• Cet ouvrage, méthodologique propose une réflexion systématique sur l'ancrage empirique des énoncés dans les sciences sociales qualitatives, en s'interrogeant sur la nature du lien entre le « réel de référence » et ces données, comme sur le lien entre ces données et les énoncés interprétatifs et autres « théories » figurant dans le texte écrit final.

  • Cette analyse ethnographique détaillée des élections locales au Niger intègre celles-ci dans leurs contextes locaux, politiques, sociaux, culturels. Cette démarche originale explique qu'il s'agisse du second volume d'une série sur Les pouvoirs locaux au Niger.
    Il s'agit d'un apport majeur à la socio-anthropologie des processus électoraux (en Afrique et au-delà), qui repose sur des enquêtes approfondies menées sur douze sites au sein d'un même pays par des chercheurs de ce pays, connaissant particulièrement bien les contextes locaux et utilisant une problématique commune. Un tel comparatisme intensif de proximité est peu fréquent dans les méthodes qualitatives. Portant sur l'ensemble du processus électoral, depuis l'établissement des listes électorales jusqu'à l'élection des maires par les conseils municipaux, les résultats témoignent de comportements largement partagés par les militants des partis politiques et les cadres de l'administration, et dessinent ainsi les traits principaux d'une culture électorale nigérienne, très moderne, fondée sur des normes pratiques contournant bien souvent le code électoral, mais témoignant d'une réelle appropriation de l'institution électorale à travers diverses techniques de jeu avec les règles du jeu.
    Le LASDEL. Les auteurs sont chercheurs au Laboratoire d'études et recherches sur les dynamiques sociales et le développement local (LASDEL), un institut nigérien et béninois de recherches en sciences sociales, fondé en 2001 à Niamey. Plusieurs ouvrages sont issus de ce laboratoire : Une politique publique de santé et ses contradictions. La gratuité des soins au Burkina Faso, au Mali et au Niger (dir. par J.-P. Olivier de Sardan et V. Ridde), Karthala, 2014 ; et Les pouvoirs locaux au Niger. Tome 1 : En attendant la décentralisation (dir. par J.-P. Olivier de Sardan et M. Tidjani Alou), Paris, Karthala, 2009.

  • Comment sont délivrés les services publics en Afrique ? Il s'agit là d'un chantier neuf pour la socio-anthropologie, qui, dans cet ouvrage, aborde le problème par le biais de la corruption quotidienne. En effet, les relations entre fonctionnaires et usagers des services publics sont aujourd'hui indissociables d'une corruption (au sens large) banalisée et systémique. On trouvera ici les résultats de la première enquête de terrain qualitative menée sur ce thème à l'échelle de plusieurs pays ouest-africains (Bénin, Niger et Sénégal).

  • Les dernières décennies ont vu une banalisation de l' « archive » qui, mise au singulier, tend à désigner toute trace, le plus souvent fragile et périssable, d'un passé qui s'éloigne et trahit ainsi l'essor inquiet d'une patrimonialisation tous azimuts. Je voudrais ici, bien conventionnellement, me référer à l'archive au sens technique, celui de la tradition archivistique, que propose, par exemple, le chartiste Jean Favier aux toutes premières lignes de son petit mémento : « Les archives sont l'ensemble des documents reçus ou constitués par une personne physique ou morale, ou par un organisme public ou privé, résultant de leur activité, organisé en conséquence de celle-ci et conservé en vue d'une utilisation éventuelle ».Si nombre de corpus documentaires peuvent renvoyer aux formes diverses de collection, seul un petit nombre d'entre eux repose sur les logiques, institutionnelles au sens large, de production et de conservation de l'information.

  • La mise en place des communes, étape cruciale des politiques de décentralisation en Afrique, ne se fait pas sur une terre vierge : ces nouvelles institutions prennent place dans des espaces sociaux et politiques complexes. C'est pourquoi on trouvera ici une analyse détaillée du fonctionnement des arènes politiques locales au Niger, avant les premières élections municipales de 2004. À partir de nombreuses enquêtes empiriques menées sur des sites variés, selon une problématique commune, cet ouvrage décrit les rôles respectifs de la chefferie (qui est restée au Niger une institution centrale de l'État), des multiples comités de gestions et associations (implantés le plus souvent par les institutions de développement), des ressortissants, des commerçants, des partis politiques ou des agents locaux de l'État, en accordant une grande place aux propos des intéressés et aux études de cas. Une réflexion analytique et théorique plus générale, mais toujours enracinée dans le terrain, traverse et sous-tend cet ouvrage. Elle porte sur les modes de gouvernance locale, la construction de l'État, la culture politique locale, les interactions entre institutions, groupes stratégiques et acteurs, la dialectique entre dynamiques locales et facteurs externes, les normes pratiques, le factionnalisme, les formes de légitimité, de revendication et de contestation, les registres de notabilité, la constitution d'un espace public local. Cet ouvrage est l'ouvre d'un laboratoire de recherche africain, le LASDEL (Laboratoire d'études et de recherches sur les dynamiques sociales et le développement local), qui a mobilisé neuf de ses chercheurs et deux chercheurs européens associés. Il constitue la première étape d'une étude à long terme des dynamiques sociales et politique locales, menée par le LASDEL dans le cadre de son « Observatoire de la décentralisation au Niger », selon une perspective simultanément diachronique et multi- sites, et grâce à un véritable travail d'équipe. Un second ouvrage examinera la mise en place des communes et les caractéristiques du nouveau mode de gouvernance communal, et un troisième portera sur les élections municipales.

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