• Alice rentre du Sénégal où elle vient de passer plusieurs mois, et elle se remet difficilement de ce long voyage. Pour faire le deuil de sa grande histoire d'amour laissée là-bas, elle essaie d'écrire une lettre d'adieu dont les différentes versions s'empilent dans sa corbeille. Le beau Simon, son meilleur ami et voisin, essaie de survivre à son enfance. Il achète une tour en ruines qu'il devra reconstruire pierre par pierre.

    Ces deux personnages partagent des moments tissés de silences où chacun prend soin de l'autre à sa manière. Mais leur amitié comporte sa part d'ambiguïté, à laquelle ils n'échappent pas.

    C'est avec beaucoup de pudeur et de délicatesse que l'auteure évoque dans son roman des sentiments violents, comme la passion ou le deuil, qui menacent de submerger les personnages. Entre Québec et Dakar, on y rencontre des personnages vrais, sensibles, qui sont dévoilés avec tendresse, autant dans leurs silences que dans leurs mots.

  • Hivernages est un roman troué ; un hiver qui ne s'est pas terminé, raconté par fragments et dans le désordre. Différents personnages tentent de survivre au froid, à la solitude, à la mort. Deux soeurs qui s'aiment trop, une fillette aux mains crochues, un garçon qui refuse de se couper les cheveux, un vieux qui a oublié son nom, des vieilles qui mangent des beignets dans une ville souterraine, une femme qui n'a jamais connu d'orgasme, tous survivent à la tempête dans un paysage d'aurores boréales.
    L'écriture de Maude Deschênes-Pradet, déjà remarquée avec son premier roman, La corbeille d'Alice, évoque à merveille l'hiver, le froid, la solitude, la résilience. Si l'histoire est racontée avec une certaine retenue, de la pudeur et beaucoup de délicatesse, il y a aussi, dans Hivernages et ses scènes saisissantes, une véritable puissance d'évocation poétique d'un univers fantastique, post-apocalyptique.

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