• « C'est un carnet de voyage au pays que nous irons tous habiter un jour. C'est un récit composé de choses vues sur la place des villages, dans la rue ou dans les cafés. C'est une enquête tissée de rencontres avec des gens connus mais aussi des inconnus. C'est surtout une drôle d'expérience vécue pendant quatre ans de recherche et d'écriture, dans ce pays qu'on ne sait comment nommer : la vieillesse, l'âge ?
    Les mots se dérobent, la manière de le qualifier aussi. Aurait-on honte dans notre société de prendre de l'âge ? Il semble que oui. On nous appelait autrefois les vieux, maintenant les seniors. Seniors pas seigneurs. Et on nous craint - nous aurions paraît-il beaucoup de pouvoir d'achat - en même temps qu'on nous invisibilise. Alors que faire ? Nous mettre aux abris ? Sûrement pas ! Mais tenter de faire comprendre aux autres que vivre dans cet étrange pays peut être source de bonheur...
    Plus de cinquante après l'ouvrage magistral de Simone de Beauvoir sur la vieillesse, je tente de comprendre et de faire éprouver ce qu'est cette chose étrange, étrange pour soi-même et pour les autres, et qui est l'essence même de notre finitude.
    « Tu as quel âge ? » Seuls les enfants osent vous poser aujourd'hui ce genre de questions, tant le sujet est devenu obscène. A contrario, j'essaie de montrer que la sensation de l'âge, l'expérience de l'âge peuvent nous conduire à une certaine intensité d'existence. Attention, ce livre n'est en aucun cas un guide pour bien vieillir, mais la description subjective de ce que veut dire vieillir, ainsi qu'un cri de colère contre ce que la société fait subir aux vieux. La vieillesse demeure un impensé. Simone de Beauvoir avait raison : c'est une question de civilisation. Continuons le combat ! »L.A.

  • Désormais, deux France s'ignorent et se font face : la France des métropoles, brillante vitrine de la mondialisation heureuse, où cohabitent cadres et immigrés, et la France périphérique des petites et moyennes villes, des zones rurales éloignées des bassins d'emplois les plus dynamiques. De cette dernière, qui concentre 60 % de la population française, personne ne parle jamais. Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi a-t-on sacrifié les classes populaires sur l'autel d'une mondialisation volontiers communautariste et inégalitaire, aux antipodes des valeurs dont se réclame la classe politique ? Comment cette France populaire peut-elle changer la donne, et regagner la place qui est la sienne - la première ?
    Dans cet essai retentissant, Christophe Guilluy dresse un diagnostic sans complaisance de notre pays, et esquisse les contours d'une contre-société à venir.

  • "Presque toutes les femmes se sentent physiquement oppressées. Je parle du surpoids parce que je suis grosse, mais le poids n'est que le prolongement des pressions permanentes que nous subissons. Je ne connais aucune femme qui ne se soit jamais demandé si son cul ou ses seins étaient de la bonne forme, de la bonne taille. J'ai même des copines qui complexent à cause de la couleur de leurs mamelons... Je suis capable d'entendre qu'il y ait une norme médicale, mais je trouve insensé qu'on fasse converger les courbes de l'IMC avec les critères de beauté. D'où vient cette idée débile ?"

    Dans On ne naît pas grosse, Gabrielle Deydier se réapproprie son corps en menant une double investigation. D'un côté, elle retrace son histoire personnelle et révèle ses propres tabous. D'un autre, elle enquête sur le traitement que le chirurgien, l'employeur et l'internaute lambda réservent aujourd'hui aux personnes obèses. Fondatrice du webzine culturel Ginette Le Mag, elle signe ici son premier livre.

  • Jusqu'où est-il légitime et efficace de catégoriser les sans-abri et les réponses données à leurs difficultés ? Les SDF sont, depuis une trentaine d'années, ciblés par des dispositifs spécialisés. Typique des phénomènes d'hybridation de l'action publique, le système de prise en charge rassemble, autour de l'État, les associations, les collectivités locales, les médias, et les sans-abri eux-mêmes. Le développement et l'institutionnalisation des dispositifs d'assistance, tout en retentissant sur l'architecture d'ensemble de la protection sociale, contribuent à faire des SDF de véritables « acteurs sociaux ». L'analyse conjointe de l'action publique ciblée et de la catégorie à laquelle elle est destinée permet une évaluation critique du « prioritarisme » (la priorité au plus défavorisé), du ciblage et du partenariat dans la mise en oeuvre des politiques publiques. Avant-propos à la présente édition : comment les migrants et le confinement de 2020 posent à nouveaux frais la « question SDF ».

  • Le « pognon de dingue » mis dans les minimas sociaux, le travail que l'on trouve dès que l'on « traverse la rue », les « centaines de milliers d'offres d'emploi vacantes »... L'actualité montre que les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté sont toujours aussi répandues à tous les niveaux de la société.
    À l'heure où le contrôle des chômeurs se renforce et où l'on veut imposer du bénévolat forcé aux allocataires du RSA, les personnes en précarité sont encore trop souvent convoquées au tribunal de l'opinion publique : « On peut gagner plus en alternant chômage et travail qu'en travaillant à plein-temps », « Il y a des chômeurs qui ne cherchent pas de travail », « On doit avant tout sa réussite à soi-même ».
    Ce livre défait la chape de plomb du fatalisme en répondant point par point à plus de 130 préjugés sur la pauvreté. Il montre que l'action pour la transition écologique et l'éradication de la misère sont un même combat.
    Fort de ses 80 000 exemplaires diffusés lors des trois premières éditions, ce livre entièrement remis à jour démontre, chiffres, documents offciels et travaux de chercheurs à l'appui, que la stigmatisation des pauvres repose non sur des faits, mais sur des discours qui masquent les véritables causes de la misère. Enrichi de questions inédites, cet antidote à la mise à l'écart des pauvres propose des idées neuves pour construire une société reposant sur l'égale dignité de chacun.

    Les auteurs

    Jean-Christophe Sarrot est journaliste au sein d'ATD Quart Monde.
    Paul Maréchal est délégué national d'ATD Quart Monde en France.
    Avant-propos d'Élodie Espejo-Lucas, militante d'ATD Quart Monde.
    Préface de Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam France.
    Nos partenaires : CFDT, CGT, Oxfam France

  • L'épidémie du coronavirus met davantage en danger les populations fragiles, dont les sans-abri. Vulnérables physiquement et exposés publiquement, quand ils sont totalement à la rue, ils subissent souvent des niveaux élevés d'exiguïté et de promiscuité quand ils sont dans les centres d'hébergement. Pour Julien Damon se posent alors la question de l'ajustement des services, mais aussi des problèmes plus fondamentaux comme celui du consentement au confinement.

    Julien Damon est professeur associé à Sciences Po et conseiller scientifique de l'École nationale supérieure de sécurité sociale. Il a été responsable de la Mission Solidarité de la SNCF, directeur des études à la Caisse nationale des Allocations Familiales (CNAF), chef du service Questions sociales au Centre d'Analyse Stratégique, Président de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale. Il a récemment publié, chez le même éditeur, Qui dort dehors ?

  • Plongée dans le quotidien disloqué de huit foyers des quartiers pauvres de Milwaukee, au Wisconsin, où chaque jour, des dizaines de ménages sont expulsés de leurs maisons. Arleen élève ses garçons avec les 20 dollars qui lui restent pour tout le mois, après avoir payé le loyer. Lamar, amputé des jambes, s'occupe des gamins du quartier en plus d'éduquer ses deux fils. Scott, infirmier devenu toxicomane après une hernie discale, vit dans un mobile home insalubre. Tous sont pris dans l'engrenage de l'endettement et leur sort est entre les mains de leurs propriétaires, que l'on suit aussi au fil du récit.

    Fruit de longues années de terrain, ce livre montre comment la dégradation des politiques du logement et la déréglementation du marché de l'immobilier fabriquent et entretiennent l'endettement chronique et la pauvreté, une violente épidémie qui s'avère très rentable pour certains et qui frappe surtout les plus vulnérables, en l'occurrence les femmes noires. Ouvrage magistral et captivant qui offre un regard précis et juste sur la pauvreté et un implacable plaidoyer pour le droit à un habitat digne pour tous



  • Cartographie des inégalités sociales (niveaux d'éducation, logement, pratiques culturelles...) au-delà du revenu : une synthèse inédite des classes sociales à l'échelle européenne
    Les classes populaires européennes ont été touchées de plein fouet par la crise : l'expérience du chômage et de la précarité fait partie de leur quotidien et constitue un marqueur qui les distingue des autres classes. Un autre trait récurrent est la pénibilité physique au travail, qui touche davantage les actifs peu ou pas qualifiés dans la quasi-totalité des pays européens. Pourtant, ces inégalités dans le monde du travail n'ont guère été prises en charge politiquement : la délégitimation du monde ouvrier s'est accompagnée d'une occultation de la déstabilisation des classes populaires.
    Ces trente dernières années, les contours de l'Europe n'ont cessé de s'élargir, contribuant à y rendre plus visibles les inégalités. Experts et journalistes analysent ces évolutions à l'aide d'indicateurs de performance économique - productivité, taux de chômage - sans jamais s'interroger sur les conditions de travail ou les disparités selon les couches sociales. Dans un contexte où la crise économique et les réponses néolibérales incitent les peuples à se replier sur chaque espace national, il est temps de se demander ce qui rapproche et ce qui distingue les travailleurs européens. À partir de grandes enquêtes statistiques, cet ouvrage prend le parti d'une lecture en termes de classes sociales : contre la vision d'individus éclatés touchés par la crise, l'objectif est de rendre visibles les rapports de domination entre groupes sociaux. Une étape préalable nécessaire pour explorer les conditions de possibilité d'un mouvement social européen.
    Cédric Hugrée est chargé de recherche au CNRS et travaille sur la sociologie des inégalités dans l'enseignement supérieur français et celles entre classes sociales en France et en Europe. Étienne Penissat est chargé de recherche au CNRS, travaille actuellement sur les inégalités entre classes sociales en Europe et en France et sur les représentations ordinaires de l'espace social. Directeur de recherche au CNRS, Alexis Spire travaille sur la sociologie des inégalités et a publié plusieurs ouvrages sur les politiques d'immigration et l'impunité fiscale chez Grasset, Raisons d'agir et La Découverte.

  • L'exclusion

    Julien Damon

    Les politiques de lutte contre la pauvreté sont devenues lutte contre l'exclusion. Derrière ce glissement sémantique, une volonté : prendre en compte non seulement la pauvreté conçue comme une absence ou une faiblesse de revenus, mais aussi l'isolement, le besoin, ou encore la ségrégation. Cet ouvrage explique ce que signifie raisonner et agir en termes d'exclusion. Il décrit et évalue les politiques publiques de lutte contre l'exclusion mises en place aujourd'hui, en insistant sur les SDF et sur les travailleurs pauvres. Enfin, il invite à des politiques sociales plus rationnelles.

  • La « précarité » est une entrée privilégiée pour rendre compte du monde contemporain. Cette notion cristallise l'angoisse sociale bien au-delà des terres traditionnelles de la pauvreté et de l'instabilité. 
    D'où l'intérêt de ce livre, synthèse des travaux sociologiques sur le sujet : il rend compte des réalités de la précarité, présente les interprétations, et invite au renouvellement de la réflexion, en s'appuyant notamment sur le concept de « lien social ».
    Ce faisant, il aide à affronter la question fondamentale : les incertitudes et l'instabilité sont-elles des traits constitutifs des sociétés individualistes d'aujourd'hui ? Ou ne sont-elles que la traduction d'une crise générale du travail, de la famille et des institutions ?

  • « Il y a plus d'adultes africains-américains sous main de justice aujourd'hui - en prison, en mise à l'épreuve ou en liberté conditionnelle - qu'il n'y en avait réduits en esclavage en 1850. L'incarcération en masse des personnes de couleur est, pour une grande part, la raison pour laquelle un enfant noir qui naît aujourd'hui a moins de chances d'être élevé par ses deux parents qu'un enfant noir né à l'époque de l'esclavage. »
    Dans ce livre devenu un classique des luttes contre la prison et le système judiciaire aux États-Unis, ­Michelle Alexander revient dans des pages ­fulgurantes sur les mutations de la domination ­raciale et de l'enfermement.
    De l'esclavage aux innombrables prisons actuelles, en passant par la ségrégation de l'ère « Jim Crow », ce livre explore la façon dont en quelques décennies, avec la « guerre contre la drogue », les Noirs et les Latinos ont commencé à être enfermés en masse, jusqu'à dépasser aujourd'hui deux millions de prisonniers.
    Du quadrillage policier aux ­cellules, en passant par le profilage racial et une machine judiciaire implacable, l'auteure dévoile tous les ­mécanismes de cette nouvelle ségrégation qui a créé une nouvelle « sous-caste raciale », une « race des prisonniers ».

  • Les vingt-cinq organisations réunies dans ce livre ont en commun de lutter, chacune dans leur domaine, contre le chômage et la précarité, ces réalités qui minent la société française depuis plus de quarante ans. Dans le prolongement de leur action, elles prennent ici la plume pour contrecarrer idées reçues et contrevérités, présenter des expériences novatrices et montrer le vrai visage des chômeurs, victimes et non coupables, mais surtout acteurs et citoyens engagés de notre société. Une invitation à la solidarité pour multiplier les initiatives et porter ensemble, grâce à une large mobilisation citoyenne, un véritable changement !

    Un ouvrage coordonné par Jean-François Yon et écrit avec Agnès Willaume.

    Militant et responsable associatif, Jean-François Yon a notamment été président, de 2004 à 2010, du Mouvement national des chômeurs et précaires ; il a également été à l'initiative de la création d'une des associations locales de ce mouvement, à Vannes en 1994, « Ensemble contre le chômage ».

    Traductrice de formation, Agnès Willaume travaille dans l'édition depuis une dizaine d'années. Elle est également chargée de communication dans un mouvement d'éducation populaire.

    Ken Loach a reçu la Palme d'or à Cannes en juin 2016 pour son film Moi, Daniel Blake, qui retrace le parcours du combattant des chômeurs et précaires au Royaume-Uni.

  • Résumé : Les discours qui circulent aujourd'hui sur la pauvreté et les personnes qui la subissent sont bien souvent erronés. Or, les derniers chiffres montrent que la pauvreté touche plus d'un Belge sur cinq. Pour améliorer le vivre ensemble, il s'agit de tenir compte de ces 20 % de la population, de connaître leurs vécus, et d'enrayer les discriminations qu'ils endurent. Car les idées reçues et les « fake news » sont à l'origine de bien des malentendus dommageables à la cohésion sociale. Elles font le terreau d'une société qui hait ses pauvres, d'une société pauvrophobe. Partant de ce constat, Le Forum - Bruxelles contre les inégalités a identifié, en prise directe avec les services sociaux et ceux qui les fréquentent, une centaine d'idées reçues sur les pauvres et la pauvreté. Chacun de ces stéréotypes a été soumis à un expert qui s'est attaché à la déconstruire de manière argumentée, sur base des dernières études et chiffres disponibles. Voici donc une Petite encyclopédie des idées reçues sur la pauvreté, à paraître en septembre 2018, qui sera accompagnée d'une vaste campagne de sensibilisation sur le web et dans les médias traditionnels.
    Auteur : Le Forum regroupe une cinquantaine d'organisations qui luttent contre la pauvreté à Bruxelles. Services sociaux, centres de recherche, témoins : c'est en mobilisant ces différentes expertises que nous inventons des solutions aux problèmes liés à la pauvreté. Parmi la centaine d'auteurs qui ont contribué à cet ouvrage collectif, on retrouve : Hafida Bachir (Vie Féminine), Nicolas Bernard (Université Saint-Louis), Etienne de Callataÿ (Université de Namur), Bruno Colmant (ULB), Bernard De Vos (Délégué général aux droits de l'enfant), Abraham Franssen (Université Saint-Louis), Willy Lahaye (Université de Mons), Marie Loison-Lerustre (Sorbonne - Paris), Anne Morelli (ULB), Jean Spinette (Conférence des CPAS bruxellois). Avec une introduction de Serge Paugam (EHESS - Paris).

  • Grâce à l'expérimentation « Territoires zéro chômeur de longue durée », des femmes et des hommes privés d'emploi depuis des années ont signé un CDI dans une « entreprise à but d'emploi » sur dix territoires volontaires. Ces personnes ont retrouvé par le travail leur dignité et une place dans la société.
    Ce projet citoyen inédit parie sur la mobilisation des acteurs économiques d'un territoire donné et de ses habitants pour faire de l'emploi un bien commun. Fin 2018, ce sont près de 800 emplois à temps choisi, sans sélection à l'embauche, qui ont ainsi été créés autour d'activités utiles à la société. Et les bénéfices générés par ce retour à l'emploi sont supérieurs au coût du chômage !
    Mêlant témoignages des différents acteurs et analyses économiques, cet ouvrage dresse un premier bilan de deux ans d'expérimentation. Il propose des pistes de réflexion pour assurer le succès du projet alors que son extension à de nouveaux territoires est à l'ordre du jour.
    Territoires zéro chômeur de longue durée vise à mettre l'économie au service de la société, et en priorité au service de celles et ceux qui sont les plus exclus de l'emploi. Une initiative renversante qui pourrait devenir contagieuse...

  • La possibilité d'une mobilité sociale ascendante était l'une des promesses phares de l'Allemagne d'après-guerre - une promesse tenue pendant un temps : la Coccinelle a laissé place à l'Audi, les enfants d'artisans sont devenus ingénieurs, de nombreux citoyens ont pu accéder au rêve d'une maison avec jardin. Mais aujourd'hui, l'ascenseur social semble enrayé : un diplôme universitaire n'est plus une garantie de statut ni de sécurité, les contrats de travail sont de plus en plus précaires, les employés participent de moins en moins aux bénéfices de leur travail. Certains ne se retrouvent plus dans cette société libérale vers les marges de laquelle ils se sentent repoussés. Le fossé entre les riches et les pauvres se creuse - un constat que la grande majorité des Européens font depuis quelque temps déjà et qui prend une ampleur croissante à l'heure actuelle. Oliver Nachtwey explore les causes profondes de cette rupture et s'intéresse au potentiel de conflit qu'elle génère. Une nouvelle conscience de classe binaire se manifeste dans le « contraste entre une élite et la majorité de la population ». Dans la société du déclassement, cela ouvre la voie à un courant autoritaire « qui se débarrasse des fondements libéraux de notre société ». Il convient alors de reconsidérer la responsabilité de la politique pour inverser la tendance.

  • Anna, Clotilde, David, Jossian, Julie, Manon, Mohamed, Sébastien, Valoucka : des jeunes plus ou moins diplômés, cumulant stages, petits boulots et vrais emplois précaires, dans la restauration, la manutention, la communication, le nettoyage, le médical. Ils voudraient devenir animateur, avocat, ingénieur, et pourquoi pas paysan, ou bien s'essayer à l'humanitaire, à la création d'entreprise. Mais pour l'heure, ils sont confrontés à la privation d'emploi, et à tout ce que cela implique dans la vie quotidienne.
    Écouter leurs récits, c'est découvrir des personnalités et des trajectoires de vie singulières, inattendues, épatantes même. C'est se confronter à leur réalité qui renverse le mythe du « quand on veut, on peut » si répandu aujourd'hui.
    Ces jeunes sont bousculés par les duretés de la vie sociale, mais toujours en mouvement, s'efforçant de comprendre ce qui leur arrive, guettant l'opportunité à saisir. Ils regardent l'avenir avec leurs envies et leurs impatiences, leurs inquiétudes et leurs espoirs. Leur destin est aussi un peu le nôtre.
    Photographies de Aymeric Warmé-Janville.

  • Comment devient-on SDF et comment survit-on dans la rue ? Pour le savoir, Hubert Prolongeau a partagé pendant quatre mois la vie des sans-abri. Il livre ici le fruit de cette expérience et en dresse un douloureux inventaire : une chronique de l'existence quotidienne de ceux que la société refoule, leur souffrance et les moyens d'y échapper, l'ennui, le sexe, l'alcool, la honte et la méfiance des autres.
    Né est 1962, Hubert Prolongeau est écrivain et journaliste indépendant. Il est notamment l'auteur de plusieurs biographies et essais sur la nouvelle pauvreté et le monde du travail parallèle.
    " L'extrême précarité n'est plus honteuse. Elle est ordinaire. "
    Le Nouvel Obs
    Nouvelle édition, enrichie et mise à jour

  • Quand la vie trébuche...
    - portraits de ceux qui n'ont plus rien
    - histoires de chutes à peine croyables
    - récits de rebonds enthousiastes

    Christel Brigaudeau est journaliste. Depuis des années, elle a choisi de s'intéresser aux gens qui vivent en marge de notre société, à même la rue ou dans une précarité qu'ils n'ont pas vu venir...

    Parce que la chute n'est pas réservée aux plus faibles, Christel Brigaudeau a choisi de livrer ces 15 portraits de Français "comme les autres" qui, un jour ou l'autre affrontent la rue. Rupture familiale, addictions, maladie, panne profesionnelle... les raisons de la chute sont multiples et chacun peut s'y retrouver.

    Mais parce qu'il est possible de se relever, Christel Brigaudeau explique comment certains de ses personnages retrouvent une vie normale, heureuse et abritée.

    Cet ouvrage permet de mieux comprendre un phénomène qu'il est impossible de ne pas voir dans son quotidien.

  • Si la liberté d'aller et venir constitue un droit fondamental, le respect de cette liberté dans le soin et l'accompagnement est parfois entravé ou profondément confisqué (enfermement, absence d'accessibilité, surveillance...). Grâce à un ensemble riche de compétences et d'expériences, cet ouvrage déroule les dilemmes éthiques qui se jouent autour de la liberté de mouvement et de circulation dans les différents espaces (en prison, au domicile, dans les lieux de soin et d'hébergement et plus largement dans la cité) et invite à une réflexion plus large sur notre rapport à l'espace et à la liberté.

  • La massification scolaire, la désindustrialisation, les transformations du paysage politique et culturel ont provoqué une crise de reproduction de longue durée des classes populaires, dont les « jeunes des cités » constituent le point focal. Sans les exclure ni se réduire à leur cas, les enquêtes rassemblées dans ce livre analysent les inadaptations et les tentatives d'ajustement, les engagements et les désengagements, les espoirs et les déboires, les quêtes de compensation et les conversions, mais aussi les formes de reproduction au sein des nouvelles générations de jeunes des classes populaires. La menace du chômage, la précarité et le chantage à la docilité qu'elle permet, l'emprise des valeurs consuméristes, ont d'autant plus détérioré leurs capacités de mobilisation que beaucoup se vivent comme « de passage ». Faut-il en conclure qu'à la culture de rébellion de la « génération ouvriérisée » des années 1970 s'opposerait aujourd'hui « l'individualisme négatif » d'une « génération désouvriérisée » ?
    La postface de Florence Weber revient sur le tabou du déclassement qui enferme depuis quinze ans les perdants de la mondialisation dans la colère, le retrait et la honte. La croissance des inégalités territoriales s'est aggravée en France depuis la crise économique de 2008, tandis que la course au diplôme sans création d'emplois qualifiés, notamment dans le secteur de la culture, minait la confiance dans l'école, jusque chez les jeunes des classes moyennes sans patrimoine.

  • Des personnes sorties de prison, d'autres en errance, des artistes, des retraités, des woofers, des sans-domicile fixe, des pèlerins en escale vers Saint-Jacques-de-Compostelle, tous réunis sous le même toit ! Comment croire à ce rêve ? Que faire des inévitables conflits, des soucis du quotidien, de la méfiance des riverains ?
    La romancière Pascale Kramer raconte une utopie qui prend corps dans un lieu unique, l'ancien carmel de Condom. Au milieu des écueils, des crises et des joies, des retraités donnent sens à leur vieillesse, des personnes au RSA s'occupent d'un potager, d'autres qui ont dormi dans la rue peuvent enfin profiter d'une chambre à eux... Tous mangent ensemble, rencontrent des gens du monde entier.
    Chronique d'un lieu unique qui rend le partage contagieux.
    Pascale Kramer est l'auteure de dix romans dont Les Vivants (Calmann-Lévy, 2000), L'Implacable brutalité du réveil (Mercure de France, 2008), Gloria (Flammarion, 2013) et Autopsie d'un père (Flammarion, 2016). Elle a reçu successivement le prix Lipp Genève, le Grand Prix du roman de la Société des gens de lettres et le prix Schiller. Plusieurs de ses livres ont été traduits en italien, allemand et anglais.

  • Alors que le pays avait su établir un consensus républicain, faisant des HLM le patrimoine de la Nation, l'incertitude s'installe sur le devenir de ce pilier des territoires, à la mission cruciale pour les plus modestes. Frédéric Paul décrit de l'intérieur cette déstabilisation alors que le Mouvement HLM était devenu l'égal des grands services publics, en dépit de contradictions et de fragilités propres à son organisation. Surtout, il propose des pistes concrètes pour redéfinir ses missions et sauvegarder un cap essentiel, celui de la solidarité. Comme l'écrit dans sa préface Cécile Duflot, ancienne Ministre du Logement, « (il) formule des propositions qui doivent alimenter l'indispensable débat, tant politique national qu'interne aux institutions HLM. »

    Frédéric Paul est Normalien et économiste. Il est Délégué général entre 2013 et 2018 de l'Union sociale pour l'habitat (Mouvement HLM), au terme d'une carrière entière dans le secteur, notamment comme directeur des Offices de l'Orne et de Nantes.

  • Pendant plus de 40 ans, le quartier auto-construit de Zurâbâd s'est formé et transformé sur une colline accidentée au milieu de la ville de Karaj à 45 km de Téhéran, la capitale iranienne. À la marge géographique et sociale de la ville, le quartier se démarque autant par l'irrégularité de son relief que par la densité de son tissu urbain. Son développement circulaire du bas vers le haut s'étend jusqu'au sommet de la colline avec des constructions de plus en plus fragiles.
    Les descriptions et l'analyse ethnographiques de l'auteur dépassent l'évidence de la pauvreté et de la précarité matérielle de ce quartier, le réduisant à une société défavorisée et sans identité, en marge de la société urbaine dominante, et stigmatisée comme un lieu de chaos et de misère. L'auteur rend compte, au contraire, d'un équilibre humain et d'une authentique qualité de vie. Elle met en lumière ce que les statistiques, les discours officiels et les représentations courantes ignorent ou occultent : l'ordre invisible qui sous-tend, harmonise et pérennise une société laissée pour compte par l'État et livrée à elle-même. Cet ordre créé par les habitants eux-mêmes en vertu de mille savoir-faire concrets et de tout un système de valeurs spirituelles ou symboliques.
    Elle analyse les pratiques quotidiennes des habitants sous différents angles structurant leur vie sociale : l'aménagement et la gestion d'un espace réduit et accidenté ; l'« art de faire » mobilisé pour engendrer un quartier à partir du néant ; les « formes de vie » cultivées pour faire société en marge de la ville ; enfin, les expressions identitaires manifestées à l'occasion de certains temps rituels majeurs, à l'intérieur du quartier comme en direction de la ville.
    Au miroir singulier de ce quartier, le livre propose aussi un regard nuancé sur de la culture iranienne contemporaine dans laquelle s'inscrivent les manières de vivre des Islamâbâdis.

  • Dans cet ouvrage, l'auteur fait l'historique de la chambre de bonne en tant qu'élément architectural. Il dresse des comparaisons avec des espaces exigus similaires, présents dans des films ou des documentaires. L'auteur revient sur les rapports qui s'établissent entre le chercheur et les personnes filmées. L'analyse de dix courts-métrages réalisés dans ce cadre, puis l'exposé critique des entretiens réalisés, permettront de dégager une sociologie des habitants des chambres de bonne à Paris. Un DVD, Quelques mètres carrés, accompagne cette étude.

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