• Entre Kurt Vonnegut, Indiana Jones, et Les Rois du désert, un roman follement drôle qui pointe l'absurdité de la guerre tout en donnant une voix (et une puissance de frappe) à ceux qu'on nomme d'habitude " dommages collatéaux'. Prenez une ville ravagée par la guerre : Bagdad, 2004.Prenez deux types ordinaires qui tentent de survivre ; ajoutez un ex-tortionnaire qui veut sauver sa peau, un trésor enfoui dans le désert, un GI bouffon mais pas si con.Incorporez un fanatique religieux psychopathe, un alchimiste mégalo, une Furie et le gardien d'un secret druze. Versez une quête millénaire dans un chaos meurtrier chauffé à blanc ; relevez avec sunnites, chiites, mercenaires divers et armée américaine. Assaisonnez de dialogues sarcastiques et servez avec une bonne dose d'absurde.
    " La guerre du Golfe a peut-être bien trouvé son Catch-22. ' James Lovegrove - Financial Times.

  • Assis à la terrasse d'un café parisien, Ali et Malika bavardent paisiblement. À les voir ainsi, jeunes et amoureux, un avenir radieux devant eux, qui pourrait croire que leur existence va bientôt basculer dans l'enfer ?Ce vain combat que tu livres au monde met en scène quatre personnages aux prises avec l'Histoire. La dérive mortelle d'un jeune Franco-Marocain de Paris à Raqqa, les réactions de son entourage, le dilemme qu'affronte sa compagne et, en arrière-plan, les événements tragiques qui ont récemment secoué l'Europe constituent la trame du récit. Fustigeant tous les fondamentalismes, mais ouvert aux points de vue les plus divers, l'auteur nous livre avec ce roman humaniste et engagé un regard indispensable sur notre temps.

  • Si éloignée en apparence, la Syrie n'émeut que lorsque les conséquences du conflit viennent endeuiller nos contrées. Si proche pourtant, elle est le véritable centre géographique de notre histoire et ils sont nombreux ceux ayant arpenté le " chemin de Damas " pour élaborer ce que nous peinons souvent à voir comme un héritage commun. Aveuglement volontaire ou non, il est désormais impossible de détourner les yeux du reflet que nous renvoie Damas. C'est notre avenir qui s'y joue.
    Notre monde a abandonné la Syrie et son peuple à une horreur inimaginable. Et cette horreur ne semble nous toucher que par ses " effets collatéraux ", les attaques terroristes menées sur notre sol.
    Pour qu'une telle indifférence soit devenue possible, il a fallu occulter tout ce qui dans l'histoire de la Syrie résonne dans notre propre mémoire. Il n'en est que plus urgent de renouer le lien avec la part de l'histoire universelle qui s'est déroulée là-bas. Qu'on le veuille ou non, Damas nous tend aujourd'hui son miroir.
    Dans ce livre alerte, inspiré, Jean-Pierre Filiu revisite en Syrie un passé aussi intimement mêlé au nôtre. Il évoque des figures que l'on croit familières, saint Paul, Saladin ou Abdelkader, et nous en fait découvrir bien d'autres, du " chemin de Damas " à l'" Orient compliqué ".
    La descente aux enfers de la Syrie, de ses femmes et de ses hommes, n'est ni une affaire d'Arabes, ni le solde de querelles immémoriales. Elle est épouvantablement moderne, car les bourreaux de ce temps, qu'ils soient jihadistes ou pro-Assad, n'invoquent un glorieux passé qu'à l'aune de leur projet totalitaire.
    Nous avons tous en nous une part de Syrie. Dans le miroir de Damas, nous comprenons mieux ce que notre monde est en train de devenir.

  • Contrairement à Dantzig abandonnée autrefois à Hitler, Kobané symbolise une résistance réelle, celle des Kurdes contre ce nouveau totalitarisme : l'islamisme radical - sans doute la plus grande barbarie enfantée par le début du XXIe siècle. Pour les djihadistes de Daech, habités par la haine de tout ce qui ne leur ressemble pas, l'idée même de démocratie doit disparaître à jamais. Celle-ci est au coeur du mouvement révolutionnaire des Kurdes de Syrie qui combattent l'État islamique pour en faire vivre les valeurs essentielles : liberté individuelle et collective, égalité homme/femme, laïcité, respect des minorités, justice économique. Deux visions opposées de l'homme et du monde s'affrontent dans ce roide morceau du Moyen-Orient.
    Mourir pour Kobané est le récit de deux années de compagnonnage avec les Kurdes de Syrie. Un récit de terrain, engagé, à hauteur d'homme, volontairement trempé dans le seul « savoir de la chair ». Au-delà des concepts et théories, au-delà de ce qui ne peut être dit encore, il veut donner à voir et comprendre le quotidien saisissant d'un peuple luttant sans esprit de recul pour des valeurs identiques aux nôtres.
    Une guerre qui, comme à Dantzig autrefois, nous concerne tous.

  • C'est une enquête foudroyante : l'histoire de Nissan Ibrahim, syrienne, musulmane et résistante dans une ville devenue "la capitale du diable". Née à Raqqa, professeur de philosophie, Nissan nous livre sur Facebook son journal de bord et son combat pendant 4 années de dictature meurtrière. Que signifie être une femme en Syrie entre 2011 et 2015 ? À quoi ressemble la vie au temps des décapitations, des tortures, des bombardements ? Les posts de Nissan racontent la tragédie syrienne, la lutte d'un peuple contre deux machines de mort : le régime de Bachar Al-Assad et l'État islamique. Ce dernier n'a pas apprécié. En janvier 2016, Daech annonçait qu'elle avait été "exécutée". Elle avait 30 ans. C'est une histoire édifiante. Un journal digne de celui d'Anne Franck exhumé et raconté par Hala Kodmani. On y découvre une jeune femme stupéfiante, pleine d'humour, de peurs, de rêves et d'espoir pour son peuple et son pays. Nissan est devenue un symbole : celui d'une Antigone dans une Syrie déchirée.

  • L'image a fait le tour des réseaux sociaux : un jeune homme joue et chante dans la rue, au milieu des décombres et des maisons éventrées de Yarmouk, une ville de réfugiés palestiniens proche de Damas. Figure iconique, celui que l'on surnomme désormais " le musicien des ruines " a pourtant dû se résoudre à prendre le chemin de l'exil, Daech ayant finalement brûlé son instrument.
    Un jeune homme joue et chante au milieu des décombres et des maisons éventrées. La photo, prise à Yarmouk, ville de réfugiés palestiniens de la banlieue de Damas, a fait le tour du monde.
    Ce musicien est devenu un symbole d'humanité face à la guerre. Après avoir enduré avec dignité les souffrances du conflit syrien, celui que l'on surnomme désormais le " pianiste des ruines " a finalement dû se résoudre à prendre le chemin de l'exil : en guise d'avertissement, Daech avait brûlé son piano... Partageant le sort de milliers d'autres, il a ainsi connu la séparation d'avec sa famille, la périlleuse traversée de la Méditerranée, l'éprouvante route des Balkans, puis l'arrivée en Allemagne.
    Dans cette autobiographie bouleversante, Aeham Ahmad raconte son enfance de Palestinien en Syrie, son apprentissage de la musique au sein d'une famille talentueuse, jusqu'à la révolution de 2011, bientôt engloutie par la guerre. Un éclat d'obus le blesse à la main. Bravant la peur, il décide alors de jouer dans la rue, se laissant filmer pour témoigner de la résistance qui subsiste, obstinée, dans la ville assiégée. Car ce livre a une portée politique. Il dénonce la violence extrême, les exactions du régime d'Assad comme celles des djihadistes, mais il rappelle aussi la précarité du peuple syrien et le destin tragique de tous les réfugiés. Un requiem en hommage aux victimes et une ode à la musique.

  • Quels sont les objectifs de Daesh ? Quelles sont les responsabilités des États occidentaux ? Comment en sommes-nous arrivés là ?1999. Le gouvernement jordanien accorde l'amnistie à un groupe de prisonniers politiques. Parmi eux, se trouve Abu Musab al-Zarqaoui, un des maîtres à penser du terrorisme islamiste. En 2003, l'invasion de l'Irak par les États-Unis va lui donner l'occasion de mettre sur pied le vaste mouvement qu'il a conçu. D'abord connu sous le nom d'Al-Qaïda en Irak, celui-ci devient l'État islamique ou Daesh et continue de croître après la disparition d'al-Zarqaoui en 2006.
    2016. Sous l'impulsion d'Abou Bakr Al-Baghdadi, l'État islamique sème la terreur dans le monde entier.
    Joby Warrick est certainement le reporter le mieux informé sur le califat. À partir de sources inédites au Moyen-Orient, il nous offre le livre le plus complet à ce jour sur le sujet. Officiels de la CIA, figures religieuses et politiques, terroristes, il nous fait littéralement entrer dans le cerveau de chacun des protagonistes. Avec un travail digne d'un agent secret, l'esprit d'un journaliste et le style d'un romancier, il apporte ici un document aussi exclusif que pertinent sur la menace qui nous guette.
    " Vous voulez en savoir plus sur l'État islamique ? Vous ne trouverez pas un meilleur livre. " The New York Times" Inestimable pour tous ceux qui veulent comprendre Daesh et son incroyable essor. Le livre référence ! " Los Angeles Times

  • La première biographie de Bachar al-Assad. Un portrait inédit et sans complaisance du maître et bourreau de la Syrie. Qui est-il vraiment ? Qui sont ses alliés ? Quel rôle jouent sa femme et sa mère, discrètes et pourtant si influentes ? Un livre qui lève le voile sur l'énigme Bachar al-Assad.Discret, timide, associable, démarche d'échassier, épaules tombantes et ce cheveu sur la langue qui, la cinquantaine à peine franchie, le ferait presque passer pour un adolescent...
    Bachar a-Assad se voyait ophtalmologiste à Londres, s'imaginait pouvoir se faire la belle et ne pas se soumettre à l'héritage du père, Hafez, le premier de la dynastie régnante. Le destin l'a rattrapé. Et le " lion " - traduction française de son patronyme - devint hyène. L'ophtalmo timide a achevé sa mutation sur les ruines d'Alep. Désormais bourreau, le maître de la Syrie règne sur un pays déchiré, dépecé, sur lequel il roule à tombeaux ouverts.
    À ses côtés, les alliés étrangers : le grand frère iranien, le cousin Hezbollah, l'oncle russe... La grande famille des alchimistes du Proche-Orient.
    Plus près encore, les deux femmes de sa vie : sa mère et sa femme. Son épouse surtout, la belle Asma, fille de la grande bourgeoisie sunnite d'Homs. Veuve noire des Syriens qu'ils soient rebelles ou loyalistes. Raffinée et élégante, à peine une trace d'accent trainant dans sa grammaire oxfordienne, femme de chiffres (elle se destinait à être banquière d'affaires), elle couve son mari, ses enfants, la Syrie et fait ses emplettes sur le net auprès de l'industrie française du luxe. Le diable, au pays de Cham, s'habille aussi en Prada. Et la mort accompagne les Assad et la Syrie. Une vie en lettres de sang.


  • Elle avait vingt-neuf ans lorsque l'homme qu'elle aimait a perdu la vie en Syrie. Assassiné à Homs alors qu'il faisait son métier de photographe de presse. Rémi Ochlik, son amour, a succombé à un tir d'obus le 22 février 2012 en même temps qu'une autre journaliste, Marie Colvin, grand reporter au Sunday Times. Racontant pour la première fois cet épisode douloureux, en hommage à son compagnon, elle met en lumière les hommes et femmes de bien qui chassent les bourreaux d'aujourd'hui.

    Emilie Blachère raconte la dévastation, le " blast " de la révélation, inouïe, du décès, le surgissement du chagrin et la remémoration des moments vécus. La vie d'avant. Mais elle ne s'appesantit pas sur le deuil.
    Elle aussi est reporter. C'est avec les armes de son métier, l'enquête, la ténacité, l'intuition, qu'elle va découvrir l'existence des " chasseurs de preuves ", ces enquêteurs de toutes nationalités qui se font un devoir de collecter les charges contre les assassins. Afin que les bourreaux de Damas, Mossoul, Palmyre ou Alep comparaissent un jour devant la Cour pénale internationale.
    L'un de ces néo justiciers frappe un matin à sa porte : il détient la preuve que les obus qui visaient la maison de Homs n'ont pas été tirés au hasard. Ainsi commence une quête de vérité, de justice, qui entraîne Emilie sur les pas de son amour disparu - au Liban, en Irak -, mais aussi à des adresses banalisées de grandes capitales occidentales, où officient dans le plus grand secret des enquêteurs trans-nationaux...
    En hommage posthume à Ochlik et à toutes les victimes " innocentes " des guerres moyen-orientales, elle met en lumière une autre partie de l'humanité que celle des tortionnaires et des meurtriers - fous de Dieu ou spadassins de régimes autocrates : celle des hommes et femmes de bien qui, pour ne pas laisser le crime impuni, risquent leur vie à la recherche minutieuse d'indices permettant de tracer les coupables. " La justice n'est pas là pour aider les victimes, elle est là pour juger et condamner les criminels ", lui explique l'un de ses interlocuteurs.
    Au fil de son enquête sensible et riche d'enseignements, la jeune femme découvre ainsi qu'à force d'obstination, " des fleurs peuvent pousser sur les cadavres ".

  • " Nous avions l'impression de faire l'histoire. "
    22014, Madrid. Sarah, hispano-syrienne, vit dans l'angoisse : elle est sans nouvelles du père de sa petite Sham depuis qu'il a été enlevé dans la banlieue de Damas, sans doute par l'armée de Bachar el-Assad. Elle décide de raconter son année 2011. L'année où fut conçue Sham, l'année où le monde arabe se réveilla - l'année où tout commença. Une façon pour Sarah de continuer à garder espoir... En retraçant les trajectoires de Mazen, syro-palestinien, la conservatrice Wafa, qui attend le prince charmant, Hussein, chiite, Rudayna, virtuose du luth dont la famille est proche du régime, Osama, reporter idéaliste, Sarah nous embarque dans le quotidien des jeunes Damascènes, entre aspiration d'ouverture et condamnation à la fermeture. Et brosse le portrait d'un pays aux multiples couleurs, aux innombrables parfums et à la culture millénaire dont aucun
    dictateur ne pourra museler l'âme romanesque.
    À la fois chant d'amour, récit initiatique, mémoires et précis politique, ce tableau incarné d'une jeunesse assoiffée de révolution nous offre un aller simple pour Damas et un témoignage hors
    des sentiers battus sur la guerre la plus documentée de notre nouveau siècle.

  • Le premier témoignage d'un réfugié d'Alep qui a fui les combats et traversé la Méditerranée pour trouver refuge en France.
    Juin 2015, Alep sombre dans le chaos. Comme des centaines de milliers de civils, Joude Jassouma décide de fuir avec sa femme Aya et leur petite fille Zaine.
    Depuis trois ans, la Syrie a basculé dans la guerre civile. Les affrontements entre l'armée de Bachar al-Assad et les forces rebelles emmenées par les djihadistes du Front al-Nosra et de l'État islamique deviennent quotidiens. Joude, jeune professeur de français au lycée, refuse de choisir son camp dans un conflit qui n'est pas le sien. Avec sa famille, il se cache, déménage quatre fois pour éviter les bombardements. Puis se résout à l'exil.
    Des rives du Levant aux côtes bretonnes, en passant par Istanbul et les camps de refugiés de l'île de Leros, ce livre raconte l'exode d'un enfant des quartiers pauvres d'Alep, amoureux de Flaubert
    et d'Éluard. L'odyssée d'un héros anonyme qui, au péril de sa vie, a traversé la mer Égée à bord d'un canot en plastique en quête d'une terre d'asile.
    Pour la première fois, la plus importante crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale nous est racontée de l'intérieur, à travers le regard d'un réfugié ordinaire.

  • Ce livre est le fruit de la rencontre entre Laurent Borredon, journaliste au Monde, et Pierre Torres, photographe, blogueur et activiste, parti en 2011 pour un " voyage en révolutions " en Libye puis en Syrie, où il sera enlevé et détenu un an par l'État islamique. Au-delà du seul témoignage, les deux auteurs proposent une réflexion sur l'engagement, la révolution et les espoirs de la jeunesse de part et d'autre de la Méditerranée. Pierre Torres est un terroriste. C'est du moins ce qu'il a découvert, un jour d'août 2014, alors qu'il déposait une simple demande de passeport : " Vous êtes inscrit au fichier des personnes recherchées. "
    Pierre Torres est un otage. C'est de cette manière que le grand public l'a découvert, à l'été 2013. Pendant près d'un an, son portrait a été affiché, jusqu'au fronton des mairies : " Pierre Torres, otage en Syrie. " Pierre Torres est un blogueur, un photographe, un dessinateur. Cherchant à comprendre les révoltes arabes qui se sont propagées de pays en pays à partir de 2011, il a tenté de participer, à sa façon, à ce mouvement de fond qui dépasse largement la Libye ou la Syrie. Il a navigué dans ces révolutions, parfois seul, parfois avec des amis. Il y a fait des rencontres et vécu la détention. Il a croisé la route de ces lointains " ennemis " qui, pourtant, viennent parfois d'" ici ".
    De retour en France, il a entamé un dialogue avec Laurent Borredon, spécialiste des questions de sécurité au journal
    Le Monde. Ensemble, ils ont décidé de raconter l'expérience de Pierre Torres et cherché à comprendre ce qu'elle nous apprend des révolutions d'aujourd'hui.
    Ce livre à deux voix, hybride et surprenant, nous invite à explorer les chemins de l'engagement. Qu'est-ce qui différencie, au juste, un " activiste " d'un " djihadiste " ? Où se situe la frontière entre un " opposant " et un " révolutionnaire " ? Pourquoi les services de sécurité sont-ils si prompts à habiller tout contestataire en " terroriste " ? Comment se libérer de ces étiquettes aléatoires qui servent trop souvent à écraser l'espoir ?

  • Ce livre explore les méandres de quarante années de relations entre la France et la Syrie. Des relations jalonnées de cadavres, d'affrontements, mais aussi de lunes de miel tant spectaculaires qu'épisodiques. Quarante ans pendant lesquels Paris et Damas n'ont cessé de faire des affaires sans interrompre le fil d'une coopération sécuritaire aux aspects parfois inavouables. Christian Chesnot et Georges Malbrunot révèlent le dossier noir de cette relation quasi schizophrénique. Ils montrent que les dirigeants français ont sous-estimé la solidité du régime de Damas, un monstre froid aux moeurs politiques implacables dont ils n'ignoraient pourtant rien de la férocité.
    Nos présidents successifs ont souvent agi dans l'émotion, la précipitation ou l'improvisation, jusqu'à aboutir à l'impasse que l'on constate aujourd'hui... Ainsi, au moment même où Jacques Chirac, après l'assassinat de son ami Rafic Hariri, veut faire " rendre gorge " à Bachar el-Assad, la France lui livre dans le plus grand secret deux hélicoptères Dauphin et fournit à son entourage un système de communications sécurisées. Nicolas Sarkozy puis François Hollande commettront à leur tour les mêmes erreurs en s'aveuglant sur la capacité du pouvoir syrien à se maintenir en place.
    Fondée sur des témoignages inédits, l'enquête dévoile les dysfonctionnements entre diplomates et services secrets français dans la gestion de la crise et met en lumière l'inconséquence de notre classe dirigeante face aux véritables réalités du monde.

  • Une analyse vivante et informée des évolutions du système autoritaire syrien depuis sa mise en place en 1970 jusqu'en 2009 ainsi que celle de la société, pour éclairer la réalité complexe de ce pays méconnu et la trajectoire de ce régime opaque.
    Près de dix ans après son arrivée au pouvoir en 2000, Bachar al-Assad demeure confronté à des défis considérables. L'" héritier " d'Hafez al-Assad a entrepris de rendre à la Syrie son statut d'acteur majeur du Moyen-Orient. Or, en dépit de son alliance avec Téhéran, d'une influence maintenue au Liban - après le retrait de son armée en 2005 - et de relais avancés dans le nouvel Irak, la pertinence stratégique syrienne est érodée. Par ailleurs, la recomposition autoritaire a accentué le repli du pouvoir sur lui-même ; elle a marginalisé davantage le Ba'th et creusé les écarts entre une élite enrichie et " mondialisée " et une majorité appauvrie. Au terme d'un vaste travail d'enquête mené dans tout le pays, Caroline Donati analyse dans ce livre les évolutions du " système Assad " depuis sa mise en place en 1970, ainsi que celles de la société. Elle montre pourquoi l'ouverture économique accélérée sous Bachar a fragilisé les équilibres internes. Enfin, elle décrit comment la détresse sociale, le tarissement des ressources et l'absence de procédures démocratiques font le lit de mobilisations identitaires avivées par le contexte régional : du réveil sunnite au revivalisme chrétien, jusqu'aux velléités autonomistes kurdes et à l'affirmation de l'ordre tribal. L'aspiration au changement des intellectuels, de la mouvance islamiste et de la jeunesse étant systématiquement sanctionnée par un pouvoir aux aguets, les perspectives apparaissent bien incertaines pour une population dont la moitié a moins de vingt ans.


  • Le premier témoignage d'une jeune syrienne de 19 ans au coeur de l'enfer du régime des Assad. A travers son récit poignant, Fayza nous immerge dans l'histoire récente de la Syrie, auprès d'un peuple piétiné et des réfugiés. Mais jamais elle ne baisse les bras.

    " J'ai 19 ans et j'ai l'impression d'avoir vécu mille vies. J'ai lutté pour demeurer en vie... "

    Fayza est syrienne. Elle est née à Zabadani, non loin de Damas. Enfant, elle a étudié " les principes du Baas " à l'école et assisté aux atrocités que commettait le régime des Assad à l'encontre de son peuple. Elle a fui quand sa ville a été rasée par l'armée syrienne. Elle a été contrainte, comme deux millions de Syriens, de prendre la route de l'exil. Son monde s'est écroulé. Elle vit aujourd'hui au Liban. Un jour, dit-elle, elle sera médecin. A condition de réussir à survivre...
    A travers son témoignage poignant, Fayza nous immerge dans l'histoire récente de la Syrie, auprès d'un peuple piétiné, auprès des rebelles de l'Armée libre, auprès des réfugiés. Mais jamais elle ne baisse les bras.

  • Depuis l'Institut français du Proche-Orient (IFPO), ce livre réunit les contributions de plus d'une vingtaine de spécialistes, fins connaisseurs de la Syrie et de la région. De façon très accessible et en privilégiant les informations recueillies au plus près des acteurs, ils apportent des clés indispensables pour comprendre les racines historiques, les enjeux et les ressorts politiques, économiques et idéologiques de la crise.
    Depuis le déclenchement en mars 2011 de la révolte syrienne, sa brutale répression par le régime de Bachar el-Assad et la guerre civile internationalisée qui a suivi ont fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés. Bouleversant la lecture des transitions démocratiques arabes, ce conflit affecte également les équilibres d'une région stratégique. Cette nouvelle " guerre sans fin ", alimentée par les jeux cyniques des grandes puissances et des États régionaux, se révèle d'autant plus malaisée à décrypter qu'elle fait l'objet de toutes sortes de désinformations. C'est dire l'importance de cet ouvrage, qui réunit les contributions de vingt-huit spécialistes, membres ou familiers de l'Institut français du Proche-Orient (Ifpo) et fins connaisseurs de la Syrie et de la région. De façon très accessible et en privilégiant les informations recueillies au plus près des acteurs, ils apportent des clés indispensables pour comprendre les racines historiques et les ressorts politiques, économiques et idéologiques de la crise. Non sans exprimer des sensibilités différentes, échos de la diversité des réactions face à ce drame. Certains, qui avaient très tôt pointé les risques de dérives sectaires et d'instrumentalisation de la révolte par des puissances étrangères, craignent pour la Syrie un avenir d'" irakisation ". D'autres, sans écarter une telle issue, espèrent que l'extrémisme d'activistes des deux camps n'empêchera pas l'émergence d'une société civile capable de résister aux sirènes de la division confessionnelle ou du radicalisme islamiste. Un livre indispensable pour en finir avec les simplifications sur la tragédie syrienne, et mieux percevoir ce que vivent ses acteurs et ses victimes.

  • La mère d'une jeune fille de 16 ans partie en Syrie en 2013 avec un djihadiste témoigne. Aujourd'hui elle aide les parents qui sont dans la même situation qu'elle à surmonter ce drame.
    Mercredi 5 juin 2013, la fille de Valérie de Boisrolin quitte de son plein gré dans l'après-midi, avec un sac rempli de vêtements et toute l'assurance de ses 16 ans, la maison de ses parents. Un dernier texto : " Je pars à Paris, Maman. Bisou, je t'aime. " Elle va rejoindre B. Depuis des mois, elle est sous son emprise, amoureuse, prête à croire toutes ses promesses. Certains signes auraient pu alerter Valérie. Sa fille changeait, mais les adolescents sont si souvent changeants... Un mois plus tard, la police la retrouve : en burqa. Elle fugue de nouveau. Pour ne plus revenir. A ce jour, elle est en Syrie, elle a eu un enfant. Valérie a pu cependant renouer un fragile dialogue. Malgré la confiance et l'amour, l'éducation donnée et les valeurs transmises, " l'inconcevable est arrivé ". Sa fille était équilibrée, et les raisons qui l'ont poussée à partir restent en grande partie une énigme.
    Comment survivre ? Valérie met son énergie au service de parents qui vivent le même cauchemar.


  • Le témoignage unique d'une Française partie rejoindre l'État islamique avec son fils...et revenue de l'enfer.

    Sophie Kasiki est éducatrice en banlieue parisienne quand trois garçons qu'elle connaît quittent la France pour faire le djihad en Syrie, laissant leurs familles dévastées. Très vite, ceux qu'elle appelle " les gamins " reprennent contact avec elle. Sophie espère les convaincre de rentrer, mais c'est l'inverse qui va se produire.
    En plein questionnement personnel, cherchant à donner un sens à sa vie, Sophie se laisse envoûter malgré elle par leur discours politique. Et, après seulement quelques mois de conversations quotidiennes, elle prend l'incroyable décision de partir pour Rakka, capitale de l'État islamique. Elle emmène avec elle son fils de quatre ans.
    Là, Sophie, bénévole à la maternité, découvre la ville vitrine de l'EI, cosmopolite - on vient de tous les pays servir le califat - et sous contrôle étroit des djihadistes. Elle ouvre progressivement les yeux : Daech est une armée d'occupation, les Syriens tremblent et les gamins qu'elle a connus sont désormais des moudjahidine fanatiques et dangereux qui vont les séquestrer, elle et son fils, dès qu'elle manifestera son opposition.
    Dans un pays où les femmes n'ont pas même le droit de marcher dans la rue sans leur tuteur légal, Sophie, armée de l'amour inconditionnel de son mari resté en France, va affronter tous les dangers pour sauver son fils et le ramener à la maison...
    Un récit bouleversant en plein coeur des ténèbres.

  • Exilée

    Ola Abbas

    Juillet 2012. Après dix ans de bons et loyaux services, Ola Abbas fuit son poste à la télévision d'État syrienne et entre en dissidence. La peur : voilà comment Ola explique son inaction jusqu'à sa fuite. Mais le dégoût du mensonge a été plus fort et l'a poussée à tout abandonner au péril de sa vie et au prix de son existence aisée.
    À travers le quotidien de ses derniers mois en Syrie, elle nous parle de son pays où les dirigeants pressurent les citoyens et où les traditions brident l'émancipation des femmes.
    Aujourd'hui, libérée du joug du régime et de la société, elle dénonce les méthodes des médias syriens, les débuts de la révolte des régions présentés comme un complot ourdi par l'Occident, les enfants torturés dont les cadavres recouvrent le sol des terres rebelles.
    Le récit d'Ola, c'est quarante ans d'une dictature qui continue dans un bain de sang quotidien. C'est aussi la beauté d'un pays, ses coutumes, et une histoire qui a amené ses habitants à ces terribles affrontements.

  • " Ceci est un livre pour toi, mon Assia. Quand tu seras grande, il faudra que tu saches. Que tu saches que tu ne vois pas ton père car celui-ci a choisi la voie de la déraison, et que je ne peux pas vivre sans toi. "
    Meriam, jeune femme de vingt-cinq ans, s'est séparée de son mari en 2012. Alors que tout avait bien commencé, elle l'a vu emprunter la voie de l'islam radical par l'intermédiaire d'un groupe djihadiste syrien. Reniant sa position de femme et afin de préserver sa fille d'une éducation " mécréante ", il emmène l'enfant loin de sa mère : " Je préfère qu'Assia meure en martyre plutôt qu'elle revienne en France ", lui annonce-t-il.
    C'est le début d'un combat acharné, celui d'une mère qui, au péril de sa vie, va tout faire pour récupérer sa fille. Son courage l'emporte sur les difficultés administratives et les dangers : elle retrouve Assia, un an après son enlèvement.
    L'amour de Meriam pour sa fille a triomphé de l'idéologie et soulève une problématique importante : la radicalisation, qui pousse nombre de jeunes Français et Européens à partir se battre en Syrie au nom d'une cause extrémiste.

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