• Comme beaucoup d'entre nous, le Héros rêve de collectif en s'exilant dans l'individualisme. Écartelé entre ses contradictions, multipliant les petites lâchetés ordinaires de la classe moyenne, il constate son impuissance mais persiste à jouer au philosophe du vivre-ensemble.

    J-F Nadeau s'inspire de la psychogéographie, qui interroge l'effet du milieu sur l'individu, pour nous entrainer dans une ahurissante dérive urbaine. À l'intersection de la rue Bélanger et de la 2e Avenue, à Montréal, là où des commerces de cultures diverses se côtoient dans l'ignorance mutuelle, il apprend à la dure que le racisme est le fruit d'une indifférence érigée en règle première de la paix sociale.

    Voici une radiographie du repli comme de l'angélisme, pour regarder en face nos peurs, nos désirs et notre conditionnement, pour enfin envisager une cohabitation véritablement ouverte à l'autre.

  • « Notre époque est accablée par la dictature de l'actionnariat. Il est convenu d'avance qu'il faut se résigner devant les frontières fixées par ceux qui imposent une réalité dogmatique établie à leur seul profit. Cette béatitude entretenue par les chants des sirènes de la consommation se voit présentée comme une précieuse bénédiction. Tout s'est évidé de perspectives humanistes, mais nous sourions. Il ne reste plus guère de nous qu'un sourire suspendu dans l'air du temps, comme celui du chat du Cheshire dans Alice au pays des merveilles, cet animal étrange qui continue de montrer le sien une fois que tout de lui a pourtant disparu. Bien des possibles révoqués demandent aujourd'hui à être totalement réinventés. C'est l'idée qui sous-tend la plupart des textes rassemblés ici. »

  • Recueil de textes de Jean-François Nadeau. Avant propos: « Certains des textes publiés ici sondent les servitudes de notre monde barbelé d'angoisses, un monde où l'appétit pour la ­guerre sous toutes ses formes me semble de plus en plus grand. D'autres s'attachent à exprimer mon estime pour quelques figures particulières, qui ont contribué à la prise de conscience qu'un autre monde reste non seulement souhaitable, mais ­possible.»

  • Pour Robert Rumilly, les idéaux de la Révolution française ont souillé la France. Il s'exile alors au Canada et, à compter de 1928, s'engage dans une activité intellectuelle frénétique qui a marqué son temps. On lui doit pas moins de quatre-vingt-onze livres, dont l'Histoire de la province de Québec en quarante-et-un volumes, sans compter les brochures et les conférences. Écrivain hors du commun, Rumilly se démarque aussi par son rôle de rassembleur infatigable des intellectuels de droite de son époque. Passionné par la vie politique, il organise des rapprochements entre des personnages marquants, tels Maurice Duplessis, Camillien Houde, Henri Bourassa, René Chaloult, et même Conrad Black. Son énergie est surtout consacrée au service de l'Union nationale de Duplessis.

  • Un silence gêné règne toujours au Canada sur les liens que des personnages publics ont entretenus avec des idéologies proches du nazisme.

    Durant les années 1930, alors que la faim, la misère, le chômage et les menaces de guerre écrasent le quotidien des classes populaires, Adrien Arcand (1899-1967) prend la tête de groupuscules d'extrême droite qu'il unit sous le signe de la croix gammée. Son programme : faire émerger de la misère existentielle le triomphe du fascisme.

  • Parlez de Pierre Bourgault (1934-2003) et aussitôt les images fusent : l'orateur, le chroniqueur, le polémiste, le militant, l'original, le professeur, le batailleur, l'entêté. Ce personnage toujours haut en couleur incarne puissamment à lui seul toute une partie de l'histoire sociale et politique du Québec du XXe siècle. Collection "Histoire politique" dans laquelle s'inscrit cette bio - lui a permis d'avoir très tôt (il est né en 1969) un contact privilégié avec différents acteurs importants des scènes culturelle et politique, scènes dont est issu Bourgault.

  • Ciel variable numéro 93 présente un dossier spécial, dirigé par Vincent Lavoie, portant sur la pratique et les enjeux de la preuve médico-légale dans le champ des arts visuels. Des oeuvres aux sujets parfois surprenants : traitement des prisonniers à la prison d'Abu Ghraib (Errol Morris), reconstitution de scènes de crimes (Corinne May Botz), archives judiciaires (Emmanuelle Léonard), recréation d'échantillons d'ADN (Paul Vanouse), scènes filmées par la police (William E. Jones), erreurs judiciaires (Taryn Simon) et analyses météorologiques (Phil Chadwick). Également dans ce numéro, un article de Jean-François Nadeau sur les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie (2012) et un entretien avec Joan Fontcurberta sur les enjeux de l'image photographique à l'ère du Web 2.0.

  • Dans ce numéro : une longue entrevue de Nicolas Gendron avec Xavier Dolan sur Mommy (6 pages), sans doute LE film québécois de l'année 2014; un dossier exclusif de 18 pages sur le rayonnement international du cinéma québécois (un article sur les rôles de la SODEC et de Téléfilm Canada; un entretien de 6 pages de Michel Coulombe avec Anick Poirier de Séville International sur la vente des films québécois à l'étranger; un texte de 9 pages de Nicolas Gendron sur les expériences de cinéastes dans les festivals internationaux avec la participation de Denis Côté, Bernard Émond, Stéphane Lafleur, Anaïs Barbeau-Lavalette, Philippe Falardeau et Anne Émond; le point de vue des programmateurs de Sundance et de Tribeca sur le cinéma québécois récent). Dans la chronique Histoires de cinéma, Jean-François Hamel redit l'importance du film L'Avventura de Michelangelo Antonioni (6 pages). Et Christian Nadeau signe le texte « L'universel et le singulier » en abordant les 3 Histoires d'Indiens sous l'angle du Cinéma et philosophie. Également, un texte sur l'exposition Image x Image - Le cinéma d'animation à l'ONF et des critiques des films Le Mystère MacPherson, My Sweet Pepper Land, Bidonville..., Yves Saint-Laurent et plusieurs autres.

  • Dans ce numéro : 8 pages sur Miron : un homme revenu d'en dehors du monde (dont un entretien de 6 pages avec le réalisateur Simon Beaulieu), 6 pages sur le documentaire Le Semeur (sortie 9 mai) de Julie Perron (dont un entretien de 5 pages en primeur), un hommage à Philip Seymour Hoffman, 4 pages sur le cinéma de Philippe Garrel à l'occasion de la sortie de La Jalousie, la filmo de Woody Allen revisitée suite aux accusations chocs, 6 pages sur Les Amours d'une blonde de Milos Forman pour dire l'importance de ce film dans l'histoire du cinéma et la première collaboration de Christian Nadeau à la barre de la chronique Philosophie et cinéma. Aussi, des textes sur Miraculum, Quai d'Orsay, Nymphomaniac, etc.

empty