter un roman mortellement savoureux... Dans la ligne de mire de l'auteur : les activités pour le moins suspectes et mortifères d'une marbrerie tenue par Calvin Dean, qui vont entraîner des réactions de plus en plus folles, allant crescendo dans la démesure, de la part d'un groupe de personnages dépassés par les événements. Noir et épique, survolté et imprévisible, un texte addictif.

  • Qu´est-ce qui se cache derrière la tuerie des joueurs de la Mondershoise Football Club, massacrés dans leurs propres vestiaires ? D´une violence inouïe, l´épisode va plonger le délicieux et jusque-là paisible patelin normand de Saint-Lech Mondersh dans une incroyable pagaille. Le Commissaire Maurice Croiquis est à nouveau appelé à résoudre une affaire sulfureuse dont les protagonistes viennent de très loin. Sa formidable et démentielle équipe sera, comme toujours, à ses côtés...

  • De la comptine baveuse d´un escargot à celle déplumée d´un perroquet, de l´armure fringante d´un homard au cha-cha-cha d´un puma, point de frontière dans ces pages : de la banquise à la savane, des hautes steppes aux déserts de sable, c´est tout un monde animal qui vous attend ! Car la poésie n´a pas d´âge, les rimes de Françoise Tytgat-Laforgue transportent petits et grands aux quatre coins du globe. Là, enfants rêveurs et animaux aussi divers que variés se joignent en une explosion de mots et de couleurs.

  • C´est enfin les vacances pour Dorothée, Chloé et Laurie. Les trois copines se rendent donc à la Presqu´île Rousse avec la ferme intention de ne rien y faire, si ce n´est profiter de la piscine de la résidence hôtelière du Grand Pin, des bons restaurants des alentours et des bienfaits de l´air marin. Mais à la faveur d´une sieste sur la plage, la curieuse Chloé va surprendre une conversation qui changera la physionomie du séjour des trois jeunes femmes. De cette indiscrétion découlera en effet une enquête au coeur d´une riche famille locale, enquête dont la résolution nécessitera toutes les qualités de détective du lieutenant Dorothée Dechyne, bien épaulée par ses collègues de la région et par ses deux amies de toujours. Un roman policier dans la veine de ceux de la maîtresse du genre. Le truculent Poirot trouve ici son équivalent dans ce trio de jeunes femmes dynamiques, curieuses et attachantes. La prose sobre et agréable de Natacha Rime sert une énigme parfaitement ficelée, et des personnages hauts en couleur apportent la touche d´humour caractéristique de ce style de polars si appréciables. Un bel hommage... et un bon roman !

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